Vers une Méditerranée eurasiatique ?
Jacques Huynen
Bruxelles, Octobre 2026
- L’Europe méditerranéenne et du Sud – le Club Med, dans le vocabulaire des élites de l’UE – pourrait, face au Nord, à l’anglosphère, et à l’ensemble balto-polono-scandinave,1 se vanter d’une histoire vieille de 3500 ans, comme le fit pour son pays le président iranien Masoud Pezeshkian lors de l’Assemblée générale de l’ONU du 23 septembre 2026. Il lui manque pour ce faire une conscience plus claire d’elle-même, de ses atouts et de sa force.
L’observateur peut depuis quelque temps déceler les indices sur certains dossiers, dont les sanctions frappant la Russie et l’aide à l’effort de guerre de l’Ukraine, d’un alignement progressif des pays du Sud de l’Europe, à l’Ouest comme à l’Est, sans pourtant que ces pays en aient clairement conscience.
Le plus évident parmi les plus récents est sans doute l’analyse des votes du dernier Sommet européen de décembre 2025 . De l’aveu même de Politico (19/12/2025) – un des observateurs extérieurs les plus lucides du fonctionnement des institutions de l’UE, même si pas le mieux intentionné2, après l’accession de Trump en janvier 2025 et son refus de continuer à financer le gouvernement Zelensky, le Sommet a démontré que en dehors de la France, de l’Allemagne et du Royaume Uni, les pays scandinaves revirent également à la baisse leur contribution. Les pays du Sud avaient jusque-là faiblement contribué à l’effort de guerre et se montraient peu disposés à venir à la rescousse.
Le Sud-Ouest, bien que soutenant l’Ukraine avec plus ou moins de véhémence, se range pourtant parmi ses contributeurs les plus modestes, cependant que le Sud-Est ne contribuera pas au plan de financement de 90 milliards sur le budget de l’UE consenti par le sommet en lieu et place du gel des avoirs russes. La récente victoire de l’Afd aux régionales de Saxe-Anhalt et de Mecklenburg, et de Die Linke à Berlin en septembre 2026 semble confirmer ces tendances et pourrait même laisser pressentir un possible basculement de l’Allemagne du Nord vers le Sud. Ce Sud où, d’ailleurs, se trouve la majorité de ses clients et de ses débiteurs. Le chancelier Merz parle de désastre : son parti, la CDU ne sera même plus représentée au Parlement de Berlin. S’il tient jusque-là, les prochaines élections fédérales devraient avoir lieu en février 2029, dans un peu plus de deux ans.
Une éventuelle victoire du RN et le maintien des Insoumis comme seconde force en France, l’année prochaine, serait sans doute décisive pour confirmer cette tendance. Cela voudrait dire que le cœur économique, industriel et financier, de l’UE rejoindrait le Sud dans son refus de soutien de l’Ukraine. Le bloc balto-polono-scandinave se retrouverait alors isolé. Remarquons par ailleurs que, parmi les plus chauds partisans de l’aide au régime de Zelensky, ni la Pologne, ni la Finlande, ni aucun des Pays baltes, ne figurent au rang des donneurs principaux. Seuls y figurent le Danemark et les Pays-Bas aux côtés de l’Allemagne, de la France et du Royaume Uni.
Cette pingrerie des Nordiques, déguisée en vertu, contraste grandement avec la ferveur de leur engagement militaire au sein de l’OTAN, n’ayant d’égale que celle des Royaume-Uni, leur tiédeur vis-à-vis du concept d’autonomie stratégique cher à Macron, et leur opposition résolue à toute solidarité européenne concrète impliquant harmonisation fiscale et mutualisation des dettes.
L’observateur lucide et sincère sera donc obligé d’admettre que l’UE s’est, depuis 2004, laissé parasiter par les vibrions de l’anglosphère.
Un Nord « sûr de lui-même et dominateur » ?
Dès 2015, peu de temps avant Maidan, avant même le Brexit, la Grande Bretagne formait avec les pays scandinaves membres de l’OTAN et les pays baltes une « alliance dans l’Alliance » : la JEF (Joint Expeditionary Force/ Force expéditionnaire conjointe). Illustration patente de l’extraordinaire capacité des Britanniques de penser deux ou trois coups à l’avance face à un Sud myope, incapable de se poser en sujet, réagissant aux événements, les subissant plutôt que de les susciter.
Suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie, répondant aux provocations de certains pays membres de l’OTAN , particulièrement du Royaume-Uni en la personne de Boris Johnson, et à la décision de la Suède et de la Finlande de rejoindre l’Alliance atlantique, on voit se consolider au sein de la branche européenne de l’OTAN et de l’UE, une conscience nord-européenne spécifique.
Cette identité propre s’est particulièrement incarnée dans l’Alliance nordique. Celle-ci désigne principalement le NORDEFCO (Nordic Defence Cooperation), un programme de collaboration militaire et de défense unissant le Danemark, la Finlande, l’Islande, la Norvège et la Suède. Ci-dessus un sommaire des données relatives NORFEFCO par GhatGPT :
Le NORDEFCO (Coopération de défense nordique)
• Création : 4 novembre 2009.
• Membres : Les cinq pays du Conseil nordique (Danemark, Finlande, Islande, Norvège, Suède).
• Objectif : Renforcer l’interopérabilité militaire, rationaliser les acquisitions de matériel et optimiser les capacités de défense régionales, en lien étroit avec l’OTAN.
Évolutions récentes et initiatives associées
• Intégration industrielle : Des projets conjoints de chaîne d’approvisionnement (comme l’alliance pour les munitions) ont été mis en place pour consolider la base industrielle de défense régionale.
• Partenariats élargis : La collaboration s’étend parfois à d’autres formats stratégiques associant les pays baltes, le Royaume-Uni (via la Force expéditionnaire conjointe) ou le Canada sur des enjeux de sécurité arctique et maritime.
Politique d’achat
1. Le partenaire central pour les munitions : Nammo (Norvège / Finlande)
Nammo AS (Nordic Ammunition Company) est le fournisseur pilier incontournable de l’alliance. Détenu à 50 % par l’État norvégien et à 50 % par le groupe finlandais Patria, le groupe a signé un accord de partenariat stratégique à long terme (SPA) avec la Suède, le Danemark, la Finlande et la Norvège.
• Matériels fournis : Obus d’artillerie lourde (155 mm), mortiers (120 mm), munitions de petit et moyen calibre, propulseurs et moteurs de fusées.
• Infrastructures partagées : Nammo opère via des sites éclatés qui agissent comme une usine unique transfrontalière (la poudre en Finlande, l’assemblage en Suède, la recherche et les capsules en Norvège, et le stockage/maintenance à l’usine d’Elling au Danemark).
2. Les géants de la défense nordique pour les plateformes et l’armement
• Patria (Finlande) : Outre sa copropriété de Nammo, Patria fournit les véhicules blindés de transport de troupes (comme le Patria AMV 8×8) et s’occupe de la fabrication des boîtiers et composants de munitions lourdes au sein de la chaîne. Le groupe aéronautique et de défense norvégien Kongsberg détient près de la moitié des parts de Patria, solidifiant l’alliance industrielle bilatérale.
• Saab Bofors Dynamics (Suède) : Saab est le fournisseur majeur pour les armes à guidage de précision, les composants d’explosifs sophistiqués, les missiles légers, ainsi que les systèmes anti-blindés (comme les célèbres lance-roquettes Carl Gustaf et AT4).
• Kongsberg Defence & Aerospace (Norvège) : Principal fournisseur des systèmes de missiles antinavires (NSM), des tourelles téléopérées et des systèmes de défense antiaérienne (NASAMS) utilisés conjointement par les forces de la région.
3. Les fournisseurs locaux et spécialisés par pays
L’Alliance intègre des acteurs locaux spécifiques pour compléter la production régionale :
• Danammo (Danemark) : L’entreprise danoise a été expressément sélectionnée dans le cadre du plan de défense pour amorcer et livrer les stocks initiaux de munitions d’artillerie (155 mm) et de mortier (120 mm) de l’armée danoise avant le relais complet des infrastructures de Nammo.
• Norma Precision (Suède) : Très réputée pour la fabrication de munitions d’armes légères de haute précision et de chasse/tir sportif, intégrée aux capacités de fourniture secondaire.
4. Partenaires internationaux (Extra-Nordiques)
Bien que l’autonomie européenne soit priorisée [ ? ]l’alliance fait appel à des sous-traitants ou partenaires extérieurs :
• Repkon (Turquie) : La firme norvégienne Nammo s’est associée au spécialiste turc Repkon pour installer une ligne hautement automatisée de remplissage de munitions de 155 mm au Danemark, accélérant les capacités de livraison.
• Les États-Unis (FMS) : Pour les capacités technologiques lourdes non produites localement (avions de chasse F-35 achetés par le Danemark, la Norvège et la Finlande ; systèmes de défense antiaérienne Patriot), l’Alliance passe par le programme américain Foreign Military Sales ou via des acquisitions conjointes de matériels américains standardisés OTAN.
Politique d’achat en armes et équipements lourds
Pour équiper leurs armées en matériel lourd (chars, avions, missiles), les pays de l’Alliance nordique (NORDEFCO) partagent leurs commandes entre de grands constructeurs américains (pour l’aéronautique et les missiles de pointe) et des champions industriels européens et locaux (pour les véhicules blindés et la défense antiaérienne).
Les forces aériennes des pays nordiques ont d’ailleurs fusionné leurs flottes au sein d’un commandement intégré pour opérer comme une force unique.
1. Avions de chasse : L’hégémonie américaine
Pour leur flotte aérienne, l’Alliance nordique a massivement sélectionné un fournisseur unique pour standardiser ses opérations :
• Lockheed Martin (États-Unis) : C’est le fournisseur central de l’alliance. Le F-35 Lightning II a été choisi par la Norvège, le Danemark et la Finlande pour remplacer leurs anciennes flottes.
• Saab (Suède) : La Suède fait exception en s’appuyant sur son constructeur national avec le Saab JAS 39 Gripen. La Suède et la Finlande collaborent étroitement sur l’intégration des systèmes de surveillance aérienne de Saab.
2. Tanks et Véhicules Blindés : L’axe germano-suédois [rare secteur où on observe un semblant de préférence européenne]
Le segment terrestre fait l’objet de projets d’achats conjoints majeurs pour unifier les forces blindées de la région :
• Krauss-Maffei Wegmann / KNDS (Allemagne) : Le Leopard 2 (variantes A7 et A8) est le char de combat principal (MBT) retenu par la Norvège, la Suède et la Finlande. La Norvège a signé des contrats majeurs pour standardiser ses chars lourds sur le modèle allemand.
• BAE Systems Hägglunds (Suède / Royaume-Uni) : Le véhicule de combat d’infanterie CV90 est l’un des plus grands succès de coopération nordique. La Suède, le Danemark, la Norvège et la Finlande ont lancé des programmes d’achats groupés et de modernisation pour ce blindé.
• Patria (Finlande) : Le programme CAVS (Common Armoured Vehicle System) s’appuie sur la plateforme de blindés à roues Patria 6×6, commandée en masse par la Finlande, la Suède, la Lettonie et l’Allemagne pour le transport de troupes standardisé.
3. Lance-missiles et Défense Antiaérienne : Duos transatlantiques
Face aux menaces de longue portée, l’alliance fait appel à des systèmes d’interception conjoints : [1]
• Kongsberg (Norvège) & RTX / Raytheon (États-Unis) : Ce consortium fournit le système de défense aérienne NASAMS. Il combine les radars et lanceurs norvégiens Kongsberg avec les missiles air-air AMRAAM de l’américain RTX. C’est le bouclier antiaérien de référence des pays nordiques (et récemment acheté en masse par les partenaires baltes et la Belgique).
• Lockheed Martin / Raytheon (États-Unis) : Pour la très haute altitude, la Suède et la Finlande ont retenu le système de missiles Patriot américain.
• Saab Dynamics (Suède) : Fournit les systèmes de missiles antiaériens mobiles de courte portée (RBS 70 NG) et les missiles antinavires côtiers.
• Kongsberg (Norvège) : Conçoit le Naval Strike Missile (NSM), le missile antinavire et de croisière standard de la Norvège, déployé également par ses alliés de l’OTAN. [1, 2, 3]
4. Drones militaires : Le virage technologique commun
• L’Alliance nordique a signé un accord-cadre historique pour l’achat conjoint de drones (UAS). Ils passent par l’agence de soutien et d’acquisition de l’OTAN (NSPA) pour standardiser l’achat de micro et mini-drones de surveillance auprès de constructeurs européens et américains.
Fin du sommaire de ChatGPT
Observations
Bien que les principaux acteurs du « complexe militaro-industriel » de l’EU soient l’Allemagne, la France et l’Italie, parmi ces acteurs, seule l’Allemagne avec ses véhicules blindé figure marginalement au nombre des fournisseurs de l’Alliance nordique. La France et l’Italie en sont complètement absentes. Tous les pays qui ont rejoint la CEE après le – Royaume-Uni et Danemark (1973) – et l’UE après 1995 – Finlande et Suède – pratiquent systématiquement une politique militaro-industrielle indépendante de celle des fondateurs du Marché Commun, de la CEE et de l’UE.
D’après Wikipedia euractiv.com cette préférence pour la production étasunienne et scandinave s’affirme, alors pourtant que les principaux pays producteurs d’armement et de munitions en Europe sont encore la France, l’ Allemagne et l’Italie. Ces trois derniers pays abritent des entreprises majeures dans le secteur de la défense, notamment Thales, Dassault Aviation (France), Rheinmetall, Airbus Defence (Allemagne), Leonardo (Italie).
Ces pays ont consolidé leur position sur le marché mondial de l’armement, représentant une part significative des exportations d’armes en Europe et à l’international. Thales et Rheinmetall, représentent une part significative des exportations d’armes en Europe et dans le monde.
Face à la cohérence des pays nordiques, dont la carte coïncide avec celle des « vertueux », aka les fourmis refusant toute mutualisation des dettes des pays membres de l’UE, les « cigales » du Sud avancent en ordre dispersé, peu ou pas conscientes que cette attitude fait d’elles l’objet collectif d’un super-sujet, hyper-libéral, anglophone et anglophile. La France dont la destinée manifeste aurait dû être de servir de cerveau à cet ensemble sudiste hésite entre l’illusion de faire partie du Nord3 tout en restant elle-même, et un repli hautain qui la livre aux querelles de clocher, aux conflits de personnalités, à l’incapacité de faire des compromis, et à un nationalisme narcissique qui la condamne à subir le sort auquel l’adoration de soi accula la Chine à la fin du 19e siècle.
Il entre dans les fonctions normales d’un état de compenser les déséquilibres entre ses régions constituantes. Si l’UE fonctionnait comme un état, il lui reviendrait d’harmoniser les taxations et mutualiser les dettes. Mais l’UE s’est depuis Sarkozy et Scholz laissé convaincre par la logique néo-libérale du Nord. Il y eut au sein du Sud des velléités de correction de cette passivité. Mais il manque à ce bloc un fédérateur. Un nouveau moteur franco-allemand, ou germano-français, post-néolibéral, pourrait-il encore représenter ce fédérateur ?
Les tentatives de fédération du Sud : l’EUMED ou MED9 (ChatGPT)
Le groupe MED9 (Med Group, EU Med, ClubMed)
• Membres : La France, l’Italie, l’Espagne, le Portugal, la Grèce, Chypre, Malte, ainsi que la Croatie et la Slovénie (intégrées en 2021).
• Rôle : Forum de dialogue et de coordination informelle pour peser sur les politiques de l’UE (notamment sur les questions migratoires, la sécurité en Méditerranée et la compétitivité).
• Fonctionnement : Il tient des sommets réguliers des chefs d’État et de gouvernement ainsi que des réunions ministérielles sectorielles.
L’Union pour la Méditerranée (UpM)
• Nature : Organisation intergouvernementale plus large.
• Membres : Elle regroupe 42 pays, incluant l’ensemble des 27 États de l’Union européenne et les pays partenaires de la rive sud et est de la Méditerranée.
• Rôle : Promouvoir l’intégration, la stabilité et la coopération concrète entre les deux rives de la Méditerranée (projets liés à l’environnement, aux transports ou à l’énergie).
Contexte historique de l’identité méridionale et méditerranéenne
Les pôles de gravité de l’économie mondiale ont été pendant des millénaires, jusqu’à la chute de l’Empire romain et l’apparition de l’Islam (476-622, soit 146 ans) situé entre la Méditerranée et, se poursuivant le long des rives de l’Océan indien, la Chine. L’Islam se posa ensuite comme intermédiaire obligé entre l’Europe et l’Orient, ce qui provoqua jusqu’aux Croisades, un demi-millénaire de régression européenne : le Haut Moyen-Âge. Les routes recommencèrent à s’ouvrir avec les Croisades (1095-1291, soit 200 ans) mais surtout avec la circumnavigation de l’Afrique par Vasco de Gama (1497) et la découverte des Amériques (1492). Ce sont ces deux dernières dates qui, mille ans après la chute de l’Empire romain, marquèrent le retour de pendule du centre de gravité de l’économie mondiale vers l’Ouest. Le pendule cependant, au grand dam de Venise et des ports du Proche-Orient, ne s’arrêta pas à la Méditerranée. Il atteignit et se stabilisa sur la côte atlantique de l’Europe, puis entre la Grande Bretagne et l’Amérique du Nord.
Avec la ré-émergence de la Chine, de l’Inde et des pays de l’ASEAN, le pôle de gravité de l’économie et de la géopolitique globale revient à présent vers l’Asie, où il se trouvait au Moyen Âge, jusqu’ à notre Renaissance et nos Lumières. Le Proche et Moyen-Orient risquent également d’entrer dans l’orbite de l’Asie, redevenant ce passage obligé entre l’Europe, l’Inde, la Chine et l’Extrême-Orient.
Est-ce le moment pour les cigales du Sud de l’Europe de se condamner par ses divisions à rester embourbé dans le statut d’objet des plans et manèges des tenants nordiques du néo-libéralisme anglo-saxon ? Ou le moment est-il venu pour le Sud de former face à cette consolidation « réactionnaire » d’une identité nordique, une Alliance du Sud européen ?
Car ce Sud est riche en atouts. Il est le lieu de deux des premières puissances industrielles de l’UE, la France et l’Italie. Et la balance commerciale intra-UE de l’Allemagne, dont le Sud fut romanisé il y a plus de mille ans, outre qu’elle fait partie des “pères fondateurs” de la CEE, pourrait la faire pencher vers les Sud où se trouve la plus grande partie de ses clients.
La comparaison de la balance commerciale de l’Allemagne révèle en effet une asymétrie structurelle profonde entre ses échanges avec les pays de l’Alliance Nordique (Suède, Norvège, Danemark, Finlande, Islande) et les pays de l’Europe du Sud (Italie, Espagne, Portugal, Grèce). Alors que l’Allemagne affiche des excédents massifs et constants face au Sud, ses relations avec le Nord sont caractérisées par des soldes mitigés ou structurellement déficitaires.
Balance commerciale intra-UE de l’Allemagne
Voici une analyse détaillée de cette dynamique commerciale en 2026 (obtenue par ChatGPT):
📊 Tableau comparatif global
Le tableau suivant résume la nature de la balance commerciale allemande avec ces deux blocs géographiques :
Dimension
🇩🇪 Face à l’Europe du Sud
🇩🇪 Face à l’Alliance Nordique
Solde Global
Fortement excédentaire (+13 Md€ avec l’Italie, +14,3 Md€ avec l’Espagne).
Mitigé à déficitaire (+10 Md€ avec la Suède, mais environ -17 Md€ avec la Norvège).
Rôle Économique
Marché de destination finale pour l’industrie lourde allemande.
Fournisseurs de matières premières complexes et d’énergie.
Flux Allemands
Forte exportation de biens manufacturés, faible importation.
Équilibre basé sur l’importation de gaz, pétrole, électricité et métaux.
1. L’Europe du Sud : Le marché de consommation de l’industrie allemande
L’Allemagne entretient un excédent commercial structurel majeur avec l’Europe du Sud. Ces pays agissent principalement comme des marchés finaux pour l’excellence industrielle allemande. [1, 2]
• L’Italie et l’Espagne au cœur du surplus : L’Italie et l’Espagne figurent parmi les plus grands générateurs d’excédent commercial pour l’Allemagne en Europe. L’Allemagne enregistre des bénéfices annuels nets de l’ordre de 13 milliards d’euros avec l’Italie et 14,3 milliards d’euros avec l’Espagne. [1]
• Nature des échanges : L’Allemagne exporte massivement des biens à haute valeur ajoutée (automobiles de luxe, machines-outils, produits chimiques, technologies de pointe). En retour, elle importe des produits agroalimentaires, du textile ou des composants industriels de rang inférieur, créant un déséquilibre constant.
La problématique de la Zone Euro : Cet excédent persistant fait l’objet de débats économiques récurrents. Le fait que ces pays partagent la même monnaie (l’euro) empêche l’Europe du Sud de dévaluer sa propre devise pour regagner de la compétitivité face à l’efficacité allemande, ce qui tend à figer ces déficits commerciaux.
Bilan ponctuel : à qui profite le crime ?
Les pays du Sud ont souvent accusé l’Allemagne d’utiliser l’Europe du Sud comme un levier de croissance pour écouler sa production industrielle cependant qu’elle conservait vis-à-vis du Nord auquel elle appartient relativement, une position de force.
Cependant depuis 2022, et l’explosion de Nord Stream, l’Allemagne dépend des pays de l’Alliance Nordique pour alimenter son économie en ressources énergétiques critiques, en électricité verte et en matières premières de base.
Beaucoup, dont moi-même, soupçonnent les États-Unis, l’Ukraine, la Norvège et le Danemark d’être complices de l’explosion de Nord Stream afin précisément d’arracher l’Allemagne à l’attraction du Sud, l’empêcher de “tomber” dans son orbite, casser le moteur franco-germanique, éliminer les séquelles de l’idéologie fédéraliste des Six pays fondateurs de la CEE, et l’arrimer au Nord anglophile et atlanticiste.
Comme il fallait s’y attendre ChatGPT ignore l’impact sur la balance commerciale de l’Allemagne avec les pays du Nord et particulièrement la Norvège de l’explosion de Nord Stream, dont tous les indices dénoncent une entreprise conjointe de l’administration Biden, des Ukrainiens, avec la complicité du Danemark et de la Suède. Voir ci-dessous la suite de la réponse de ChatGPT sur la balance commerciale de l’Allemagne avec les membre de l’UE :
2. L’Alliance Nordique : La dépendance énergétique de l’Allemagne
La balance commerciale allemande avec les pays nordiques obéit à une logique totalement différente, dictée par la géographie et les ressources naturelles. Le solde global y est plus équilibré, voire déficitaire selon les partenaires.
• Le cas critique de la Norvège : L’Allemagne enregistre l’un de ses plus gros déficits commerciaux bilatéraux d’Europe avec la Norvège (environ -17,4 milliards de dollars de solde négatif). Depuis la crise énergétique et l’arrêt des importations russes, l’Allemagne dépend massivement de la Norvège pour son approvisionnement en gaz naturel, pétrole brut et électricité brute.
• La Suède et le Danemark : Avec la Suède, la balance redevient positive pour l’Allemagne (+10,2 Md$), portée par l’exportation de véhicules automobiles. Toutefois, les importations en provenance de Suède (bois, papier, métaux, produits pharmaceutiques) restent très élevées et limitent le différentiel. Les échanges avec le Danemark connaissent quant à eux une croissance robuste (+6,7 % d’exportations allemandes), tirés par des projets d’infrastructures transfrontalières.
Fin des données fournies sur ce sujet par ChatGPT
INDICES d’ÉMERGENCE d’une CONSCIENCE de l’EUROPE du SUD
2023 Première estimation intuitive
Dès 2023 j’avais rassemblé les données propres à alimenter cette hypothèse.
Bulgarie :
Deux partis d’extrême droite, marginaux mais en progression entre 2021 et 2023, sont anti-OTAN et représentent 13,58 % des suffrages ; ils avaient obtenu 0,04 % lors des élections européennes de 2019. Voir :
(https://en.wikipedia.org/wiki/Revival_(Bulgarian_political_party))
Croatie :
Le parti Bouclier humain (Human Shield Party), qui refuse d’être classé à droite ou à gauche et se définit comme « humaniste », a obtenu 5,7 % des voix aux élections européennes de 2019 et 2,26 % aux élections législatives croates de 2020.
République tchèque :
Le Parti républicain a atteint 8,1 % en 1996, avant de tomber à 0,03 % en 2010, puis de remonter à 0,19 % en 2017. Il a obtenu 0,18 % aux élections européennes de 2019.
France :
Parmi les deux principaux challengers du parti d’Emmanuel Macron, En Marche, devenu Renaissance en 2016, le RN de Le Pen a indiqué souhaiter quitter au moins le commandement intégré de l’OTAN, tandis que Jean-Luc Mélenchon et La France insoumise (FI) ont annoncé leur projet de quitter l’OTAN. Ensemble, ils ont obtenu 31,12 % des voix en 2022 et 29,65 % lors des élections européennes de 2019.
Macron lui-même semblait se réjouir de la crise de l’OTAN à la fin du mandat de Trump lorsqu’il a déclaré que l’OTAN était « en état de mort cérébrale ».
Allemagne :
Die Linke participe aux gouvernements de quatre Länder : Berlin, Brême, Mecklembourg-Poméranie-Occidentale et Thuringe. Le parti a obtenu 5,5 % des voix aux élections européennes de 2019, puis est passé de 9,2 % en 2017 à 4,9 % lors des élections fédérales nationales de 2021. Il a condamné à la fois la Russie, pour son invasion de l’Ukraine en 2022, et l’OTAN, pour son « impérialisme », et a obtenu 12,20 % des voix lors des élections régionales de Berlin en 2023.
La fraction de Sara Wagenknecht pourrait des joindre à l’Afd pour exiger de reprendre contact avec la Russie et modifier les lois sur l’immigration.
Grèce :
En 1974, le pays s’est retiré du commandement militaire de l’OTAN. En 1980, le ministre des Affaires étrangères, Konstantinos Mitsotakis, père de l’actuel Premier ministre Kyriakos Mitsotakis (ND, conservateur), envisageait un retrait complet de l’OTAN.
Le Parti communiste a obtenu 5,4 % des voix aux élections européennes de 2019 et 7,7 % lors des élections législatives de 2023. Antarsya, regroupement de partis de gauche, a obtenu respectivement 0,64 % (européennes) et 0,41 % (nationales).
Italie :
Avec au moins six bases de l’OTAN en Italie1, il serait difficile pour le pays de se présenter comme anti-OTAN, mais il existe également six partis politiques anti-OTAN, dont deux sont de gauche. Ils ont obtenu 1,24 % des voix lors des élections générales de 2022.
Cependant, les Italiens peuvent être fantasques et paradoxaux ; cela fait partie de leur charme. C’est ainsi que l’actuelle Première ministre Giorgia Meloni a dû intégrer à sa coalition Berlusconi et Salvini, notamment proches de Poutine. Elle n’est également clairement pas, comme les Français et, dans une certaine mesure, les Allemands, une amie de l’influence culturelle de l’anglosphère.
Euronews (3 mars 2023) annonce que :
« Le parti de droite dirigé par la Première ministre italienne Giorgia Meloni a fait avancer une proposition de nouvelle législation qui sanctionnerait l’utilisation de l’anglais et d’autres mots étrangers dans les communications officielles par des amendes comprises entre 5 000 et 100 000 euros…
La nouvelle législation proposée par Meloni adopte une position ferme dans ce débat, en défendant une approche conservatrice qui vise à interdire pratiquement les mots anglais dans l’administration publique, les écoles et les universités. En vertu de la nouvelle loi, « tout cours [universitaire] qui n’est pas spécifiquement destiné à l’enseignement d’une langue étrangère devra être dispensé en italien ». Les cours dispensés dans des langues étrangères ne seront justifiés que lorsqu’ils s’adresseront à des étudiants étrangers.2 »
Voir également :
En avril 2021, selon une enquête du Pew Research Center, l’Italie était le deuxième pays après la Grèce où la proportion de la population ne se méfiant pas de Poutine et de la Russie était la plus élevée : 36 %, contre une moyenne européenne de 22 %3.
Meloni est une opposante virulente à la politique africaine de la France, notamment à son aspect monétaire (le franc CFA, ou francs de la Communauté financière africaine). Elle ne semblait pas non plus soutenir une intervention franco-américaine au Niger après le coup d’État contre le président Bazoum en août 2023.
Pays-Bas :
Seul Thierry Baudet, le dirigeant du parti d’extrême droite Forum voor Democratie, a reconnu en privé en 2020 qu’il souhaitait que son pays quitte l’OTAN et se tourne vers l’Est.
Portugal :
Le Bloc de gauche a obtenu 9,8 % des voix aux élections européennes de 2019 et 4,4 % aux élections législatives de 2022. Le Parti communiste a obtenu 6,9 % en 2019 aux élections européennes et 4,3 % aux élections législatives de 2022.
Roumanie :
Seul le parti d’extrême droite Noua Dreaptă préconise une sortie de l’OTAN. Il n’est pas autorisé à se présenter aux élections parlementaires.
Alors que je me promenais avec un ami noir américain dans le centre de Liège, en Belgique, en 2019, après que mon ami eut indiqué sa nationalité, un vendeur ambulant roumain a commenté : « Personne n’est parfait. »
Slovaquie :
Le Parti communiste n’a pas de position définitive sur l’adhésion à l’OTAN, mais il fait partie de l’IMCWP (Forum international des partis communistes et ouvriers), qui a dénoncé lors de sa réunion de 2022 à La Havane le « renforcement et l’expansion de l’OTAN ».
Le Parti populaire (Kotleba), d’extrême droite, est farouchement anti-OTAN, ainsi qu’anti-américain et anti-UE. Il a obtenu 12,07 % des voix aux élections européennes de 2019, contre 1,73 % en 2014. Il a obtenu 7,97 % aux élections législatives nationales de 2020, contre 1,58 % en 2012 et 8,04 % en 2016.
Slovénie :
Le Parti national slovène a obtenu 4,0 % aux élections européennes de 2019 et 1,49 % aux élections nationales de 2022. La Gauche (Levica) a obtenu 6,4 % en 2019 et 4,46 % en 2022.
Espagne :
Podemos, qui partageait le pouvoir avec le Parti socialiste PSOE depuis 2019, avait préconisé en 2015 un retrait de l’OTAN. Il a obtenu 10,01 % des voix aux élections européennes de 2019 et 12,86 % lors des élections au Cortès.
Hongrie :
Outre le Parti des travailleurs hongrois, qui a obtenu 0,42 % aux élections européennes de 2019 et 0,16 % aux élections législatives de 2022, le Fidesz, le parti de Viktor Orbán, bien qu’il ne s’oppose pas à l’adhésion à l’OTAN et ait condamné l’invasion russe de l’Ukraine, a refusé d’appliquer les sanctions décidées par « l’Occident ». Au pouvoir depuis 1998, avec une interruption de 2002 à 2010, il a obtenu 54,1 % des voix en 2022, contre 49,3 % en 2018. Aux élections européennes de 2019, il avait obtenu 52,6 % des voix.
Parmi les pays candidats à l’adhésion à l’UE
Monténégro :
Le pays a rejoint l’OTAN en 2017, mais tous les partis qui formaient le gouvernement de coalition en 2020 (le Parti démocratique du peuple et la Nouvelle démocratie serbe) avaient déclaré vouloir quitter l’OTAN.
Moldavie :
Bien que candidate à l’adhésion à l’UE, et ayant obtenu ce statut de la part de l’UE en 2023, le Parti des socialistes de la République de Moldavie (PSRM), opposé à l’adhésion à l’OTAN, a été évincé de la coalition au pouvoir (2019-2021), malgré l’obtention de 27,17 % des voix. D’après l’IA la Moldavie reste à ce jour (9/2026) attachée à sa neutralité.
Serbie : la Serbie est candidate à l’adhésion à l’UE, mais tous les partis serbes s’opposent à l’adhésion à l’OTAN, ce qui ne devrait étonner personne si on se souvient des trois mois de bombardement de Belgrade par les forces de l’OTAN en 1999 pour l’obliger à retirer ses troupes du Kosovo. Ce fut Bernard Koushner, qui forgea à cet effet concept de « droit d’ingérence ». On sait que son presqu’homonyme, gendre de Donald Trump, Jared Kushner entretient à présent des visées de promotion immobilière sur le site de l’ancien QG de l’armée yougoslave détruit lors de ces bombardements.
Le parti de Giorgia Meloni a introduit un projet de loi bannissant l’emploi de mots anglais dans les communications officielles ou les textes administratifs et juridiques4
Une statistique de 2023 du Pew Research Institute5 montre que tous les pays exprimant moins de 50 % d’opinions très défavorables à la Russie se trouvent dans le Sud de l’Europe et tous ceux qui expriment plus de 50 % d’opinions très défavorables se trouvent dans le Nord. De même tous les pays exprimant au moins 10 % d’opinion favorables se trouvent dans le Sud alors que ceux exprimant moins de 10 % d’opinions favorable se trouvent dans l’ensemble balto-polono-scandinave. Il est également remarquable que les taux d’opinions très défavorables et favorable de la France et de l’Allemagne sont identiques ou très proches..
2025. Le projet de “reparation loan” à l’Ukraine et le Sommet de l’UE du 18 décembre 2025.
La proposition d’utiliser les fonds russes gelés pour soutenir l’Ukraine a évolué au fil de plusieurs initiatives clés menées par l’Ukraine, la Commission européenne et le G7.
1. La demande initiale de l’Ukraine
Dès le début de l’invasion en 2022, le président ukrainien Volodymyr Zelensky et son gouvernement ont proposé que les quelque 300 milliards de dollars (plus de 260 milliards d’euros) d’actifs de la Banque centrale russe gelés dans le monde entier soient directement confisqués et transférés à Kiev. Ils soutenaient que l’agresseur devait payer pour les dommages causés par la guerre et pour la reconstruction.
2. Les solutions juridiques de la Commission européenne
La confiscation directe se heurtant à des contraintes majeures du droit international, la Commission européenne, sous la direction de sa présidente Ursula von der Leyen, a mis en place des cadres officiels pour mobiliser ces fonds sans procéder à une saisie totale :
• Mécanisme sur les profits exceptionnels (2024) : L’UE a adopté avec succès un mécanisme permettant de capter les intérêts et les bénéfices générés par les actifs russes détenus auprès de chambres de compensation telles qu’Euroclear.
• La proposition de « prêt de réparation » (fin 2025) : La Commission européenne a avancé une proposition majeure visant à contracter un emprunt garanti par les soldes de trésorerie gelés eux-mêmes, afin d’octroyer à l’Ukraine un prêt sans précédent de 90 milliards d’euros. Selon ce modèle — largement attribué à des experts financiers comme Hugo Dixon —, l’Ukraine ne serait tenue de rembourser l’UE que si la Russie finissait par verser des réparations de guerre officielles. [1, 2, 3]
3. La coalition du G7
Les États-Unis ont initialement fait pression au sein du G7 pour obtenir une saisie pure et simple des actifs. Face aux hésitations des nations européennes soucieuses de la stabilité financière, les États-Unis et leurs partenaires du G7 ont finalement convenu d’une initiative commune : accorder à l’Ukraine un prêt de 50 milliards de dollars, garanti collectivement par les futurs profits générés par les fonds russes immobilisés.
4. Poursuite de la pression législative (2026)
Les efforts visant à débloquer l’intégralité du capital de ces actifs restent très soutenus. Une coalition de 122 députés européens, emmenée par l’élue suédoise Karin Karlsbro, a lancé un appel majeur exhortant les dirigeants de l’UE à mobiliser d’urgence les 200 milliards d’euros d’actifs gelés pour financer directement la défense ukrainienne et les systèmes de missiles. Parallèlement, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) a proposé un mécanisme international parallèle visant à réaffecter ces avoirs en tant que contre-mesures licites au regard du droit international.
La tentation eurasiatique
On peut à l’occasion de ce vote observer une faille de plus en plus visible entre le Nord anglophile et atlanticiste de l’Europe et un Sud plus « européen ».
En effet alors que le Nord organise sa défense contre l’ennemi potentiel russe et/ou chinois dans la Baltique et dans l’Arctique, le Sud peine à gérer la migration illégale venant tant du Sud que du Nord et de l’Est. La majorité des primo-arrivants entrent sur le territoire de l’UE par la façade méditerranéenne. Le Nord non content de chercher à empêcher la migration de l’atteindre, depuis au moins 2003 (Convention de Dublin II) , soit 23 ans, prétend de plus, aux termes de la procédure dite « de Dublin », la renvoyer aux premiers pays d’entrée de l’UE, tous méditerranéens. Sauf l’Allemagne, destination la plus recherchée des illégaux qui y arrivent légalement, mais outrepassent la durée de leur visa 6.
Par Nord, j’entends essentiellement les pays scandinaves, anglophiles par atavisme linguistique et culturel, ainsi que les pays baltes, la Finlande, et la Pologne, atlanticistes, et anglophiles par russophobie. Plusieurs de ces pays ont fait partie de l’EFTA et/ou de l’EEA : Danemark,Finlande, Norvège, Suède ; sont absents de la zone € : Danemark, Pologne,Suède ; et/ou sont traditionnellement réticents à un mutualisation des dettes des membres de l’EU, et à tout ce qui pourrait en promouvoir l’idée. Rappelons que l’EFTA et l’EEA sont ces associations de pays désireux de commercer avec le Marché Commun et l’Union Européenne sans s’engager dans le « projet européen », sa foi en une identité européenne, et ses perspectives fédéralistes.
Et par Est, j’entends bien entendu les millions d’illégaux Ukrainiens bénéficiant automatiquement dans les pays membres de l’UE du revenu d’insertion sociale, minimex, ADA ou Caf.
Contrastant avec le Nord ainsi défini, se dessine un Sud allant du Portugal à la Grèce, en passant par la Roumanie et la Bulgarie. Cet ensemble contient cependant certaines des pièces maîtresses de l’UE – la France, l’Italie, la péninsule ibérique, l’Autriche – laquelle n’est pas membre de l’OTAN.
L’Allemagne, la Belgique et les Pays Bas, pays fondateurs du Marché Commun, et où l’agenda fédéraliste trouve encore des défenseurs, occupent dans ce schéma une position médiane qui pourrait réserver des surprises. L’anglophilie traditionnelle des Flamands – qui furent très vexés par le Brexit – pourrait à terme céder à l’attraction du Sud. Et il suffirait d’un changement de majorité en Allemagne ou en France pour la faire se rallier au Sud, vers lequel s’écoule la plus grande partie de son import/export. À l’exception de la Pologne, aucun des pays du Nord tel que je l’ai défini plus haut, ne figure au nombre des dix premiers partenaires économiques de l’Allemagne dans l’UE.
Ce sont les pays du Nord, en premier lieu les membres du Nordic Council – Danemark, Finlande, Suède – appuyés par leurs voisins non-membres de l’UE – Islande et Norvège – qui s’opposèrent dès octobre 2025 à la perspective d’une dette ou emprunt commun (joint debt), préférant clairement utiliser les fonds russes immobilisés à Bruxelles et ailleurs en Europe. Rien d’étonnant à cela. Ces pays en effet n’ont rejoint l’UE qu’en 1992, le Danemark, et la Suède sont relativement indifférents au sort de la zone € – n’en faisant pas partie – et ont toujours été parmi les adversaires les plus résolus de toute « mutualisation des dettes ».
Longtemps à la marge de l’EEC/UE, membres avec le Royaume Uni de l’EFTA jusqu’en 1992, indifférents à l’impact sur le crédit financier de l’UE et sur sa devise, n’ayant jamais considéré l’UE que comme un marché, ces pays se sont toujours opposés, avec les autres pays « vertueux » ou « frugaux » du Nord de l’Europe, à tout ce qui pourrait promouvoir l’idée d’Eurobonds. Ils ne sont paradoxalement dépensiers que pour faire financer par l’Allemagne, le Royaume Uni et les Pays Bas, la guerre par procuration qu’ils croient l’Ukraine mener en leur nom à la Russie. Mais ce serait l’utilisation des fonds russes gelés en Belgique et ailleurs dans l’UE qui emporte sans réserve leur assentiment…
La préférence de la Pologne et des pays baltes pour une utilisation des fonds russes est motivée par leurs « émotions négatives » vis-à-vis de la Russie évoquées par Bart De Wever. La politique ne devrait pas être dirigée par les émotions, fit-il remarquer.
Lorsque le Premier ministre belge posa comme condition à tout accord sur l’utilisation des fonds russes immobilisés en Belgique que tous les autres pays de l’UE détenant des fonds russes se déclarent par écrit coresponsables et solidaires de la Belgique en cas de mesures de rétorsion russes sur les avoirs et sociétés belges en Russie, non seulement la France – détentrice de quelque 18 milliard de fonds russes – mais aussi l’Allemagne et les Pays-Bas, pourtant parmi les avocats les plus vocaux du « prêt de réparation » refusèrent de s’engager. La BCE de même refusa également de garantir l’opération à hauteur des fonds concernés (180 milliards d’€).
Ce sont donc, en toute vraisemblance, 17 pays de ce que j’appelle « le Sud » – Autriche, Bulgarie, Chypre, Croatie, Espagne, France, Grèce, Italie, Hongrie, Portugal, République Tchèque, Roumanie, Luxembourg, Malte,Slovaquie, Slovénie – clairement la majorité – qui entraînés par le refus de la Belgique, mirent en échec le plan conçu par la Commission et l’Allemagne et soutenu platoniquement par les huit nordistes : Danemark, Estonie, Finlande, Irlande, Lituanie, Lettonie, Pologne, Suède.
2026
Plan d’autonomisation de l’EEAS (external European Action Service), département semi-autonome de la Commission européenne, dirigé par Kaja Kallas.
Je suis de ceux qui comprennent que les administration étasuniennes successives depuis l’entrée de la Pologne et des Pays baltes dans l’UE en 2004, mais particulièrement l’administration Biden, et le gouvernement de Boris Johnson, ont utilisé ces pays pour prendre en otage la politique étrangère de l’UE. C’est sur ce fond qu’il faut comprendre la question de l’autonomisation du Département EEAS de la Commission de l’UE, dirigé par l’Estonienne Kaja Kallas.
Les pays fondateurs du Marché Commun, de la CE, et de l’UE qui leur a succédé, et particulièrement leur moteur germano-français, se sont laissé surprendre par cette manœuvre. Après les accords de Minsk en 2014, conclus dans la crainte de rompre la fragile cohésion de l’UE, et dans l’incapacité de changer abruptement de cap après l’invasion de l’Ukraine par la Russie et l’explosion de Nord Stream par leurs “alliés”, ils ont donné mandat à la Commission von der Leyen de sauver la face devant leurs opinions publiques, mais aussi l’unité de l’UE, en adoptant le discours des Polonais et des Baltes relativement aux causes du conflit.
Après quatre ans d’une guerre d’attrition à l’issue encore incertaine, et plus de 200 milliards d’€ d’aide à l’Ukraine pour une guerre provoquée par les USA et le Royaume-Uni, le “moteur” franco-allemand cherche à reprendre la main en retirant de la Commission et de l’EEAS leurs compétences en matière de politique étrangère et de défense, ainsi que le droit de veto des pays membres – donc de la Pologne et des Pays baltes, pour faire de la politique étrangère la chasse gardée d’une dyarchie franco-allemande ou d’une triarchie franco-germano-italienne, soit du complexe militaro-industriel européen7.
Tant les Pays Baltes (6 millions de citoyens) que la Pologne (37 millions de citoyens) freinent évidement des quatre fers pour éloigner cette éventualité qui les priveraient de l’importance disproportionnée qu’ils ont acquise aux dépends des 750 millions de Continentaux, comme proxys dans le conflit entre l’anglosphère et la Russie.
Il n’échappe à personne que Kaja Kallas représente les intérêts, moraux, historiques, culturels, de ces quelques 45 millions de Polono-Baltes. Coïncident-ils avec ceux des 750 millions de Continentaux de l’UE ? Là est la question. Voir en Annexe (I) le suivi de ce dossier dans Bloomberg, Politico et Euractiv.
Mon pari est que les 16 pays ci-après – Autriche, Bulgarie, Chypre, Croatie, Espagne, France, Grèce, Hongrie, Italie, Luxembourg, Malte, Portugal, République Tchèque, Roumanie, Slovaquie, Slovénie – devraient à terme à terme, si mon wishful thinking est entendu par les dieux, entraîner l’Allemagne, la France et la Belgique vers le Sud pour laisser les Scandinaves dans le froid, les Baltes et les Polonais face à la Russie, les Irlandais libres de réintégrer le Royaume-Uni et l’anglosphère, et de célébrer Thanksgiving avec leurs cousins du Massachusetts.
État des opinions publiques des pays membres de l’UE sur les sanctions contre la Russie et le soutien à l’Ukraine
J’ai posé à ChatGPT la question suivante “Quel est à cette date l’état des opinions publiques et des partis politiques de chaque pays de l’UE, par ordre alphabétique, sur les sanctions frappant la Russie et le soutien à l’Ukraine” ?
Voici l’essentiel de ses conclusions8 :
Si l’on simplifie fortement, on obtient quatre Europes politiques :
Groupe
Pays principaux
Situation
🟢 Très pro-Ukraine
Suède, Finlande, Danemark, Pologne, Lituanie, Portugal, Estonie, Lettonie, Irlande
Sanctions + aide largement consensuelles
🟢/🟡 Pro-Ukraine mais débats croissants
Belgique, Luxembourg, Pays-Bas, Allemagne, France, Espagne, Croatie, Autriche, Italie, Roumanie, Malte
Soutien majoritaire mais opposition/populisme en progression
🟠 Sociétés fortement divisées
Grèce, Slovénie, Tchéquie, Slovaquie, Bulgarie
Sanctions ou aide militaire deviennent des enjeux politiques majeurs
🔴 Plus réticents
Chypre
Opposition aux sanctions particulièrement élevée
Le point vraiment intéressant en 2026
Il serait toutefois trompeur de conclure que l’Europe est en train de basculer massivement contre l’Ukraine.
Les données les plus récentes montrent plutôt une situation plus subtile :
l’attachement au soutien à l’Ukraine reste majoritaire, mais le consensus sur les moyens de ce soutien s’effrite.
C’est très net dans les chiffres : 76 % veulent continuer à soutenir l’Ukraine jusqu’à une paix juste et durable, mais seulement 56 % approuvent le financement d’équipements militaires. (Représentation de la Commission européenne à Chypre)
Autrement dit, une distinction politique est en train de s’établir entre :
« Il faut soutenir l’Ukraine »
et
« Il faut continuer à augmenter ou maintenir l’aide militaire et les sanctions quel qu’en soit le coût. »
La première proposition conserve un très large consensus européen ; la seconde est beaucoup plus contestée.
Et c’est précisément là que les partis populistes de droite et certaines forces de gauche interviennent : AfD en Allemagne, RN en France, M5S/Lega en Italie, PVV/FVD aux Pays-Bas, SPD en Tchéquie, Fico en Slovaquie, etc. L’analyse des votes européens confirme d’ailleurs que les partis mainstream restent beaucoup plus cohérents sur la Russie que les partis populistes/radicaux, où se concentre l’essentiel du déplacement. (LSE Blogs)
Enfin, l’UE continue pour l’instant à avancer : le 21e paquet de sanctions a été adopté en juillet 2026, et l’UE a encore approuvé en août 6,1 milliards d’euros supplémentaires pour la défense ukrainienne. (Finance)
Indicateurs chiffrés
« Pour votre réflexion sur la fracture politique Nord-Sud de l’Europe[me dit ChatGPT]
, je peux aller plus loin et construire un tableau des 27 pays avec, pour chacun, 4 indicateurs chiffrés (sanctions, aide financière/humanitaire, aide militaire, poursuite du soutien à l’Ukraine) + les partis favorables/opposés, ce qui permettrait de faire apparaître beaucoup plus nettement la nouvelle géographie politique européenne. »
Le Standard Eurobarometer 105, réalisé en mars-avril 2026, …. la source la plus récente … confirme qu’au niveau de l’UE 76 % souhaitent que l’UE continue de soutenir l’Ukraine jusqu’à une paix juste et durable, et que 76 % considèrent l’invasion russe comme une menace pour la sécurité de l’UE.
En revanche, la matrice complète pays par pays des quatre indicateurs que vous demandez est beaucoup plus facilement vérifiable dans le Eurobaromètre 104, automne 2025. C’est donc cette matrice que j’utilise ci-dessous pour les quatre pourcentages comparables. Elle porte sur :
• S = sanctions économiques contre la Russie ;
• FH = aide financière et humanitaire à l’Ukraine ;
• M = financement de l’achat et de la fourniture de matériel militaire ;
• U = volonté de poursuivre le soutien à l’Ukraine jusqu’à une paix juste et durable
des opinion publique et forces politiques des pays concernés
🇦🇹 Autriche
60
69
55
—
ÖVP, SPÖ, NEOS, Verts
FPÖ
🇧🇪 Belgique
39
72
59
—
MR, Les Engagés, Vooruit, CD&V, Groen, Open VLD
Vlaams Belang, PTB/PVDA
🇧🇬 Bulgarie
65
61
27
—
GERB, PP-DB (avec nuances)
Revival/Vazrazhdane, parties pro-russes
🇨🇾 Chypre
30
63
21
—
DISY, gouvernement
AKEL et courants pro-russes/neutralistes
🇨🇿 Tchéquie
85
55
34
—
SPOLU, STAN, Piráti
ANO, SPD
🇩🇪 Allemagne
75
82
53
—
CDU/CSU, SPD, Verts
AfD, BSW
🇩🇰 Danemark
79
94
89
—
Sociaux-démocrates, Venstre, Moderaterne, SF, etc.
essentiellement partis marginaux
🇪🇪 Estonie
68
72
64
—
majorité très large du spectre politique
opposition russophone / extrême droite, mais minoritaire
🇬🇷 Grèce
73
70
27
—
Nouvelle Démocratie, PASOK
Syriza, KKE et droite nationaliste, avec nuances
🇪🇸 Espagne
71
83
50
—
PSOE, PP, Sumar, majorité pro-UE
Vox, courants souverainistes
🇫🇮 Finlande
91
97
88
—
quasi-totalité des grands partis
opposition marginale
🇫🇷 France
68
73
53
—
Renaissance, MoDem, PS, Verts, une partie de LR
RN, LFI, souverainistes — avec des nuances importantes
🇭🇷 Croatie
72
75
48
—
HDZ, majorité pro-UE
droite nationaliste, certains souverainistes
🇭🇺 Hongrie
84
66
41
—
opposition Tisza désormais pro-européenne
Fidesz/Orbán, Mi Hazánk
🇮🇪 Irlande
89
88
69
—
Fianna Fáil, Fine Gael, Labour, Greens
Sinn Féin plus réservé sur l’aide militaire
🇮🇹 Italie
72
73
48
—
Fratelli d’Italia, Forza Italia, PD
Lega, M5S, gauche pacifiste
🇱🇹 Lituanie
75
66
77
—
quasi-consensus pro-Ukraine
opposition très marginale
🇱🇺 Luxembourg
84
86
60
—
CSV, DP, LSAP, Greens
ADR surtout
🇱🇻 Lettonie
89
85
67
—
très large consensus
partis russophones / Union des Verts et des paysans avec nuances
🇲🇹 Malte
86
72
53
—
Labour, Nationalist Party
neutralistes, principalement sur le militaire
🇳🇱 Pays-Bas
89
81
79
—
VVD, D66, CDA, GroenLinks-PvdA, NSC
PVV, FVD
🇵🇱 Pologne
91
54
74
—
KO, PSL, majorité du centre droit
PiS et Konfederacja sur certaines modalités
🇵🇹 Portugal
89
72
79
—
AD, PS, IL, majorité parlementaire
Chega, PCP
🇷🇴 Roumanie
57
81
44
—
PSD, PNL, USR
AUR, SOS Romania
🇸🇰 Slovaquie
68
72
44
—
opposition pro-UE, PS
Smer/Fico, Republika
🇸🇮 Slovénie
91
59
42
—
gouvernement Golob, centre gauche
SDS et droite souverainiste
🇸🇪 Suède
91
97
93
—
Le tableau complet donne par exemple 91 % en Pologne, Finlande, Slovénie et Suède, contre seulement 30 % à Chypre. (static.lsm.lv)
*
La véritable géographie politique de l’UE
Les chiffres font apparaître la carte ou paysage suivant :
I. Le bloc nordique : le consensus le plus solide
Danemark – Finlande – Suède – Estonie – Lettonie – Lituanie
C’est le cœur géopolitique anti-russe et pro-ukrainien de l’UE.
On y trouve les niveaux les plus élevés de soutien aux trois instruments :
• sanctions ;
• aide financière/humanitaire ;
• aide militaire.
La Finlande atteint 91 % pour les sanctions et 88 % pour le militaire ; la Suède 91 % et 93 % ; le Danemark 79 % et 89 %. (static.lsm.lv)
Ce bloc ne raisonne pas essentiellement en termes de « coût de la guerre », mais en termes de sécurité nationale et de rapport de forces avec la Russie.
La situation suédoise en septembre 2026 est particulièrement révélatrice : même à la veille des élections du 13 septembre, les deux blocs politiques concurrents soutiennent l’Ukraine et le réarmement national. (Reuters)
3. Le deuxième bloc : Europe occidentale pro-Ukraine, mais avec une fatigue politique
Allemagne – France – Belgique – Pays-Bas – Luxembourg – Irlande – Portugal – Espagne
Ici, le soutien reste majoritaire, mais il existe un phénomène nouveau :
la population approuve davantage le principe du soutien que ses modalités les plus coûteuses.
L’Allemagne est exemplaire :
• 82 % pour l’aide financière/humanitaire ;
• 75 % pour les sanctions ;
• mais seulement 53 % pour le financement du matériel militaire. (static.lsm.lv)
La France est encore plus caractéristique :
• 73 % pour l’aide financière/humanitaire ;
• 68 % pour les sanctions ;
• 53 % seulement pour l’aide militaire.
4. La France : le cas politiquement le plus intéressant
La France n’est pas une opinion publique anti-Ukraine.
Mais elle présente un décalage important entre :
Opinion publique :
• soutien humanitaire/financier assez élevé ;
• sanctions majoritaires ;
• soutien militaire beaucoup plus faible.
Partis :
• centre macroniste : pro-Ukraine ;
• PS/Verts : pro-Ukraine ;
• LR : globalement pro-Ukraine ;
• LFI : opposition à l’escalade militaire ;
• RN : évolution vers une position beaucoup plus restrictive concernant l’aide militaire
5. Le Sud : la fracture « coût de la guerre »
Italie – Grèce – Espagne – Portugal – Chypre – Malte
Ici, le soutien à l’Ukraine n’est pas nécessairement faible. Mais l’acceptation de la militarisation est nettement moins forte.
Regardez par exemple :
Pays
Sanctions = S
Aide financière/humanitaire AF/H
Aide militaire AM
🇮🇹 Italie
S : 72
AF/H :73
AM : 48
🇬🇷 Grèce
S : 73
70 : AF/H
27 : AM
🇪🇸 Espagne
S : 71
AF/H : 83
AM : 50
🇵🇹 Portugal
S : 89
AF/H : 72
AM : 79
🇲🇹 Malte
S : 86
AF/H : 72
AM : 53
🇨🇾 Chypre
S : 30
AF/H : 63
AM : 21
(static.lsm.lv)
Europe centrale : le terrain de la nouvelle contestation
Autriche – Tchéquie – Slovaquie – Hongrie – Roumanie – Bulgarie
C’est ici que votre hypothèse d’une nouvelle fracture politique européenne devient particulièrement intéressante.
Les populations ne sont pas nécessairement opposées aux sanctions, mais les partis souverainistes/populistes ont beaucoup plus de succès.
Tchéquie
Cas particulièrement frappant :
85 % approuvent les sanctions, mais seulement 34 % le financement militaire. (static.lsm.lv)
Donc :
« sanctionner Moscou » ≠ « financer davantage Kiev ».
Slovaquie
Même phénomène :
• 68 % sanctions ;
• 72 % aide humanitaire ;
• 44 % militaire.
Et le gouvernement Fico est beaucoup plus réticent que la moyenne de la population.
Les données Eurobaromètre 105 confirment encore en 2026 que 72 % des Slovaques approuvent l’aide financière et humanitaire, mais seulement 58 % les sanctions. (Zastúpenie na Slovensku)
Hongrie
Après la victoire de Péter Magyar, Budapest s’est rapproché de l’UE et de l’OTAN. … Mais la Hongrie n’est pas devenue pour autant un pays totalement consensuel sur l’Ukraine : elle contestait encore juridiquement l’utilisation des revenus des avoirs russes gelés pour la défense ukrainienne. (Reuters)
La Bulgarie et Chypre :
🇧🇬 Bulgarie
Le soutien à l’aide militaire est extrêmement faible :
27 % seulement.
🇨🇾 Chypre
Ici, le cas est encore plus net :
• sanctions : 30 % ;
• aide financière/humanitaire : 63 % ;
• militaire : 21 %.
Chypre est probablement le pays de l’UE où la distance entre la politique européenne officielle et l’opinion publique est la plus grande. (static.lsm.lv)
8. La carte politique que je tirerais de ces données
Je proposerais cinq Europe, plutôt que deux :
🟢 Europe 1 — « sécurité d’abord »
Finlande, Suède, Danemark, Pologne, États baltes
Russie = menace existentielle[parano russophone consécutive à l’agitprop anglo-atlantique]
→ sanctions + réarmement + Ukraine
🟢 Europe 2 — « solidarité européenne »
Portugal, Irlande, Pays-Bas, Luxembourg, Allemagne, Belgique
Russie = menace européenne
→ Ukraine doit être soutenue, mais les modalités peuvent être discutées.
🟡 Europe 3 — « soutien mais négociation »
France, Espagne, Italie, Autriche, Croatie, Slovénie, Tchéquie, Roumanie
Ukraine doit être soutenue, mais la guerre doit finir par la négociation.
C’est probablement le groupe politiquement le plus important pour l’avenir de l’UE.
🟠 Europe 4 — « souverainisme / paix d’abord »
Slovaquie, Bulgarie, Grèce, Hongrie, une partie importante de l’Italie et de la France
sanctions éventuellement acceptables, mais refus de l’escalade militaire et préférence pour une négociation.
🔴 Europe 5 — « exception russe/neutraliste »
Chypre
forte réticence aux sanctions et à l’aide militaire.
Carte politique de l’UE selon un indice Nord-Sud/ Est-Ouest de soutien Russie/Ukraine
Carte politique de l’UE — septembre 2026
1. L’indice que je propose
Pour éviter de fabriquer un indicateur pseudo-scientifique, je construis un Indice de soutien à l’Ukraine (ISAU) sur 100, à partir des trois questions Eurobaromètre 104 (automne 2025) dont nous disposons pour les 27 pays :
• Aide financière et humanitaire : 1/3
• Financement de matériel militaire : 1/3
• Poursuite du soutien jusqu’à une paix juste et durable : 1/3
Il s’agit donc d’un indice d’intensité du soutien à l’Ukraine …. non d’un indice officiel de la Commission.
Les trois séries sont directement issues du Standard Eurobarometer 104 : 77 % pour l’aide financière/humanitaire au niveau UE, 57 % pour l’aide militaire et 77 % pour la poursuite du soutien. (EU NEIGHBOURS east)
J’ajoute ensuite, séparément, le soutien aux sanctions, car c’est précisément le domaine où la carte politique devient intéressante : 73 % pour l’UE, avec des extrêmes de 91 % en Suède et 30 % à Chypre. (EU NEIGHBOURS east)
2. Classement des 27
Indice de soutien à l’Ukraine
Rang
Pays
Indice
Aide financière/humanitaire
Aide militaire
Soutien jusqu’à la paix
Lecture politique
1
🇸🇪 Suède
95,0
97
93
95
🟢 très ferme
2
🇩🇰 Danemark
93,0
94
89
96
🟢 très ferme
3
🇫🇮 Finlande
92,0
93
88
95
🟢 très ferme
4
🇵🇹 Portugal
87,3
89
79
94
🟢 très ferme
5
🇳🇱 Pays-Bas
81,3
81
79
84
🟢 ferme
6=
🇮🇪 Irlande
81,0
88
69
86
🟢 ferme
6=
🇱🇹 Lituanie
81,0
85
77
81
🟢 ferme
8
🇵🇱 Pologne
79,7
81
74
84
🟢 ferme
9
🇭🇷 Croatie
79,3
79
78
81
🟢 ferme
10
🇱🇻 Lettonie
76,0
83
67
78
🟢 ferme
11
🇱🇺 Luxembourg
74,3
83
60
80
🟢/🟡
12=
🇩🇪 Allemagne
74,0
82
63
77
🟢/🟡
12=
🇲🇹 Malte
74,0
86
53
83
🟢/🟡
14
🇸🇮 Slovénie
72,7
72
74
72
🟡
15
🇪🇸 Espagne
71,7
83
50
82
🟡
16
🇧🇪 Belgique
69,0
72
59
76
🟡
17
🇪🇪 Estonie
68,3
71
64
70
🟡/🟢
18
🇫🇷 France
68,0
73
53
78
🟡
19
🇸🇰 Slovaquie
65,3
81
44
71
🟡/🟠
20
🇦🇹 Autriche
65,0
72
55
68
🟡
21
🇮🇹 Italie
64,7
73
48
73
🟡/🟠
22
🇭🇺 Hongrie
58,0
66
41
67
🟠
23
🇬🇷 Grèce
55,3
70
27
69
🟠
24
🇷🇴 Roumanie
52,3
54
44
59
🟠
25
🇧🇬 Bulgarie
48,3
61
27
57
🟠/🔴
26
🇨🇿 Tchéquie
45,7
55
34
48
🔴/🟠
27
🇨🇾 Chypre
44,0
63
21
48
🔴
Les données originales montrent notamment que l’aide militaire est extrêmement polarisante : 93 % en Suède, 89 % au Danemark et 88 % en Finlande, contre 21 % à Chypre, 27 % en Bulgarie et 27 % en Grèce. (EU NEIGHBOURS east)
De même, pour la poursuite du soutien jusqu’à une paix juste et durable, on passe de 96 % au Danemark à 48 % en Chypre et en Tchéquie. (aprei.com.ua)
3. Visualisation de l’indice
Point essentiel qui peut faire basculer la politique européenne des sanctions entre 2026 et 2028 :
Les sanctions ne suivent pas exactement le soutien militaire
Quelques exemples :
Pays
Soutien Ukraine
Sanctions
Ce que cela signifie
🇸🇪 Suède
95
91
consensus maximal
🇩🇰 Danemark
93
89
consensus maximal
🇫🇮 Finlande
92
89
consensus maximal
🇵🇹 Portugal
87
89
très cohérent
🇵🇱 Pologne
80
≈ très élevé
très ferme
🇩🇪 Allemagne
74
majorité très forte
sanctions > militaire
🇫🇷 France
68
majorité
sanctions > militaire
🇮🇹 Italie
65
majorité
sanctions > militaire
🇬🇷 Grèce
55
48
fracture profonde
🇭🇺 Hongrie
58
49
fracture politique
🇧🇬 Bulgarie
48
39
véritable zone de fragilité
🇨🇾 Chypre
44
30
Véritable carte Nord → Sud
Si l’on regarde maintenant l’Europe selon un axe Nord → Sud, une première structure apparaît.
🔵 Le « front nordique »
Suède – Danemark – Finlande
C’est le triangle le plus stable.
Il réunit :
• très forte perception de la menace russe ;
• très forte aide militaire ;
• très forte aide financière ;
• très forte volonté de continuer à soutenir l’Ukraine ;
• très forte approbation des sanctions.
En Suède, par exemple, 93 % approuvent le financement du matériel militaire et 95 % veulent poursuivre le soutien jusqu’à une paix juste et durable. (EU NEIGHBOURS east)
Il est extrêmement improbable que ces trois pays deviennent le moteur d’un abandon des sanctions.
6. Le « Nord-Ouest » : solide mais plus transactionnel
Pays-Bas – Irlande – Belgique – Luxembourg
Ils restent globalement pro-Ukraine.
Mais le degré d’acceptation de l’aide militaire est inférieur au bloc nordique.
Les Pays-Bas sont particulièrement intéressants :
81 % aide humanitaire + 79 % aide militaire + 84 % poursuite du soutien.
C’est encore très élevé, mais le pays possède désormais une vie politique beaucoup plus fragmentée.
7. Le « cœur[industriel]continental » : Allemagne – France
C’est probablement la zone déterminante.
🇩🇪 Allemagne
Indice : 74
Mais :
• aide humanitaire : 82 %
• militaire : 63 %
• poursuite du soutien : 77 %
… la question du coût et de la durée de la guerre est politiquement beaucoup plus sensible.
Et c’est ici que la montée de l’AfD devient stratégiquement importante.
🇫🇷 France
Indice : 68
• aide humanitaire : 73 %
• militaire : 53 %
• poursuite du soutien : 78 %
C’est une configuration très particulière :
les Français sont nettement plus favorables à soutenir l’Ukraine qu’à financer son effort militaire.
C’est exactement le type de société dans lequel un parti peut défendre :
« Nous soutenons l’Ukraine, mais nous voulons une négociation et la fin de l’escalade. »
sans être nécessairement perçu comme pro-russe.
C’est pourquoi la France pourrait devenir l’un des principaux pays-charnières.
8. Le Sud européen : pas anti-Ukraine, mais anti-escalade
C’est probablement l’un des résultats les plus importants.
🇪🇸 Espagne
72
Mais seulement 50 % pour l’aide militaire.
🇮🇹 Italie
65
et seulement 48 % pour l’aide militaire.
🇬🇷 Grèce
55
et seulement 27 % pour l’aide militaire.
Cela signifie que le clivage n’est pas :
Ukraine / Russie
mais :
guerre prolongée / négociation
9. L’Europe centrale : la véritable zone de basculement
C’est ici que je situerais le risque politique le plus important pour les sanctions.
🇨🇿 Tchéquie — risque élevé
Indice : 45,7
• aide financière : 55
• militaire : 34
• soutien général : 48
La Tchéquie peut donc rester officiellement dans le dispositif européen tout en devenant un pays où la légitimité politique des sanctions est de plus en plus contestée.
🇭🇺 Hongrie — cas particulier
Indice : 58
Le contexte politique de septembre 2026 a changé de manière spectaculaire.
Après la victoire de Péter Magyar sur Viktor Orbán en avril, la Hongrie s’est éloignée de la politique ouvertement pro-Moscou de l’ère Orbán
Mais cela ne signifie pas que la Hongrie soit devenue automatiquement un pays moteur des sanctions.
10. Les deux vrais « points faibles » : Bulgarie et Chypre
🇧🇬 Bulgarie
Indice : 48,3
Sanctions : 39 %
Militaire : 27 %
Poursuite du soutien : 57 %
C’est une combinaison très particulière :
aide humanitaire acceptable → aide militaire très contestée → sanctions fragiles.
La Bulgarie est donc susceptible de devenir un pays de blocage ou de dilution d’une politique européenne plus dure.
🇨🇾 Chypre
Indice : 44
Sanctions : 30 %
Militaire : 21 %
Poursuite du soutien : 48 %
C’est clairement le pays le plus éloigné du consensus européen.
Mais son poids politique est limité par sa taille.
Chypre peut donc ralentir ou compliquer, mais difficilement provoquer seule un changement de cap européen.
Quels pays peuvent réellement faire basculer les sanctions ?
Je distinguerais maintenant trois catégories.
🔴 Risque de basculement élevé
🇫🇷 France
🇮🇹 Italie
🇩🇪 Allemagne
🇨🇿 Tchéquie
🇸🇰 Slovaquie
🇭🇺 Hongrie
🇬🇷 Grèce
Pourquoi ?
Parce qu’ils combinent :
• opinion moins enthousiaste pour l’aide militaire ;
• partis souverainistes ou populistes importants ;
• débat sur le coût économique ;
• électorats sensibles à la perspective d’une négociation avec Moscou.
🟠 Risque intermédiaire
🇦🇹 Autriche
🇧🇪 Belgique
🇪🇸 Espagne
🇷🇴 Roumanie
🇧🇬 Bulgarie
🇸🇮 Slovénie
🇵🇱 Pologne
La Pologne mérite cependant une mention spéciale : l’opinion reste très nettement anti-russe, et le gouvernement Tusk considère toujours les provocations russes comme une menace directe pour la sécurité polonaise. (AP News)
🟢 Risque faible
🇸🇪 Suède
🇫🇮 Finlande
🇩🇰 Danemark
🇱🇹 Lituanie
🇱🇻 Lettonie
🇪🇪 Estonie
🇵🇹 Portugal
🇳🇱 Pays-Bas
🇮🇪 Irlande
🇭🇷 Croatie
🇱🇺 Luxembourg
🇲🇹 Malte
Dans ces pays, un gouvernement voulant brutalement renverser la politique de sanctions rencontrerait une opinion publique beaucoup plus difficile à convaincre.
Mais il existe un deuxième risque : les sanctions énergétiques
C’est, à mon avis, encore plus important pour les deux prochaines années.
La question n’est plus simplement :
« Faut-il punir la Russie ? »
mais :
« Jusqu’où l’Europe est-elle prête à aller pour se passer définitivement de l’énergie russe ? »
La Cour des comptes européenne vient justement de signaler, le 9 septembre 2026, que la sortie européenne du gaz russe est en difficulté : les importations de gaz russe ont certes chuté de 45 % à 12 %, mais la dépendance n’est pas totalement éliminée et l’objectif de sortie complète demeure difficile. (Reuters)
Un électeur peut être :
80 % favorable à l’Ukraine
mais simultanément :
beaucoup moins favorable à une nouvelle hausse des prix de l’énergie au nom de nouvelles sanctions.
C’est précisément là que les partis populistes peuvent déplacer le débat.
La question des avoirs russes est le prochain grand test
Portugal : favorable à l’utilisation des avoirs russes gelés.
Belgique : demande des garanties européennes avant d’accepter le risque financier. (Reuters)
Hongrie : a tenté juridiquement de contester l’utilisation des revenus de ces actifs. (Reuters)
Donc le prochain clivage européen pourrait devenir :
sanctions commerciales classiques
versus
confiscation/utilisation des avoirs russes + sanctions énergétiques + pression financière maximal
Ma carte politique prospective 2026–2028
Je résumerais finalement la situation ainsi :
🟦 Bloc « confrontation »
Suède – Finlande – Danemark – États baltes – Pologne
« La sécurité européenne passe par l’affaiblissement stratégique de la Russie. »
🟩 Bloc « solidarité européenne »
Portugal – Pays-Bas – Irlande – Allemagne – Luxembourg – Belgique – Croatie
« Il faut soutenir l’Ukraine, mais dans un cadre européen commun. »
🟨 Bloc « soutien + négociation »
France – Espagne – Italie – Autriche – Slovénie – Roumanie
« L’Ukraine doit être soutenue, mais la guerre doit finir par une négociation. »
🟧 Bloc « souveraineté / paix prioritaire »
Grèce – Slovaquie – Hongrie – Bulgarie – Tchéquie
« Les sanctions et surtout l’aide militaire ne doivent pas devenir une politique permanente. »
🟥 Exception
Chypre
« Forte préférence pour la neutralité et la limitation des sanctions. »
15. Et ma conclusion pour votre thèse
Je pense qu’il faut corriger légèrement l’hypothèse d’une fracture Nord-Sud.
Les chiffres ne montrent pas une simple fracture :
Nord riche / Sud pauvre
Ils montrent plutôt une fracture à trois dimensions :
Axe 1 — géographique
Nord-Est → très anti-russe
Ouest → intermédiaire
Sud-Est → plus transactionnel
Axe 2 — militaire
Nord → soutien militaire
Ouest → soutien conditionnel
Sud/Centre → réticence militaire
Axe 3 — politique
partis mainstream → maintien des sanctions
versus
droites souverainistes + certaines gauches pacifistes → négociation et réduction de l’aide militaire.
Et surtout, les sanctions sont beaucoup moins solides politiquement que le soutien général à l’Ukraine.
C’est le résultat que je considérerais comme le plus important :
L’UE ne paraît pas proche d’un retournement général en faveur de la Russie.
Elle paraît en revanche vulnérable à un retournement concernant la durée, le coût et l’intensité de la confrontation avec la Russie.
les pays réellement décisifs entre 2026 et 2028 seront donc moins Chypre ou la Bulgarie que la France, l’Allemagne, l’Italie, la Pologne et, selon leur évolution politique, la Tchéquie et la Hongrie.
Indice de soutien à l’Ukraine dans l’UE
Moyenne des trois indicateurs Eurobaromètre : aide financière/humanitaire, aide militaire et poursuite du soutien jusqu’à une paix juste et durable. Données d’automne 2025, utilisées comme dernière base comparative complète par pays
Suède
95
Danemark
93
Finlande
92
Portugal
87,3
Pays-Bas
81,3
Irlande
81
Lituanie
81
Pologne
79,7
Croatie
79,3
Lettonie
76
Luxembourg
74,3
Allemagne
74
Malte
74
Slovénie
72,7
Espagne
71,7
Belgique
69
Estonie
68,3
France
68
Slovaquie
65,3
Autriche
65
Italie
64,7
Hongrie
58
Grèce
55,3
Roumanie
52,3
Bulgarie
48,3
Tchéquie
45,7
Chypre
44
_______________
Réponse de DeepSeek à la même question
La réponse de Deepseek à la même question est plus concise et ne reflète pas la situation en septembre 2026 mais bien celle postérieure au Sommet de décembre 2025.
Bonjour ! Je n’ai pas de données d’opinion publiées en septembre 2026, donc ce qui suit reflète les grandes tendances connues jusqu’à ma dernière mise à jour, et non un instantané garanti à cette date précise.
Allemagne — Opinion divisée : soutien fort à l’Ukraine à l’ouest, réticences dans l’est ; AfD et BSW critiques sur les sanctions et les livraisons d’armes. Le gouvernement reste pro-sanctions mais prudent.
Autriche — Tradition de neutralité ; opinion réservée sur les sanctions, soutien humanitaire. Le FPÖ, proche de Moscou, pèse sur le débat.
Belgique — Soutien globalement solide à l’Ukraine et aux sanctions ; débats sur les avoirs russes gelés (Euroclear). Clivages possibles Flandre/Wallonie.
Bulgarie — Opinion partagée, dépendance énergétique historique ; soutien officiel à l’UE, mais partis pro-russes influents.
Chypre — Réticences marquées sur les sanctions, liens économiques avec la Russie ; soutien limité à l’Ukraine.
Croatie — Soutien à l’Ukraine et aux sanctions, mémoire de la guerre des années 1990 ; opinion plutôt favorable.
Danemark — Très pro-ukrainien, soutien fort aux sanctions et aux armes ; consensus politique large.
Espagne — Soutien solide à l’Ukraine et aux sanctions ; opinion globalement favorable.
Estonie — Parmi les plus pro-ukrainiens et pro-sanctions ; consensus très fort.
Finlande — Adhésion à l’OTAN, soutien très fort à l’Ukraine et aux sanctions.
France — Soutien à l’Ukraine et aux sanctions, mais opinion divisée ; RN et LFI ont exprimé des réserves variables. Débat sur l’autonomie stratégique et le coût économique.
Grèce — Opinion plutôt réservée sur les sanctions, liens historiques et religieux avec la Russie ; soutien à l’Ukraine mais prudence.
Hongrie — Gouvernement d’Orbán ouvertement critique des sanctions et réticent sur l’aide à l’Ukraine ; opinion divisée.
Irlande — Soutien à l’Ukraine et aux sanctions ; neutralité militaire traditionnelle, mais position claire contre l’agression russe.
Italie — Soutien officiel à l’Ukraine et aux sanctions, mais opinion et coalitions divisées ; la Ligue a des positions pro-russes historiques.
Lettonie — Très pro-ukrainien et pro-sanctions ; forte inquiétude face à la Russie.
Lituanie — Soutien maximal à l’Ukraine, sanctions strictes, consensus large.
Luxembourg — Soutien à l’Ukraine et aux sanctions, cohérent avec la ligne UE.
Malte — Neutralité constitutionnelle ; soutien prudent à l’Ukraine, réticences sur certaines sanctions.
Pays-Bas — Soutien fort à l’Ukraine et aux sanctions ; débats sur le coût et l’énergie.
Pologne — Très pro-ukrainien et pro-sanctions, malgré des tensions agricoles et historiques récentes.
Portugal — Soutien à l’Ukraine et aux sanctions ; opinion globalement favorable.
République tchèque — Soutien fort à l’Ukraine et aux sanctions ; gouvernement et opinion largement favorables.
Roumanie — Soutien à l’Ukraine et aux sanctions, avec inquiétudes sécuritaires ; progression de partis nationalistes et pro-russes.
Slovaquie — Gouvernement de Robert Fico critique des sanctions et de l’aide militaire à l’Ukraine ; opinion divisée, avec une partie de l’électorat pro-russe.
Slovénie — Soutien à l’Ukraine et aux sanctions ; opinion plutôt favorable, débats limités.
Suède — Adhésion à l’OTAN, soutien très fort à l’Ukraine et aux sanctions ; consensus large.
Conclusion provisoire
Toutes précautions oratoires mises à part, Chat GPT confirme mon intuition de départ. Il y a bien entre les sept pays de l’ensemble balto-polono-scandinave et le reste de l’UE, particulièrement le Sud, une fracture qui ne peut que s’approfondir. Comptant eux-mêmes, à l’exception du Danemark, parmi les contributeurs les plus modestes, ces sept pays, forment en effet le cœur des partisans inconditionnels des sanctions contre la Russie et du soutien à l’Ukraine, à condition que ce soit l’Allemagne, le Royaume Uni, et si possible le Centre et le Sud, qui paient. Trois d’entre eux – Danemark, Finlande et Suède – font d’ailleurs partie, avec l’Allemagne, l’Autriche et les Pays Bas, du groupe des quatre « frugaux », refusant toute idée de mutualisation de la dette des pays membres de la zone €.
La Suède qui, rappelons-le, figure parmi les plus modestes contributeurs au régime Zélensky, vient de revenir à la charge sur le dossier des avoirs russes gelés, ainsi que le rapporte Politico (22 septembre, 2026)9 . La Première suédoise revient à la charge sur les avoirs russes gelés par Euroclear. En anglais : The Swedes want to throw Belgium under the bus…
Trois pays du Sud également – la Croatie, l’Espagne et la Slovénie – font preuve sur les sanctions et le soutien à l’Ukraine, d’un légalisme rigide. Au soutien à l’Ukraine ils comptent aussi parmi les contributeurs les moins importants. Mais il est remarquable que ces trois pays méditerranéens sont aussi parmi ceux qui échangent le plus avec la Chine et défendent ces échanges. Leur position stricte vis-à-vis de la Russie n’implique pas une fermeture aux Routes de la soie, au projet eurasiatique et aux BRICS. C’est aussi le cas pour tous les pays des Balkans occidentaux – dont la Slovénie fait partie – particulièrement la Serbie, le Monténégro et la Bosnie, mais aussi la Croatie, l’Albanie et la Macédoine du Nord. Le seul pays des Balkans occidentaux à ne pas faire partie des Routes de la soie est le Kosovo. Les trois autres pays des Balkans, Bulgarie, Grèce et Roumanie, sont également signataires ainsi qu’au Sud-Ouest, le Portugal. L’Espagne n’a pas signé de MOU avec les BRI mais cofinance avec la Chine la plus longue route ferroviaire du monde – 13 000 km – entre Yiwu et Madrid dont j’ai vu passer les trains à Zheng Zhou en 2014 10.
Parmi les 13 pays dont l’opinion est divisée ou émet des réserves – Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Chypre, France, Grèce, Hongrie, Italie, Malte, Roumanie, Slovakie, Slovénie – tous figurent au nombre des 17 que j’ai défini comme constituant le Sud. Aucun ne figure au nombre des Nordiques (Scandinavie, Pologne et Pays baltes). Et trois d’entre eux appartiennent au bloc central et cœur industriel de l’UE.
Sans surprise, les Néerlandais s’inquiètent du coût du soutien à l’Ukraine, et l’Irlande reste attachée à sa neutralité autant sans doute qu’à la latitude qui lui est laissée de taxer a minima les revenus européens des GAFAMs étasuniens qui ont installé leurs sièges sur son sol.
Hyper-activisme européen et développements adverses
La défense nucléaire avancée de E. Macron
L’acrobate du « en même temps » semble incapable de résister aux sirènes atlantistes. Soit qu’il n’ait jamais compris que ni la France, ni l’Europe continentale, n’arriverait à se dégager des pièges tendus par la toile anglo-américano-abrahamiste, soit qu’il y trouve des avantages à court terme, sonnant et trébuchant, ou moraux, de nature à panser ses blessures narcissiques subies tant à l’Est qu’à l’Ouest, Macron continue à trahir ce que De Gaulle et Adenauer avait défini comme la destinée manifeste du moteur germano-français, devenir le cœur de la construction d’une Europe autonome « de l’Atlantique à l’Oural ». Le voilà s’obstinant à tenter de forcer la porte d’un Nord irrémédiablement soudé à l’anglosphère.
- Juillet 2025
: Signature de ladéclaration de Northwood, renforçant la coordination des forces de dissuasion entre la France et le Royaume-Uni.
- Mars 2026 : Discours d’Emmanuel Macron annonçant l’évolution de la doctrine vers une « dissuasion avancée », proposant d’associer des partenaires européens à la profondeur stratégique française tout en conservant la décision exclusive du feu nucléaire.
Challenges.fr, 14 septembre 2026 : « La Finlande est le dernier pays scandinave à rejoindre la dissuasion nucléaire avancée lancée en début d’année par Emmanuel Macron. Une annonce dévoilée à l’occasion d’une visite de Jean-Noël Barrot à Helsinki.
Huit pays avaient été d’emblée associés à cette nouvelle doctrine : le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Pologne, les Pays-Bas, la Belgique, la Grèce, la Suède et le Danemark. Ils ont été rejoints en mai par la Norvège. La Finlande est le dixième à rejoindre officiellement l’initiative française. L’Estonie s’est, elle, dite « en discussion » avec Paris sur une éventuelle participation, selon son Premier ministre Kristen Michal à l’AFP. « La France contribue aussi à garantir notre indépendance avec ses troupes en Estonie. Donc, si la coopération peut être approfondie dans le domaine nucléaire, elle le sera probablement », a-t-il dit en marge d’un sommet des Européens sur l’Arctique à Rovaniemi, dans le nord de la Finlande. »
Cette posture se veut complémentaire et non incompatible avec la dissuasion de l’OTAN ou le parapluie nucléaire américain, sans s’y substituer.
Accord USA-Danemark sur le Groenland
Sous le titre « La stratégie européenne pour résister à Trump a fini par payer » le Grand Continent (22 septembre, 2026) annonce triomphalement que :
L’accord signé … donne aux États-Unis un accès militaire élargi à l’île, qui était toutefois déjà prévu est possible dans le cadre de l’accord de 1951. Donald Trump a déjà annoncé la construction de deux nouvelles bases. L’accord mentionne également explicitement la construction du « Dôme d’or » (Golden Dome), le projet de bouclier antimissiles américain inspiré du dôme israélien et reconnaît une liberté complète des parties pour toute mesure nécessaire au Groenland pour défendre la zone du Traité de l’Atlantique Nord. L’accord ne peut être modifié que par consentement mutuel des parties.
En cas d’indépendance du Groenland, le gouvernement de l’île et le Danemark doivent garantir que le nouvel État restera dans l’OTAN, y compris en demandant son adhésion. L’accord prévoit d’ailleurs un engagement renforcé de l’Alliance dans la région arctique en matière de planification, de renseignement et d’exercices.
Le volet économique de l’accord est très limité, alors que la Maison-Blanche poussait depuis janvier pour renforcer sa « coopération » avec le Groenland dans le domaine des ressources naturelles, afin d’exploiter les gisements de pétrole, d’uranium, de terres rares et d’autres minéraux stratégiques de l’île. Le document ne mentionne finalement qu’à une seule reprise « la coopération minière », sans qu’aucune clause contraignante n’y soit attachée.
Le point le plus substantiel de l’accord en matière économique concerne les investissements étrangers. Celui-ci exclut tous les pays qui ne sont membres ni de l’OTAN ni de l’Union européenne…
La Première danoise et le Premier Greenlandais avaient sur les photos tous trois l’air enchantés de cet accord qui représente une humiliation pour l’UE et ses prétendues ambitions d’autonomie stratégiques. Les apparences sont sauves mais le Danemark fait une fois de plus la preuve qu’entre l’Europe et l’Atlantique son cœ
ur n’a jamais balancé. Pas plus qu’il ne l’a fait lors de l’attaque contre Nord Stream qui a eu lieu dans ses eaux territoriales. Reste l’intéressante question que pose la carte de l’Arctique avec les USA empiétant sur la « souveraineté » de l’UE à l’Est, cependant que l’UE fait mine de lancer ses tentacules vers l’Ouest avec sa proposition d’association du Canada à l’UE.
Le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande. Et la Chine ?
Euracvtiv, 16 septembre 2026 :
Le Canada pourrait devenir le premier membre associé[quoi que cela veuille dire]
de l’UE, a déclaré mercredi Ursula von der Leyen, évoquant ainsi la possibilité d’une nouvelle relation sans précédent avec Ottawa.
« Je souhaiterais ouvrir la voie pour que le Canada devienne le premier membre associé de l’Union européenne », a-t-elle indiqué lors de son discours sur l’état de l’Union, en présence du Premier ministre canadien Mark Carney.
Elle n’a pas précisé ce qu’impliquerait ce statut de membre associé.
Le concept n’est pas tout à fait nouveau, puisque le chancelier allemand Friedrich Merz avait proposé en mai que l’UE crée un statut de « membre associé » pour l’Ukraine, comme étape intermédiaire vers une adhésion à part entière, permettant ainsi à Kiev de participer aux institutions de l’UE sans droit de vote tout en poursuivant son processus d’adhésion.
Jusqu’à présent, l’opinion dominante parmi les hauts responsables de l’UE était que le Canada ne pouvait se voir proposer l’adhésion car il se trouve en dehors du continent européen, une condition territoriale stipulée dans les traités européens.
Cette annonce fait suite à un article publié la semaine dernière dans le Wall Street Journal, selon lequel Carney avait examiné la possibilité que le Canada devienne un « membre associé », alors qu’Ottawa cherche à renforcer ses liens avec l’Europe dans un contexte de détérioration de ses relations commerciales avec les États-Unis.
Carney a toutefois déclaré dimanche que le Canada ne cherche pas à adhérer à l’UE, mais plutôt à établir une « alliance unique » avec le bloc.
« Nous partageons les mêmes valeurs, nous avons les mêmes priorités et nous avons des atouts très complémentaires », a déclaré Carney aux journalistes dimanche.
Un sondage réalisé en mars 2025 a montré que près de la moitié des Canadiens sont favorables à une éventuelle adhésion à l’UE.
À Bruxelles, les diplomates se sont penchés sur ce à quoi pourrait ressembler une solution.
« Le Canada est suffisamment grand et important, et partage suffisamment de valeurs communes, pour peut-être se voir proposer une approche un peu plus personnalisée et sur mesure », a indiqué un haut diplomate européen à Euractiv.
Une autre alternative serait que le Canada adhère à l’EEE, l’accord qui étend le marché unique de l’UE à l’Islande, à la Norvège et au Liechtenstein. Cette solution semble toutefois peu probable.
« Je ne pense pas que ce soit probable, mais je ne dis pas que c’est impossible », a déclaré un responsable de l’EEE à Euractiv.
*
Portée par cette vague d’enthousiasme, la maltèse Roberta Metsola, Présidente du Parlement de l’UE, suggère que l’Australie et la Nouvelle Zélande posent candidature au statut de « membre associé » de l’UE (https://www.bseanmediatv.fr/post/apres-le-canada-l-australie-et-la-nouvelle-zelande-pourraient-elles-aussi-devenir-membres).
Pourquoi pas la Chine ?
Nous avons vu plus haut que la Slovénie se situe parmi les partisans des sanctions contre la Russie et du soutien à l’Ukraine, mais aussi qu’elle reste ouverte aux investissements chinois et semble vouloir le rester. Au point de lorgner vers l’Eurasie, les Routes de la Soie et les BRICS ? C’est en tous cas ce que la déclaration de la Commissaire à l’élargissement, la Slovène Marta Kos, permet de se demander (Euractiv 9/9/26) :
l’UE subit également « la pression de l’Occident, de la part des idéologues du mouvement MAGA qui tentent de nous persuader que notre civilisation européenne est en déclin, que notre économie est en déclin et que nous ne disposons pas de la bonne démocratie », a-t-elle ajouté.
Kos a qualifié la Chine de « cas différent » en faisant valoir que Pékin ne s’est pas livré au genre de campagnes de désinformation que Moscou a menées contre le Monténégro et le reste des Balkans occidentaux.
Au contraire, Pékin entretient des liens économiques avec les pays candidats – un groupe qui comprend la Serbie, la Bosnie-Herzégovine et la Moldavie – dans le but de s’assurer des avantages économiques après leur adhésion.
« La Chine se niche en quelque sorte parmi nos pays candidats », a-t-elle déclaré.
Trève de plaisanterie…
L’UE est-elle à ce point aliénée qu’elle ne puisse imaginer résister à l’impérialisme étasunien qu’en s’alliant aux Cinq Grandes Oreilles, ou Cinq Grands Yeux , anglophones qui l’espionnent et la manipulent depuis au moins 2004 ? Cette suggestion fut d’ailleurs immédiatement repoussée par la Nouvelle Zélande (https://www.boursorama.com/actualite-economique/actualites-amp/aucune-discussion-entre-la-nouvelle-zelande-et-l-ue-au-sujet-d-une-association-4ad24a2ed9d43504c01c33571bd343f6). L’Australie également semble ne pas voir l’intérêt de relations plus étroites que celles que lui assure déjà l’accord de libre échange en attente de ratification (https://www.euronews.com/my-europe/2026/09/18/exclusive-australian-government-breaks-silence-on-eu-associate-member-pipe-dream). En effet, aucun pays anglophone ne peut s’imaginer dans une relation avec des pays ou des blocs dont elle ne tire pas les ficelles.
*
Sur le dossier ukrainien, l’ensemble anglo reste d’ailleurs remarquablement cohérent. L’Ukraine fut, avant la France, l’Allemagne ou Bruxelles, la première destination du socialiste Andy Burnham après son accession au poste de Premier britannique en juillet 2026. Indication on ne peut plus claire sur ses priorités. Le Canada de Carney – au pouvoir depuis avril 2025 – reste complètement aligné sur la position du Royaume Uni, qui n’a pas changé depuis Boris Johnson et le socialiste Starmer. L’Ukraine fut également parmi ses premières visites à l’étranger après son avènement11.
Nous pouvons envisager ces développements sous trois angles différents :
Les dirigeants de l’UE, même les plus réservés sur le dossier ukrainien, et les plus méfiants vis-à-vis des USA de Trump, aveugles sur les manipulations dont ils ont été l’objet depuis au moins 2004, restent aimantés par l’anglosphère. Oubliant la trahison de l’AUKUS12 (Australie, Royaume Uni, USA) leur stratégie d’alliance avec les puissances moyennes de Carney fait de nouveau d’eux les jouets des Cinq grandes yeux et oreilles, et les condamne à devenir une province du Commonwealth et de l’Empire. Pire : si les Démocrates gagnaient les prochaines élections présidentielles étasuniennes, il est plus que probable que les USA rejoignent l’ensemble rêvé par Metsola. Le plan d’un de mes professeurs de Science Po à l’Université de La-Nouvelle-Orléans – « We are for the United States of Europe if we are members of them » – serait alors pleinement réalisé, risquant de nous entraîner du côté des perdants dans la vision uni-polaire et manichéenne que se fait l’anglosphère de l’univers et de l’histoire.
Les frugaux veulent mettre l’UE, et donc le Sud, au régime
Les États «frugaux», connus pour leur orthodoxie budgétaire en Europe, font de nouveau parler d’eux. Dans une tribune parue sur Politico, les chefs de gouvernement de l’Allemagne, des Pays-Bas, du Danemark, de l’Autriche et de la Finlande ont appelé à réduire «de plusieurs centaines de milliards d’euros» le budget pluriannuel de l’Union européenne, censé couvrir la période allant de 2028 à 2034.
Présenté en juillet dernier par la Commission européenne, le texte prévoit près de 2 000 milliards d’euros de dépenses sur sept ans, un volume en hausse de 60 % par rapport au budget ayant couvert la période allant de 2021 à 2027. Près de 865 milliards d’euros seraient consacrés aux politiques régionales et agricoles, tandis que 409 milliards iraient à la compétitivité, à la recherche et à l’innovation, notamment dans les technologies stratégiques. Le projet prévoit par ailleurs jusqu’à 100 milliards d’euros pour soutenir l’Ukraine sur la période. (https://www.lefigaro.fr/conjoncture/cinq-pays-europeens-appellent-a-diminuer-de-plusieurs-centaines-de-milliards-d-euros-le-prochain-budget-de-l-ue-20260918).
Le C8, nouveau bloc européen de l’Est autour des Carpathes
L’UE depuis qu’elle a embarqué entre 1991 et 2004 la majorité des Pays de l’Est anciennement membres du Pacte de Varsovie, a vu plusieurs tentatives de regroupement régionaux de ces pays. Les plus connus sont : le groupe de Visegrad et l’Initiative des Trois Mers. C’est par le biais de cette dernière dont l’Ukraine est avec la Moldavie, membre associé, que Zelensky vient récemment d’essayer une fois de plus de forcer la porte de l’UE en y « créant » un sous-groupe nommé les 8 des Carpathes.
Gemini sur Visegrad et l’Initiative des Trois Mers :
Le Groupe de Visegrád (V4) et l’Initiative des Trois Mers (ITM) sont deux alliances régionales majeures d’Europe centrale et orientale, nées à des époques différentes mais partageant la volonté de renforcer le poids de cette région face aux puissances historiques de l’Est et de l’Ouest.
1. Le Groupe de Visegrád (V4) : L’intégration post-communiste
Le Groupe de Visegrád a été fondé le 15 février 1991 dans la ville hongroise de Visegrád par les dirigeants Lech Wałęsa (Pologne), Václav Havel (Tchécoslovaquie) et József Antall (Hongrie).
- Origine et symbole : Le choix du lieu fait référence au Congrès de Visegrád de 1335, où les rois de Pologne, de Bohême et de Hongrie s’étaient réunis pour créer de nouvelles routes commerciales et contourner Vienne.
- Objectifs initiaux : À la suite de l’effondrement du bloc soviétique et du Pacte de Varsovie, le but principal était de s’entraider pour sortir définitivement de l’orbite de Moscou et orchestrer l’intégration de ces pays au sein de l’OTAN et de l’Union européenne.
- Évolution : Composé à l’origine de trois pays, il est devenu le « V4 » le 1er janvier 1993 lors de la division pacifique de la Tchécoslovaquie entre la République tchèque et la Slovaquie.
- Positionnement récent : Une fois entrés dans l’UE en 2004, le V4 s’est progressivement transformé en un bloc de pression politique interne à l’Europe, affichant des positions souverainistes, opposées aux quotas migratoires obligatoires (crise de 2015) et sceptiques face au fédéralisme bruxellois.
2. L’Initiative des Trois Mers (ITM) : Le désenclavement et la géopolitique moderne
Lancée en 2016 lors de son premier sommet à Dubrovnik (Croatie) sous l’impulsion de la Pologne et de la Croatie, l’Initiative des Trois Mers est un forum beaucoup plus large, axé sur les infrastructures.
- Origine et concept : L’ITM s’inspire du concept historique de l’Intermarium (l’« Entre-deux-mers »). Imaginé dans l’entre-deux-guerres par le maréchal polonais Józef Piłsudski, ce projet visait à créer une fédération de pays allant de la Baltique à la mer Noire pour contrer les ambitions expansionnistes de l’Allemagne et de l’URSS.
- Géographie et membres : Le réseau réunit aujourd’hui 13 États membres de l’UE situés entre trois mers (la Baltique, l’Adriatique et la mer Noire / mer Égée avec l’adhésion de la Grèce) : l’Autriche, la Bulgarie, la Croatie, l’Estonie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, la Roumanie, la Slovaquie, la Slovénie, la Tchéquie et la Grèce. L’Ukraine et la Moldavie y sont associées en tant que partenaires.
- Objectifs modernes : Contrairement au V4 très politique, l’ITM est avant tout une plateforme économique et stratégique. Elle vise à développer un axe de transport et d’énergie Nord-Sud (comme l’autoroute Via Carpatia ou des terminaux de gaz naturel liquéfié) pour rattraper le retard structurel par rapport à l’Europe de l’Ouest et couper la dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie. L’initiative bénéficie dès le départ d’un fort soutien financier et diplomatique des États-Unis, qui y voient un levier de sécurité transatlantique face à Moscou.
Comparaison des deux groupes
| Critère | Groupe de Visegrád (V4) | Initiative des Trois Mers (ITM) |
|---|---|---|
| Date de création | 1991 | 2016 |
| Nombre de membres | 4 (Pologne, Hongrie, Tchéquie, Slovaquie) | 13 pays d’Europe centrale et orientale (membres UE) |
| Périmètre géographique | Europe centrale stricte | De la Baltique à la mer Noire et à l’Adriatique |
| Objectif principal | Politique : Sortie du communisme, puis souverainisme au sein de l’UE | Économique & Sécuritaire : Infrastructures énergétiques, numériques et de transport Nord-Sud |
| Situation actuelle | Très fragilisé par les fractures internes, notamment l’opposition entre la Pologne (pro-Ukraine) et la Hongrie/Slovaquie (plus proches de Moscou). | En pleine expansion logistique et stratégique, renforcée par la nécessité pour l’Europe de l’Est de s’isoler totalement du gaz russe. |
Les huit des Carpathes (C8) imaginés par Zelensky comprendraient 6 pays membres de l’UE – Roumanie, Pologne, Slovaquie , République Tchèque , Autriche et Hongrie – ainsi que la Serbie et l’Ukraine13.
Heureusement les Européens de l’Est, qu’ils soient russophiles ou russophobes, n’avalent pas aussi facilement les couleuvres que les centristes politiquement corrects de l’Ouest. À peine lancé, le char C8 perd déjà deux roues, la Hongrie et la République tchèque, que Zelensky, toujours prompt à prendre ses désirs pour des réalités, avait inscrit au nombre des joueurs sans leur demander leur avis. D’après Euractiv (23 septembre, 2026). Le Premier Magyar a déclaré que « la Hongrie avait de bonnes raisons de rester en dehors et la République Tchèque a également décliné l’offre14:
Par ailleurs, les contributeurs principaux, dont l’UE commencent à admettre que l’Ukraine est un panier percé :
(Euractiv, 22 septembre, 2026) : Près d’un mois après l’annonce par l’Ukraine d’un déficit budgétaire de 27 milliards de dollars (23,5 milliards d’euros), l’UE n’est pas plus près de trouver comment combler ce déficit – ni de déterminer son ampleur réelle.
Certains pays européens se montrent réticents face aux demandes de fonds supplémentaires, qui font suite à une série de démissions et de limogeages de responsables gouvernementaux sur fond d’allégations de corruption. D’autres mettent en avant les attaques aériennes et le blocus naval de la Russie, ainsi que les contributions financières inférieures aux prévisions des autres pays occidentaux.
Selon les analystes, la situation s’est aggravée du fait que Kiev n’a pas adopté les réformes nationales liées aux programmes de prêts de l’UE et du FMI, ce qui empêche le versement cette année d’une aide potentielle pouvant atteindre 29,5 milliards de dollars (25,7 milliards d’euros)15.
Discussion
Les centres de pouvoir de l’UE, France, Allemagne et Commission restent aimantés par le Nord anglophile, l’anglosphère et l’OTAN.
Bien que la France, par son histoire et sa géographie, chevauche la frontière invisible qui sépare le Nord du Sud méditerranéen de l’Europe, Sarkozy, Hollande et Macron, on clairement cédé à l’attraction du Nord anglophile et de l’idéologie néo-libérale, contrastant avec l’eurasianisme traditionnels des dirigeants français depuis De Gaulle et jusqu’à Chirac.
L’Allemagne est également partagée entre un Nord protestant plus indulgent pour le néo-libéralisme, et un Sud catholique, ainsi qu’entre un Ouest libéral et un Est marqué par 45 ans d’un marxisme dogmatique. L’anglophilie de beaucoup d’Allemands, que ce soit à l’Est ou à l’Ouest, reste cependant conjoncturelle. Si les Allemands se départaient du mélange de ressentiment et de condescendance typique des Nordiques à l’égard du Sud, les intérêts de la balance commerciale de RDE devraient clairement la faire pencher vers le Sud. Ressentiment, car après avoir reçu écriture, et l’essentiel de sa « haute » culture du Sud et de l’Ouest, elle resta jusqu’au 16e siècle arriérée par rapport à l’Europe méditerranéenne et atlantique. Ce ressentiment s’exprima pour la première fois avec la Réforme luthérienne. Condescendance, mêlée d’envie pour le style de vie d’un Sud, dispendieux, et resté « païen » sous le verni du catholicisme charriant, comme des fossiles, des attitudes et réflexes culturels marqués au coins du paganisme gréco-romain. Ce Sud cependant reste pour le Nord « parvenu », un modèle. C’est vers le Sud plutôt qu’en Scandinavie ou dans les Pays baltes que les Allemands voyagent et passent leurs loisirs. Ce Sud qui cependant refuse de n’être que cela : une terre de vacances pour les Nordiques et l’anglosphère.
Est-ce le caractère plus détendu du Sud, voire son « complexe de supériorité », qui explique une passivité un peu dédaigneuse face aux multiples initiatives du Nord devenu dominant ? Et son incapacité à formuler une conscience propre transcendant les intérêts particuliers de chacune des antiques nations qui le composent ?
Avec les avancées des extrêmes, droite et gauche, en Allemagne et en France des perspectives nouvelles s’ouvrent : aux récents succès de l’Afd en Saxe-Anhalt, au Mecklenburg, de Die Linke à Berlin, s’ajoutent les chances de voir le RN l’emporter aux prochaines présidentielles françaises, les Insoumis se placer en seconde position, les extrêmes allemands et français accéder au pouvoir, détrôner la présente Commission et voter la levée des sanctions frappant la Russie ainsi que l’arrêt du soutien à l’Ukraine, voire la reconstruction de Nord Stream et la reprise des achats de pétrole et de gaz russes.
Cela signifierait un retour aux conditions qui ont, de 1945 à 2020, assuré à l’Europe et à l’UE une croissance ininterrompue accompagnant depuis le début du siècle le développement de ses échanges avec la Russie et de ses relations avec la Chine. Ces conditions prévalurent jusqu’à l’avènement de Joe Biden en 2021, bientôt suivi de l’invasion de l’Ukraine par la Russie et l’explosion de Nord Stream.
L’affrontement entre les extrêmes gauche et droite qui accompagna la montée du nazisme et du fascisme dans les Années Trente n’est pas une fatalité. On a vu en Europe de l’Est, entre autre en Slovaquie et en République tchèque (https://fr.euronews.com/embed/2926148) des collaborations ponctuelles sur certains sujets, et même des coalitions, entre les extrêmes, sans dérapages violents. Au Nord, on voit les sociaux-démocrates scandinaves et néerlandais prendre sur la migration illégale des positions pragmatiques. Après cinquante ans d’hégémonie des gauches et droites du Centre, on peut envisager une inversion des pôles politiques européens où les centres se retrouveraient aux extrêmes et les extrêmes voisinant au centre ? Les perspectives d’ « excursions magnétiques » en politiques, et d’ alliances des extrêmes, pourraient-elles pousser l’establishment européen à des attitudes moins dogmatiques et au compromis avec la Russie et la Chine, sans oublier l’Iran.
Le Monde (26 septembre 2026) annonce que après sa victoire électorale en Saxe-Anhalt l’Afd accepte la main tendue du BSW « gauchiste nationaliste » :
Vendredi 25 septembre, l’AfD a … obtenu de modifier la façon dont les élus siègent dans l’hémicycle régional. Contrairement à la tradition, les députés de l’AfD seront assis au centre, ainsi que ceux du BSW, petit parti de gauche nationaliste emmené par Sahra Wagenknecht, ex-élue de la formation de gauche radicale Die Linke, qui disposera de cinq élus, et avec lequel l’AfD entend travailler. Les Verts de Die Grünen seront placés à l’extrême droite, à côté du parti conservateur Union chrétienne-démocrate (CDU) du chancelier Friedrich Merz, tandis que Die Linke restera à l’extrême gauche. D’après Gemini :
- Die Linke : Place ses 8 députés à l’extrême gauche de la salle.
- SPD : Vient juste à la droite de Die Linke avec 8 sièges.
- BSW (Bündnis Sahra Wagenknecht) : Place ses 5 députés au centre-gauche, directement à gauche de l’AfD.
- AfD (Alternative pour l’Allemagne) : Se décale de l’extrême droite vers le centre de l’hémicycle en raison de son nouveau statut de première force politique (39 sièges).
- CDU : Se trouve désormais au centre, entre l’AfD et les Verts.
- BÜNDNIS 90/DIE GRÜNEN : Siège de l’autre côté à l’extrême droite de l’hémicycle avec 8 sièges
L’Europe entre pessimisme, espoir et optimisme
D’après une enquête du service des relations extérieures de l’UE, les Européens s’ils sont de plus en plus pessimistes par rapport à l’UE, ne le sont pas sur l’Europe et son avenir. Voir https://fr.euronews.com/embed/2926148.
Indices annonceurs d’une évolution en ce sens
– Confirmation des visées impérialistes des USA dans l’hémisphère occidental
Les visées trumpiennes sur les deux sous-continents américains, au Nord sur le Canada et le Groenland16, au Sud sur les Amériques centrales et du Sud trahissent probablement d’anciennes arrière-pensées, également partagées par certaines fractions démocrates, pouvant refaire surface à tout moment au gré des avatars de la politique et de la géopolitique américaine.
– Délitement des alliances abrahamistes au MO
Suite au double blocus du Golfe arabo-persique par les USA et par l’Iran, au contrôle de la Mer rouge par les Houthis, à la vulnérabilité du pipeline de Yanbu aux attaques des Houthis, les élites saoudiennes et les états du Golfe pourraient remettre le rôle et la politique du prince héritier MBS, voire la dynastie al Saoud, et l’idéologie abrahamiste, laissant Israël complètement isolé au Moyen Orient. Ce qui laisserait ouverte la porte à un glissement de toute la péninsule dans l’orbite asiatique, iranienne, chiite, chinoise et extrême-orientale.
– L’échec du projet Carpathes s’ajoute aux autres indices de perte de crédit du régime Zélensky tant auprès de son premier parrain, les USA, que de ses victimes européennes.
– Perte de crédibilité de l’ensemble polono- balte
- Malgré la tentative de veto de la Lituanie, La France et le Luxembourg obtiennent de l’UE que les oligarques russes …. soient retirés de la liste des sanctionnés russes
- Euractiv (23 septembre, 2026) rapporte que l’accord sur les sanctions contre la Russie obtenu malgré une « certaine fatigue », « prolonge de trois ans les sanctions à l’encontre de personnes et d’entités proches de la Russie » mais il retire « Ousmanov et Fridman, tous deux sanctionnés depuis 2022, de la liste noire de l’Union. Il fait suite à plus d’une semaine de bras de fer diplomatique après la demande de Paris de retirer Ousmanov de la liste pour des raisons de « sécurité nationale ». Le Luxembourg militait depuis longtemps en faveur du retrait de Fridman de la liste. … La Lettonie, l’Estonie et la Lituanie s’apprêtent à imposer des sanctions nationales à l’encontre d’Alicher Ousmanov et de Mikhaïl Fridman, après le retrait par l’UE des deux oligarques russes de sa liste noire.»
- (Ibid.) : Le département dirigé par l’Estonienne Kaja Kallas est réduit à « un squelette » :
- Le Service européen pour l’action extérieure (SEAE), dirigé par la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas, devrait survivre à une réorganisation imminente. Les responsables préviennent toutefois qu’il pourrait être réduit à sa plus simple expression.
- Le SEAE conservera la responsabilité des 145 délégations de l’UE à travers le monde, mais on ignore combien d’entre elles resteront dotées d’un effectif complet. Leur financement dépendra en partie de l’issue des négociations sur le budget de l’Union pour la période 2028-2034.
Un responsable impliqué dans les négociations budgétaires a indiqué que les relations extérieures, y compris le réseau de délégations du SEAE, figureraient parmi les premiers domaines touchés si les gouvernements décidaient de réduire les dépenses.
La plupart des fonctionnaires du SEAE concernés par la réorganisation devraient être réaffectés à d’autres services de la Commission européenne, selon un responsable de la Commission. « Le SEAE sera un squelette d’ici deux ans », a déclaré ce responsable à Rapporteur.
Des diplomates ont indiqué que les pressions exercées par l’Allemagne et d’autres pays de l’UE pour réduire les coûts administratifs sont à l’origine de ces coupes, et que les tensions avec Ursula von der Leyen au sujet du contrôle de la politique étrangère constituent un autre facteur. « Kallas ne s’est pas aidée non plus », a déclaré un diplomate, faisant référence à une série de gaffes, notamment la comparaison entre Israël et l’Afrique du Sud de l’époque de l’apartheid ».
Réduction du budget de l’UE et consolidation d’un bloc sudiste
Les prochains mois sont riches de nids de poules, de Charybdes et Scyllas pour la Commission VDL-KK, prise entre les perspectives de réduction de deux tiers de son budget, ses ambitions globalisantes, sa détermination à continuer à financer le régime Zelensky et le complexe militaro-industriel américano-scandinave au prix du niveau de vie des populations de l’UE. Gonflée de wishfull thinking, l’UE ressemble de plus en plus à la Grenouille de La Fontaine voulant se faire aussi grosse que le bœuf paissant dans son marécage, jusqu’à éclater.
En 2024 déjà « Les gouvernements nationaux [avaient] réduit l’abondement du budget de l’UE jusqu’en 2027 d’un objectif initial de 100 milliards d’euros à 65 milliards d’euros 17»
Le budget de l’UE pour le cycle 2014-2020 avait atteint 1064 milliards, et pour 2021-2027, 2070 milliards. Alors que tous les indicateurs sont au rouge la Commission propose une réduction de 2 % pour le ramener à 2000 milliards, Les Six frugaux – Allemagne, Autriche, Danemark, Norvège, Pays-Bas, Suède – exigent de réduire le budget de l’UE de plusieurs centaines de milliards.
Pour l’exercice 2028-2034 la Commission propose 18 :
865 milliards d’euros (près de la moitié du budget) à contribuer à combler l’écart entre les régions d’Europe
- 409 milliards d’euros à rendre l’Europe plus compétitive dans l’économie mondiale
- 49 milliards d’euros à investir dans l’éducation (Erasmus +) et à promouvoir les valeurs démocratiques (AgoraEU)
- 200 milliards d’euros à établir des partenariats plus solides avec le reste du monde
Dans une tribune, les chefs de gouvernement de l’Allemagne, de l’Autriche, des Pays-Bas, de la Finlande et du Danemark qualifient de «pas réalistes» les ambitions budgétaires de Bruxelles pour les six ans à venir.
Les États «frugaux», connus pour leur orthodoxie budgétaire en Europe, font de nouveau parler d’eux. Dans une tribune parue sur Politico, les chefs de gouvernement de l’Allemagne, des Pays-Bas, du Danemark, de l’Autriche et de la Finlande ont appelé à réduire «de plusieurs centaines de milliards d’euros» le budget pluriannuel de l’Union européenne, censé couvrir la période allant de 2028 à 2034.
Présenté en juillet dernier par la Commission européenne, le texte prévoit près de 2 000 milliards d’euros de dépenses sur sept ans, un volume en hausse de 60 % par rapport au budget ayant couvert la période allant de 2021 à 2027. Près de 865 milliards d’euros seraient consacrés aux politiques régionales et agricoles, tandis que 409 milliards iraient à la compétitivité, à la recherche et à l’innovation, notamment dans les technologies stratégiques. Le projet prévoit par ailleurs jusqu’à 100 milliards d’euros pour soutenir l’Ukraine sur la période.
Une enveloppe totale «tout simplement pas réaliste, ni sur le plan économique ni sur le plan politique», estiment les dirigeants des cinq États «frugaux», a fortiori « à un moment où les finances publiques de plusieurs États membres suscitent de vives inquiétudes ». Ils réclament en conséquence «une réduction équilibrée de la proposition de la Commission, à hauteur de plusieurs centaines de milliards d’euros».
Le projet est, à leurs yeux, «trop axé sur des subventions et des transferts alloués en grande partie à l’avance», au détriment des investissements dont l’Europe a, selon eux, «un besoin urgent» dans la sécurité et la défense, la compétitivité et l’innovation, mais aussi dans la lutte contre l’immigration clandestine. Les cinq dirigeants demandent enfin qu’«aucune augmentation» du nombre de fonctionnaires européens ne soit décidée d’ici à 2034.
Les négociations sur le prochain budget pluriannuel de l’Union européenne devraient rapidement s’intensifier cet automne, avec un premier rendez-vous majeur lors du Conseil européen du 15 octobre 2026. Les Vingt-Sept visent un accord politique avant la fin de l’année, qui ouvrirait la voie à la finalisation du texte et à son examen par le Parlement européen en 2027. Une fois adopté, le nouveau cadre financier entrerait en vigueur le 1er janvier 2028.
Résumé de Gemini sur le prochain budget de l’UE (2028-2034)
💡 Les points clés du débat budgétaire
- 📈 Proposition initiale :
- ⚠️ L’ultimatum des « frugaux » :
- 🔎 Redirection des priorités :
Comment interpréter que les autorités hongroises aient informé Bruxelles de leur intention de limiter leur demande de prêt en fonds de financement de défense (SAFE) à 5,4 milliards au lieu des 16,4 milliards demandés sous Victor Orban, et que l’Italie de même demande 8 milliards au lieu de 14,9 milliards pour le même poste ? Les bénéficiaires de ces prêts doivent en dépenser 65 % en achat d’armes produites par des pays membres de l’UE, de l’EEA, ou de l’EFTA, et 35 % en achat de pays tiers19. Cela veut-il dire que Magyar et Meloni se sentent moins menacés par la Russie que la Commission, l’OTAN et les media veulent nous le faire croire ?
Couper dans le budget de la PAC ? Des fonds de cohésion ? Ou des personnels de l’UE, y compris diplomatiques ou des ONG subventionnées ?
Rappelons que trois des cinq principaux bénéficiaires de la PAC – la France, l’Italie, l’Espagne – sont dans le Sud, et que l’Allemagne en fait aussi partie. Les frugaux préféreraient financer l’Ukraine es dépenses de sécurité et défense dans la Baltique et dans l’Arctique mais ils aiment aussi envoyer des ambassadeurs tous azimuts dans une des 145 représentations de l’UE dans le monde. Voir à ce sujet le la perle de Politico du 22 septembre 2026 :
The Irish presidency of the Council of the EU, which is steering the budget talks and preparing the document, has urged ministers to put their cards on the table during the General Affairs Council. “Member states must now begin to identify where they may be able to compromise,” Ireland wrote in the preparatory note seen by Playbook. But with the debate being livestreamed, ministers are unlikely to be candid.
L’avantage de Politico sur Grand Continent est sa relative lucidité par rapport à ce que sont devenues les institutions de l’UE sous la houlette de la Commission VDL-KK, alors que Grand Continent tente de nous intéresser en un possible projet européen – un « grand continent » – qui n’est en fait que la projection d’une Europe telle que la rêve l’anglosphère : un grand « level playing field » pour les investissements du monde libre, une Russie cassée en petits morceaux pour pouvoir mieux piller les ressources en terre rares de la Sibérie, et « contenir » les ambitions de la Chine dans l’Extrême-Orient sibérien et le Pacifique Nord.
Autres perles tirées du Politico du 25 septembre 2026
Sur le dossier de la sécurité et de la défense européennes, trois ou quatre protagonistes tentent de s’arracher la couverture :le moteur franco-allemand qui voudrait former une dyarchie en charge de la politique étrangère et de la défense de l’UE, la Commission qui voudrait devenir leur égale en acquérant des compétences en ces matières, l’EEAS de Kaja Kallas qui à défaut s’arroger de le monopole en ces matières cherche à en conserver ce se qu’elle peut. A l’image de son complice Zelensky, KK demande trop dans l’espoir d’obtenir beaucoup. C’est ainsi que sur le prochain budget, la Lettonie, Lituanie et Estonie demandent ensemble un demi milliard d’euros libérés au détriment de la PAC, des programmes de cohésion, des sécurités sociales, et des régimes de pensions des fondateurs de la CE et de l’UE.
Ces pays, parmi les contributeurs les plus modeste au budget du régime Zelensky, voudraient donc voir l’OTAN et l’UE s’engager d’avantage dans la défense des frontières orientales de l’UE, c’est-à-dire dans une confrontation avec la Russie. À ces attentes un officiel de l’UE répond que le rôle de l’UE consiste à aider les pays membres à atteindre leurs objectifs en matière de défense, non à leur dire comment se défendre. Au mieux peut-elle installer des systèmes électroniques de détection rapide des menaces « plutôt que (sic et LOL) de les apprendre de Politico »20.
De toutes manières, pourquoi tout ce stress ? Tout est impermanent même notre Grosse Boule… Comme disait Lévy Strauss : « La terre existait avant l’homme et continuera d’exister après sa disparition ». Admettons simplement que cela serait dommage qu’une aventure commencée il y a seulement trois millions d’années dans les savanes et les hautes plateaux d’Afrique de l’Est se termine prématurément du fait de 0,01 % de primates au striatum sur-développé vivant pour la plupart en Amérique du Nord et ayant délégué le plus stupide d’entre eux pour tenter de hijacker la planète et s’emparer du gouvernail de la Conscience universelle émergente…
The sudden rush of political activity reflects wider unease: In a POLITICO Poll, carried out by Public First, majorities in France, Germany, Spain, the U.K., Canada and the U.S. said there was at least a “moderate” risk of annihilation, Hanne Cokelaere writes.
Conclusion : vers une coalition de l’Europe du Sud
Europe du Sud, plutôt que « méditerranéenne », car nous y plaçons également la Belgique et la Suisse, ainsi que l’Autriche, la Hongrie, la République tchèque, la Slovaquie, la Roumanie et la Bulgarie.
Sans préjuger de l’évolution des structures de l’UE après les élections française, allemandes et européennes de 2027 et 2029, à cette Europe du Sud, nous devons ajouter les Six des Balkans occidentaux, où l’influence des BRI, des BRICS se confirme21. Parmi ces six – Albanie, Bosnie Herzegovin, Kosovo, Montenegro, Macedoine, et Serbie – aucun ne fait partie des BRICS cependant que la Serbie l’envisage. Cinq d’entre eux ont signé des accords dans le cadre des BRI.
Seule une coalition des puissances méridionales peut arracher l’Europe à l’emprise d’une anglosphère déterminée à contrôler et domestiquer ce qu’elle considère comme son berceau, sans clairement le distinguer de sa vision « abrahamiste » du Moyen Orient.
Il est douteux que le refus des néo-conservateurs étasuniens de laisser tourner la roue de l’histoire, la figeant à 1989 lorsque l’ultra néo-libéral Fukuyama envisageait l’apothéose du capitalisme US comme la Fin de l’Histoire, pétillante parousie consumériste à l’américaine, douteux donc que cela soit dans l’intérêt de l’espèce humaine. Ou même de cet Occident global qui va de la Californie au Golfe arabique en passant par Israël. Il est encore moins dans l’intérêt de l’Europe méditerranéenne. Celle-ci partage avec le Moyen Orient et l’Asie de l’Ouest et du Sud, plus de 3500 ans d’histoire. À la vision passéiste des néoconservateurs – néolibéraux étasuniens, des nostalgiques de l’Empire britannique, et de leurs pantins polono-balto-scandinaves, les indices d’imperméabilité, sinon de résistance, sont dans le sud déjà nombreux.
À l’Occident global, le Moyen-Orient abrahamiste est déjà en train d’échapper. Le glissement sensible de l’Afrique du Nord, de l’Égypte et des États de la péninsule arabique vers les BRICS semble difficile à inverser. Ce glissement n’a d’ailleurs pas échappé aux élites de Bruxelles qui faute de plus pouvoir intimider ou menacer ses partenaire du Sud Global se voit obligées de recourir à l’entrisme22. Cette évolution pourrait conférer au Sud, frontière mais aussi passerelle ancienne entre le MENA et l’Europe, plus de poids au sein de l’UE, permettant de soustraire le noyau franco-allemand à l’orbite atlantiste.
Même les Suisses
Les Suisses, qui portant viennent de voter contre un renforcement de leur neutralité constitutionnelle23 préfèrent désormais, au départ de Genève, voler vers la Chine plutôt que vers les Etats-Unis.
« C’est un moment de bascule. Pour la première fois, cet été, les passagers à destination de la Chine sont plus nombreux que ceux vers lesÉ
tats-Unis. Il est question d’offre. Mais aussi de séduction. La Chine devient-elle plus cool que lesÉ
tats-Unis?, s’interroge Frédéric Koller »24.
L’Europe est variée et, grâce aux intrigues de l’anglosphère, elle est tellement divisée, que sur le sujet d’une communauté d’identité et d’intérêts du Sud, til est toujours possible d’argumenter sur des vétilles. Résumons les points de vue développés ci-dessus pour en donner la fameuse Big Picture dont sont friands nos amis d’Outre Atlantique :
Les Pays du Nord tels que je les ai circonscrits – pays scandinaves, Finlande, Pays Bas, Pologne et Pays Baltes :
– bien que parmi contributeurs les plus modestes au régime de Zelensky, poussent à la continuation et à l’augmentation du budget pan-européen à son soutien au régime Zelensky, fût-ce au prix de la ruine du crédit de la Belgique, par le dégel des fonds russes détenus par Euroclear à Bruxelles.
– trois d’entre eux au moins – le Danemark, la Norvège, la Pologne et sans doute la Finlande sont complices de l’Ukraine et des USA en vue d’exploser North Stream, explosion qui a surtout affecté les économies de l’Allemagne et du Sud de l’Europe.
– font de l’opposition à la mutualisation des dettes des pays membres de l’UE un article de foi.
– cherchent à réduire le budget de la PAC (politique agricole commune, dont les principaux bénéficiaires sont la France, l’Espagne, l’Allemagne et l’Italie), et des Fonds de cohésion régionale, dont le Sud a reçu le double (28 005 Mio) du Nord (14 551 Mio) pour la période 2021-202725.
– achètent leurs armes aux USA
Il devrait être évident aux yeux de tous les pays du Sud, y compris de la France et de la Belgique, que leurs projets de société et leurs intérêts à court autant qu’à long termes divergent radicalement de ceux du Nord. Si le Nord est plus riche, le Sud a mieux rebondi après le covid, et est moins dépendant des énergies russes. Il a au cours des dernières années crû plus rapidement. Le vent pourrait cependant tourner, et s’il veut éviter d’être « re-colonisé » par le Nord, les pays du Sud ne devraient pas trop tarder à faire comprendre à l’Allemagne, qu’étant en Europe ses clients principaux, la République fédérale devrait éviter de les obliger à choisir entre elle-même et la Chine26. Chine dont par ailleurs la République fédérale refuse de se couper car leurs économies sont déjà trop étroitement imbriquées. Chine aussi dont les installations portuaires ponctuent déjà la façade sud du sous-continent.
1Le Balpolscand ?
2After Donald Trump returned to the White House and ended U.S. funding this year, Europeans increased their contributions — but not by enough to fill the gap. … So the EU’s power players had to find another source to raise the money for Ukraine. … The Kiel Institute has been tracking support for Ukraine since the start of Putin’s full-scale invasion in 2022. Its latest update reveals the holes that European nations are leaving in Kyiv’s finances. In a report earlier this month, Kiel analysts said new aid allocations in 2025 might drop to their lowest level since the outbreak of the war in 2022, and were on track to fall far short of what is needed to plug the gap left by America’s withdrawal.
At the same time, the split in contributions between European coanduntries widened. While France, Germany and the U.K. significantly boosted their contributions to Ukraine, Nordic countries like Sweden, Norway and Denmark remained far ahead in terms of the percentages of GDP they spend. Italy and Spain, however, “contributed very little,” the Kiel Institute said. That same dynamic was on display in the run-up to the summit. Southern EU countries joined Belgium in opposing the reparations loan plan, while Germany and the Nordics pushed hard for it to go through. Under the terms of the final summit deal, Hungary, Czechia and Slovakia won’t contribute to the funding plan to Ukraine at all. An EU of 27 member states turned into a gang of 24. … Perhaps most worryingly for Ukraine’s allies, voters in some of the EU’s biggest economies may be losing interest. A POLITICO Poll of 10,000 people in five Western countries found respondents in Germany and France were even more reluctant to keep financing Ukraine than people in the United States. In Germany, 45 percent said they would support cutting financial aid to Kyiv, while just 20 percent said they wanted to increase financial assistance. In France, 37 percent wanted to give less and 24 percent preferred giving more.Faced with splits between northern nations that are tiring of spending endless billions on Ukraine and others that never have done, Europe’s leaders opted for the easiest answer this week [at the December 2025 Summit]. And even that was almost too hard.
3Bien qu’étant représentée dans le Comité directeur du Groupe Bilderberg, la France ne joue pas un rôle important dans ce club qui sert surtout à connecter les pays scandinaves avec les Six fondateurs du Marché Commun. De ce groupe ne font partie aucun pays balkaniques, ainsi qu’aucun pays de l’Est ayant fait partie du Pacte de Varsovie.
4https://www.euronews.com/2023/04/03/ciao-hello-no-italys-right-wing-government-wants-to-ban-english-words-with-100000-fines
5https://www.pewresearch.org/global/2023/07/10/overall-opinion-of-russia/
6 https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A8glement_Dublin_II
7Voir Bloomberg 19/10/2025 et Politico 2 septembre 2026.
8Le lecteur peut trouver en annexe le texte intégral de ChatGPT
9“SWEDEN IS BACK”: Social Democrat leader Magdalena Andersson is poised to return as Sweden’s prime minister at the head of a new left-leaning government, and she says the EU has to use Russian assets frozen in Brussels to help Ukraine — arguing Belgium’s legal objections cannot be the last word.
Brussels Playbook Capitals caught up with Andersson in an exclusive interview on her new path for Stockholm’s foreign policy. Coalition talks are ongoing, but the broad direction is clear: Her left bloc won a narrow victory over incumbent Prime Minister Ulf Kristersson’s group on the right, including the far-right Sweden Democrats.
Raiding Russian assets: With EU discussions simmering about whether to try and grab Moscow’s frozen financial assets again, Andersson is adamant: “Take them, use them.” For “frugal” Sweden, this is “a better way” than adding to the EU’s multi-year budget. As for Belgium’s legal worries over seizing assets from its depository? “Solve the legal questions.”
Axing the veto: Andersson was PM until 2022, so she knows the frustration of European Councils when leaders like Hungary’s Viktor Orbán block key decisions requiring unanimity. “I think it should be qualified-majority” voting “on foreign policy,” she says. She aims to push this reform when EU procedures evolve as Ukraine and other countries join.
Welcome Canada? Andersson has known Canadian PM Mark Carney for years, as she was a finance minister when he was a central banker. “He’s doing a great job,” she says. It is clear Andersson supports closer ties and wants Europe to follow his lead.
“Standing up for Europe is something that we should do. I think that’s a good way to handle politicians like Trump,” she says. And Carney’s prescription for “middle powers” to work together chimes with Andersson’s analysis of what the EU must do to be “strong.”
Making new friends: She criticizes Kristersson for, in her view, focusing too much on the Baltic and ignoring “the global south,” where Europe needs allies. “I want my government to be active in the global scene. Sweden is back,” she said. “It’s good for the position of Europe in the world, but with all the global exporting companies, it’s also good for Sweden.”
10 https://youtu.be/bNmn07EBNLk?si=b1nyyPAyNRokb0en ; https://www.efsas.org/BRI%20in%20Europe%20-%20Study%20Paper-April%202024.pdf
11(https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2187714/carney-visite-ukraine-russie-zelensky-poutine) et (https://www.lapresse.ca/actualites/politique/un-an-de-mark-carney/le-grand-voyageur/2026-03-14/un-an-de-mark-carney/dix-sept-voyages-vingt-cinq-pays.php)
12Dans le cadre de l’accord AUKUS, la marine australienne prévoit l’acquisition de cinq sous-marins de classe SSN-AUKUS, basés sur des conceptions britanniques initiales pour remplacer les sous-marins de classe Astute, provisoirement nommés SSN(R), et intégrant des technologies américaines. Ces sous-marins seront construits par BAE Systems et ASC Pty. En outre, l’Australie acquerra trois sous-marins de classe Virginia des États-Unis. Cette décision marque également la fin de l’engagement antérieur de l’Australie à acquérir des sous-marins conventionnels auprès de la France, dans le cadre d’un contrat de 90 milliards AU$ (56 milliards d’euros) pour la construction de douze sous-marins de classe Attack. En 2022, une compensation de 555 millions d’euros sera versée par l’Australie pour rupture de contrat à l’industriel français Naval Group, aux termes d’un règlement amiable avec l’État français. Par ailleurs, le Premier ministre britannique Boris Johnson a souligné que « le projet AUKUS reposera sur six décennies d’expertise britannique dans la fabrication de sous-marins nucléaires » (https://fr.wikipedia.org/wiki/AUKUS).
; https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/aukus-le-recit-d-une-trahison-263799
13Ukrainian President Volodymyr Zelenskyy launched a new regional cooperation framework with seven neighbouring countries on Friday in an effort to stoke regional investment. The initiative, dubbed the « Carpathian Eight » (C8), brings together Ukraine, Romania, Serbia, Poland, Slovakia, the Czech Republic, Austria and Hungary, with the European Union also taking part. Member states will work together on security, energy, logistics, cross-border economic ties and support for local communities. « In the past, people often looked at the Carpathians mainly as a region of tourism, climate issues and support for local communities, » Zelenskyy said at the summit’s opening ceremony in Bukovel, western Ukraine. « Today, the Carpathians can and should become one of the key engines of economic growth, investment and energy exports. » He identified transport and logistics, military mobility, critical minerals, and trade and investment as priority areas of cooperation, adding that the region could serve as a European gateway for routes from the South Caucasus and Asia via the Black Sea. According to summit organisers, some 90 joint projects requiring an estimated €9.4 billion in investment were pitched to investors during the summit’s « Investment Lab ». Polish Prime Minister Donald Tusk, Serbian President Aleksandar Vučić and Romanian President Nicușor Dan were among those attending. While some participants U2013 including Poland and Romania – have been staunch supporters of Ukraine, others, such as Hungary, Serbia and Slovakia, have declined to provide direct military assistance. (https://www.euronews.com/embed/2926815).
14Magyar told parliament on Monday that Hungary had not joined the initiative despite receiving an invitation, saying Budapest had “good reasons” to stay out. He also ruled out the construction of the proposed Ukrainian fuel-storage facilities under his government. Hungary was nevertheless represented at the summit by a senior diplomat, although it did not sign the final declaration. Czechia also declined to endorse the founding document, leaving Ukraine, Austria, Poland, Romania, Serbia and Slovakia as signatories.
15Euractiv, 24 septembre 2026: « Ursula von der Leyen, the Commission president, met with Volodymyr Zelenskyy on the sidelines of the UN General Assembly in New York on Tuesday. While the Ukrainian president pushed for expedited deliveries of air defences, von der Leyen pressed Zelenskyy to deliver reforms to unlock EU funds, according to an official with knowledge of the meeting. Ukraine has yet to receive a combined €37 billion this year from the EU loan and the European Peace Facility. Yet, EU officials in Brussels are increasingly frustrated of slowing reform momentum in Ukraine. … But while front-loading might solve issues in the short to medium term, it boosts the impetus to find a long-term solution to Ukraine’s financial needs. “I think it is clear that Ukraine is running out of money more quickly than we thought,” Lausberg said.
16Bloomberg 24 septembre 2026 : Donald Trump … [signed a joint agreement] with Denmark and Greenland expanding US military access to the Arctic island he so publicly covets. Praised by Danish Prime Minister Mette Frederiksen as good for all sides, it fails to give US ownership but it ….broadens the 1951 Pact … to explicitly include defense of the American continent. US aircraft can fly over and land anywhere on Greenland, and its forces gain broad rights to move through its territory and waters. It also restricts potentially security-sensitive investments from countries outside the European Union, NATO and allies. Also on Tuesday, Trump …. met with Delcy Rodríguez in New York as her government deepens cooperation with Washington over the country’s oil industry. She then … [addressed the UNGA] in a striking illustration of her diplomatic rehabilitation, while her predecessor Nicolás Maduro sits in federal custody just miles away in Brooklyn after US forces captured him in Caracas in January.
17https://www.etuc.org/fr/node/24096 (ETUC European Trade Union Confederation, 2024)
18https://commission.europa.eu/topics/budget/eu-budget-2028-2034-explained_fr
19Hungarian authorities have informed Brussels that they intend to limit their request for an EU defence loan to €5.4 billion under the EU’s Security Action For Europe (SAFE) programme, European Commission spokesperson Thomas Regnier confirmed on Friday. The latest figure is less than half the €16.4 billion originally requested by former Hungarian Prime Minister Viktor Orbán.The original proposal was contested by Orbán’s successor, Péter Magyar, who took office in April. It is understood that Magyar wanted to reassess the original proposal over alleged corruption risks linked to the previous government. “We were always very clear with the new incoming Hungarian authorities and government that they would be able to take stock of the current situation, and they have now decided to take less than what we initially allocated to Hungary,” Regnier added. Meanwhile, the size of Italy’s SAFE defence loan was also confirmed on Friday, with Regnier stating that Italy has formally requested €8 billion under the programme. This is also roughly half of the €14.9 billion originally anticipated by the government of Italian Prime Minister Giorgia Meloni. The announcement comes after terse negotiations between Brussels and Rome over the allocation, which was never formally finalised but nevertheless caused consternation between the two capitals. The SAFE low-interest loan scheme was launched by Brussels last year to strengthen defence industries and military readiness across the bloc in response to the threat posed by Russia. The programme has a total funding envelope of €150 billion, which is to be distributed among 19 member states. SAFE forms part of the Commission’s Readiness 2030 plan, which aims to mobilise up to €800 billion in additional defence spending by the end of the decade. It places a particular focus on boosting the procurement of priority defence products. Under the programme, at least 65% of the value of the weapon system being acquired must be sourced from an EU member state, Ukraine, or a country belonging to the European Economic Area or European. Free Trade Association. The remaining 35% may be sourced from any third country. https://www.euronews.com/2026/09/25/hungary-dramatically-cuts-eu-defence-loan-request-under-new-government?
20“You work with people on defense, you don’t tell them how to defend themselves,” said a senior EU official, who argued the Commission would earn the support of capitals. “If threats fall under NATO, we have no role. But if they fall under member state competencies, there’s more of [a role] for the EU. It’s [also] about threat detection. If Estonia sees something coming over the border, there should be a system so everyone finds out rapidly, rather than everyone finding out from POLITICO.”
21Sur les investissements chinois en Serbie et en Hongrie voir https://youtu.be/bNmn07EBNLk?
22https://reseauinternational.net/les-brics-selargissent-et-bruxelles-change-de-strategie/
23« voters appear to have rejected a proposal to introduce a more rigid enforcement of the country’s neutrality principle — repudiating an idea which would have made imposing sanctions against Moscow more difficult » (https://www.linkedin.com/posts/politico-europe_swiss-say-no-to-hardening-neutrality-principle-activity) ; https://www.letemps.ch/
24Le Temps, 19 septembre 2026) : https://www.letemps.ch/
25https://www.europarl.europa.eu/factsheets/fr/sheet/96/le-fonds-de-cohesion
26The two-speed Eurozone economy remains a defining trend for 2026 and 2027. While Southern Europe continues to outpace the region’s core, the massive post-pandemic growth gap is beginning to narrow as structural headwinds catch up to the South and the North slowly stabilizes. [1, 2]
🔮 Growth Projections (2026–2027)
The macroeconomic outlook highlights a stark contrast between individual heavyweights. Spain is fundamentally driving Eurozone growth, while Germany struggles to crawl out of a deep industrial recession. [3, 4]
Country / Region2026 Forecasted GDP Growth2027 Forecasted GDP GrowthPrimary Economic CatalystSpain2.7%2.6%Immigration-led job creation, resilient domestic demandEuro Area Average1.0% – 1.2%1.2% – 1.4%Gradual recovery in real household wagesGermany0.9%1.1% – 1.4%Slow recovery in manufacturing and public fiscal spending
🗺️ Structural Drivers of the Divergence
📉 Northern Europe: The Stagnant Core
The North’s traditional manufacturing-heavy, export-oriented model has faced severe friction. [5]
- Industrial and Energy Shocks: Germany and Finland have been hit hardest by structural energy shifts and intense manufacturing competition from China. [1, 2, 6]
- Demographic Stagnation: Unfavorable demographics have led to flat or negative employment growth in major northern economies. [4, 7]
- The Silver Lining: Growth is expected to marginally re-accelerate into 2027 as German fiscal spending ramps up and intra-European exports slowly improve. [2, 6]
📈 Southern Europe: Fading Tailwinds
The South’s rapid outperformance—where economies like Spain, Greece, and Portugal grew significantly faster than the North between 2017 and 2025—is entering a trickier phase. [8, 9]
- The Cushion of EU Funds: Growth has been heavily subsidized by the European Commission’s Recovery and Resilience Facility (RRF). As this external funding starts to fade toward 2027, the South’s intense momentum will naturally wane. [2, 5, 8]
- The Productivity Ceiling: Long-term potential growth in Greece, Portugal, and Italy is fundamentally bottlenecked by structurally low productivity per hour worked. [10]
- Upcoming Fiscal Pressure: National elections across Spain, Italy, and Greece in 2027 coincide with the European Central Bank’s (ECB) ongoing quantitative tightening, which could widen sovereign bond spreads if fiscal discipline slips. [8]
Would you like to look closer at the productivity data behind this split, or evaluate the growth prospects of a specific southern economy like Spain or Italy?
[1] https://www.oxfordeconomics.com
[4] https://corporate.vanguard.com
[6] https://www.oxfordeconomics.com
[8] https://www.allianz-trade.com
[10] https://economic-research.bnpparibas.comPour une alliance de l’Europe du Sud
Vers une Méditerranée eurasiatique ?
Jacques Huynen
Master histoire orientale
DEA histoire des religions
BA anthropologie culturelle
Bruxelles, Octobre 2026
- L’Europe méditerranéenne et du Sud – le Club Med, dans le vocabulaire des élites de l’UE – pourrait, face au Nord, à l’anglosphère, et à l’ensemble balto-polono-scandinave,1 se vanter d’une histoire vieille de 3500 ans, comme le fit pour son pays le président iranien Masoud Pezeshkian lors de l’Assemblée générale de l’ONU du 23 septembre 2026. Il lui manque pour ce faire une conscience plus claire d’elle-même, de ses atouts et de sa force.
L’observateur peut depuis quelque temps déceler les indices sur certains dossiers, dont les sanctions frappant la Russie et l’aide à l’effort de guerre de l’Ukraine, d’un alignement progressif des pays du Sud de l’Europe, à l’Ouest comme à l’Est, sans pourtant que ces pays en aient clairement conscience.
Le plus évident parmi les plus récents est sans doute l’analyse des votes du dernier Sommet européen de décembre 2025 . De l’aveu même de Politico (19/12/2025) – un des observateurs extérieurs les plus lucides du fonctionnement des institutions de l’UE, même si pas le mieux intentionné2, après l’accession de Trump en janvier 2025 et son refus de continuer à financer le gouvernement Zelensky, le Sommet a démontré que en dehors de la France, de l’Allemagne et du Royaume Uni, les pays scandinaves revirent également à la baisse leur contribution. Les pays du Sud avaient jusque-là faiblement contribué à l’effort de guerre et se montraient peu disposés à venir à la rescousse.
Le Sud-Ouest, bien que soutenant l’Ukraine avec plus ou moins de véhémence, se range pourtant parmi ses contributeurs les plus modestes, cependant que le Sud-Est ne contribuera pas au plan de financement de 90 milliards sur le budget de l’UE consenti par le sommet en lieu et place du gel des avoirs russes. La récente victoire de l’Afd aux régionales de Saxe-Anhalt et de Mecklenburg, et de Die Linke à Berlin en septembre 2026 semble confirmer ces tendances et pourrait même laisser pressentir un possible basculement de l’Allemagne du Nord vers le Sud. Ce Sud où, d’ailleurs, se trouve la majorité de ses clients et de ses débiteurs. Le chancelier Merz parle de désastre : son parti, la CDU ne sera même plus représentée au Parlement de Berlin. S’il tient jusque-là, les prochaines élections fédérales devraient avoir lieu en février 2029, dans un peu plus de deux ans.
Une éventuelle victoire du RN et le maintien des Insoumis comme seconde force en France, l’année prochaine, serait sans doute décisive pour confirmer cette tendance. Cela voudrait dire que le cœur économique, industriel et financier, de l’UE rejoindrait le Sud dans son refus de soutien de l’Ukraine. Le bloc balto-polono-scandinave se retrouverait alors isolé. Remarquons par ailleurs que, parmi les plus chauds partisans de l’aide au régime de Zelensky, ni la Pologne, ni la Finlande, ni aucun des Pays baltes, ne figurent au rang des donneurs principaux. Seuls y figurent le Danemark et les Pays-Bas aux côtés de l’Allemagne, de la France et du Royaume Uni.
Cette pingrerie des Nordiques, déguisée en vertu, contraste grandement avec la ferveur de leur engagement militaire au sein de l’OTAN, n’ayant d’égale que celle des Royaume-Uni, leur tiédeur vis-à-vis du concept d’autonomie stratégique cher à Macron, et leur opposition résolue à toute solidarité européenne concrète impliquant harmonisation fiscale et mutualisation des dettes.
L’observateur lucide et sincère sera donc obligé d’admettre que l’UE s’est, depuis 2004, laissé parasiter par les vibrions de l’anglosphère.
Un Nord « sûr de lui-même et dominateur » ?
Dès 2015, peu de temps avant Maidan, avant même le Brexit, la Grande Bretagne formait avec les pays scandinaves membres de l’OTAN et les pays baltes une « alliance dans l’Alliance » : la JEF (Joint Expeditionary Force/ Force expéditionnaire conjointe). Illustration patente de l’extraordinaire capacité des Britanniques de penser deux ou trois coups à l’avance face à un Sud myope, incapable de se poser en sujet, réagissant aux événements, les subissant plutôt que de les susciter.
Suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie, répondant aux provocations de certains pays membres de l’OTAN , particulièrement du Royaume-Uni en la personne de Boris Johnson, et à la décision de la Suède et de la Finlande de rejoindre l’Alliance atlantique, on voit se consolider au sein de la branche européenne de l’OTAN et de l’UE, une conscience nord-européenne spécifique.
Cette identité propre s’est particulièrement incarnée dans l’Alliance nordique. Celle-ci désigne principalement le NORDEFCO (Nordic Defence Cooperation), un programme de collaboration militaire et de défense unissant le Danemark, la Finlande, l’Islande, la Norvège et la Suède. Ci-dessus un sommaire des données relatives NORFEFCO par GhatGPT :
Le NORDEFCO (Coopération de défense nordique)
• Création : 4 novembre 2009.
• Membres : Les cinq pays du Conseil nordique (Danemark, Finlande, Islande, Norvège, Suède).
• Objectif : Renforcer l’interopérabilité militaire, rationaliser les acquisitions de matériel et optimiser les capacités de défense régionales, en lien étroit avec l’OTAN.
Évolutions récentes et initiatives associées
• Intégration industrielle : Des projets conjoints de chaîne d’approvisionnement (comme l’alliance pour les munitions) ont été mis en place pour consolider la base industrielle de défense régionale.
• Partenariats élargis : La collaboration s’étend parfois à d’autres formats stratégiques associant les pays baltes, le Royaume-Uni (via la Force expéditionnaire conjointe) ou le Canada sur des enjeux de sécurité arctique et maritime.
Politique d’achat
1. Le partenaire central pour les munitions : Nammo (Norvège / Finlande)
Nammo AS (Nordic Ammunition Company) est le fournisseur pilier incontournable de l’alliance. Détenu à 50 % par l’État norvégien et à 50 % par le groupe finlandais Patria, le groupe a signé un accord de partenariat stratégique à long terme (SPA) avec la Suède, le Danemark, la Finlande et la Norvège.
• Matériels fournis : Obus d’artillerie lourde (155 mm), mortiers (120 mm), munitions de petit et moyen calibre, propulseurs et moteurs de fusées.
• Infrastructures partagées : Nammo opère via des sites éclatés qui agissent comme une usine unique transfrontalière (la poudre en Finlande, l’assemblage en Suède, la recherche et les capsules en Norvège, et le stockage/maintenance à l’usine d’Elling au Danemark).
2. Les géants de la défense nordique pour les plateformes et l’armement
• Patria (Finlande) : Outre sa copropriété de Nammo, Patria fournit les véhicules blindés de transport de troupes (comme le Patria AMV 8×8) et s’occupe de la fabrication des boîtiers et composants de munitions lourdes au sein de la chaîne. Le groupe aéronautique et de défense norvégien Kongsberg détient près de la moitié des parts de Patria, solidifiant l’alliance industrielle bilatérale.
• Saab Bofors Dynamics (Suède) : Saab est le fournisseur majeur pour les armes à guidage de précision, les composants d’explosifs sophistiqués, les missiles légers, ainsi que les systèmes anti-blindés (comme les célèbres lance-roquettes Carl Gustaf et AT4).
• Kongsberg Defence & Aerospace (Norvège) : Principal fournisseur des systèmes de missiles antinavires (NSM), des tourelles téléopérées et des systèmes de défense antiaérienne (NASAMS) utilisés conjointement par les forces de la région.
3. Les fournisseurs locaux et spécialisés par pays
L’Alliance intègre des acteurs locaux spécifiques pour compléter la production régionale :
• Danammo (Danemark) : L’entreprise danoise a été expressément sélectionnée dans le cadre du plan de défense pour amorcer et livrer les stocks initiaux de munitions d’artillerie (155 mm) et de mortier (120 mm) de l’armée danoise avant le relais complet des infrastructures de Nammo.
• Norma Precision (Suède) : Très réputée pour la fabrication de munitions d’armes légères de haute précision et de chasse/tir sportif, intégrée aux capacités de fourniture secondaire.
4. Partenaires internationaux (Extra-Nordiques)
Bien que l’autonomie européenne soit priorisée [ ? ]l’alliance fait appel à des sous-traitants ou partenaires extérieurs :
• Repkon (Turquie) : La firme norvégienne Nammo s’est associée au spécialiste turc Repkon pour installer une ligne hautement automatisée de remplissage de munitions de 155 mm au Danemark, accélérant les capacités de livraison.
• Les États-Unis (FMS) : Pour les capacités technologiques lourdes non produites localement (avions de chasse F-35 achetés par le Danemark, la Norvège et la Finlande ; systèmes de défense antiaérienne Patriot), l’Alliance passe par le programme américain Foreign Military Sales ou via des acquisitions conjointes de matériels américains standardisés OTAN.
Politique d’achat en armes et équipements lourds
Pour équiper leurs armées en matériel lourd (chars, avions, missiles), les pays de l’Alliance nordique (NORDEFCO) partagent leurs commandes entre de grands constructeurs américains (pour l’aéronautique et les missiles de pointe) et des champions industriels européens et locaux (pour les véhicules blindés et la défense antiaérienne).
Les forces aériennes des pays nordiques ont d’ailleurs fusionné leurs flottes au sein d’un commandement intégré pour opérer comme une force unique.
1. Avions de chasse : L’hégémonie américaine
Pour leur flotte aérienne, l’Alliance nordique a massivement sélectionné un fournisseur unique pour standardiser ses opérations :
• Lockheed Martin (États-Unis) : C’est le fournisseur central de l’alliance. Le F-35 Lightning II a été choisi par la Norvège, le Danemark et la Finlande pour remplacer leurs anciennes flottes.
• Saab (Suède) : La Suède fait exception en s’appuyant sur son constructeur national avec le Saab JAS 39 Gripen. La Suède et la Finlande collaborent étroitement sur l’intégration des systèmes de surveillance aérienne de Saab.
2. Tanks et Véhicules Blindés : L’axe germano-suédois [rare secteur où on observe un semblant de préférence européenne]
Le segment terrestre fait l’objet de projets d’achats conjoints majeurs pour unifier les forces blindées de la région :
• Krauss-Maffei Wegmann / KNDS (Allemagne) : Le Leopard 2 (variantes A7 et A8) est le char de combat principal (MBT) retenu par la Norvège, la Suède et la Finlande. La Norvège a signé des contrats majeurs pour standardiser ses chars lourds sur le modèle allemand.
• BAE Systems Hägglunds (Suède / Royaume-Uni) : Le véhicule de combat d’infanterie CV90 est l’un des plus grands succès de coopération nordique. La Suède, le Danemark, la Norvège et la Finlande ont lancé des programmes d’achats groupés et de modernisation pour ce blindé.
• Patria (Finlande) : Le programme CAVS (Common Armoured Vehicle System) s’appuie sur la plateforme de blindés à roues Patria 6×6, commandée en masse par la Finlande, la Suède, la Lettonie et l’Allemagne pour le transport de troupes standardisé.
3. Lance-missiles et Défense Antiaérienne : Duos transatlantiques
Face aux menaces de longue portée, l’alliance fait appel à des systèmes d’interception conjoints : [1]
• Kongsberg (Norvège) & RTX / Raytheon (États-Unis) : Ce consortium fournit le système de défense aérienne NASAMS. Il combine les radars et lanceurs norvégiens Kongsberg avec les missiles air-air AMRAAM de l’américain RTX. C’est le bouclier antiaérien de référence des pays nordiques (et récemment acheté en masse par les partenaires baltes et la Belgique).
• Lockheed Martin / Raytheon (États-Unis) : Pour la très haute altitude, la Suède et la Finlande ont retenu le système de missiles Patriot américain.
• Saab Dynamics (Suède) : Fournit les systèmes de missiles antiaériens mobiles de courte portée (RBS 70 NG) et les missiles antinavires côtiers.
• Kongsberg (Norvège) : Conçoit le Naval Strike Missile (NSM), le missile antinavire et de croisière standard de la Norvège, déployé également par ses alliés de l’OTAN. [1, 2, 3]
4. Drones militaires : Le virage technologique commun
• L’Alliance nordique a signé un accord-cadre historique pour l’achat conjoint de drones (UAS). Ils passent par l’agence de soutien et d’acquisition de l’OTAN (NSPA) pour standardiser l’achat de micro et mini-drones de surveillance auprès de constructeurs européens et américains.
Fin du sommaire de ChatGPT
Observations
Bien que les principaux acteurs du « complexe militaro-industriel » de l’EU soient l’Allemagne, la France et l’Italie, parmi ces acteurs, seule l’Allemagne avec ses véhicules blindé figure marginalement au nombre des fournisseurs de l’Alliance nordique. La France et l’Italie en sont complètement absentes. Tous les pays qui ont rejoint la CEE après le – Royaume-Uni et Danemark (1973) – et l’UE après 1995 – Finlande et Suède – pratiquent systématiquement une politique militaro-industrielle indépendante de celle des fondateurs du Marché Commun, de la CEE et de l’UE.
D’après Wikipedia euractiv.com cette préférence pour la production étasunienne et scandinave s’affirme, alors pourtant que les principaux pays producteurs d’armement et de munitions en Europe sont encore la France, l’ Allemagne et l’Italie. Ces trois derniers pays abritent des entreprises majeures dans le secteur de la défense, notamment Thales, Dassault Aviation (France), Rheinmetall, Airbus Defence (Allemagne), Leonardo (Italie).
Ces pays ont consolidé leur position sur le marché mondial de l’armement, représentant une part significative des exportations d’armes en Europe et à l’international. Thales et Rheinmetall, représentent une part significative des exportations d’armes en Europe et dans le monde.
Face à la cohérence des pays nordiques, dont la carte coïncide avec celle des « vertueux », aka les fourmis refusant toute mutualisation des dettes des pays membres de l’UE, les « cigales » du Sud avancent en ordre dispersé, peu ou pas conscientes que cette attitude fait d’elles l’objet collectif d’un super-sujet, hyper-libéral, anglophone et anglophile. La France dont la destinée manifeste aurait dû être de servir de cerveau à cet ensemble sudiste hésite entre l’illusion de faire partie du Nord3 tout en restant elle-même, et un repli hautain qui la livre aux querelles de clocher, aux conflits de personnalités, à l’incapacité de faire des compromis, et à un nationalisme narcissique qui la condamne à subir le sort auquel l’adoration de soi accula la Chine à la fin du 19e siècle.
Il entre dans les fonctions normales d’un état de compenser les déséquilibres entre ses régions constituantes. Si l’UE fonctionnait comme un état, il lui reviendrait d’harmoniser les taxations et mutualiser les dettes. Mais l’UE s’est depuis Sarkozy et Scholz laissé convaincre par la logique néo-libérale du Nord. Il y eut au sein du Sud des velléités de correction de cette passivité. Mais il manque à ce bloc un fédérateur. Un nouveau moteur franco-allemand, ou germano-français, post-néolibéral, pourrait-il encore représenter ce fédérateur ?
Les tentatives de fédération du Sud : l’EUMED ou MED9 (ChatGPT)
Le groupe MED9 (Med Group, EU Med, ClubMed)
• Membres : La France, l’Italie, l’Espagne, le Portugal, la Grèce, Chypre, Malte, ainsi que la Croatie et la Slovénie (intégrées en 2021).
• Rôle : Forum de dialogue et de coordination informelle pour peser sur les politiques de l’UE (notamment sur les questions migratoires, la sécurité en Méditerranée et la compétitivité).
• Fonctionnement : Il tient des sommets réguliers des chefs d’État et de gouvernement ainsi que des réunions ministérielles sectorielles.
L’Union pour la Méditerranée (UpM)
• Nature : Organisation intergouvernementale plus large.
• Membres : Elle regroupe 42 pays, incluant l’ensemble des 27 États de l’Union européenne et les pays partenaires de la rive sud et est de la Méditerranée.
• Rôle : Promouvoir l’intégration, la stabilité et la coopération concrète entre les deux rives de la Méditerranée (projets liés à l’environnement, aux transports ou à l’énergie).
Contexte historique de l’identité méridionale et méditerranéenne
Les pôles de gravité de l’économie mondiale ont été pendant des millénaires, jusqu’à la chute de l’Empire romain et l’apparition de l’Islam (476-622, soit 146 ans) situé entre la Méditerranée et, se poursuivant le long des rives de l’Océan indien, la Chine. L’Islam se posa ensuite comme intermédiaire obligé entre l’Europe et l’Orient, ce qui provoqua jusqu’aux Croisades, un demi-millénaire de régression européenne : le Haut Moyen-Âge. Les routes recommencèrent à s’ouvrir avec les Croisades (1095-1291, soit 200 ans) mais surtout avec la circumnavigation de l’Afrique par Vasco de Gama (1497) et la découverte des Amériques (1492). Ce sont ces deux dernières dates qui, mille ans après la chute de l’Empire romain, marquèrent le retour de pendule du centre de gravité de l’économie mondiale vers l’Ouest. Le pendule cependant, au grand dam de Venise et des ports du Proche-Orient, ne s’arrêta pas à la Méditerranée. Il atteignit et se stabilisa sur la côte atlantique de l’Europe, puis entre la Grande Bretagne et l’Amérique du Nord.
Avec la ré-émergence de la Chine, de l’Inde et des pays de l’ASEAN, le pôle de gravité de l’économie et de la géopolitique globale revient à présent vers l’Asie, où il se trouvait au Moyen Âge, jusqu’ à notre Renaissance et nos Lumières. Le Proche et Moyen-Orient risquent également d’entrer dans l’orbite de l’Asie, redevenant ce passage obligé entre l’Europe, l’Inde, la Chine et l’Extrême-Orient.
Est-ce le moment pour les cigales du Sud de l’Europe de se condamner par ses divisions à rester embourbé dans le statut d’objet des plans et manèges des tenants nordiques du néo-libéralisme anglo-saxon ? Ou le moment est-il venu pour le Sud de former face à cette consolidation « réactionnaire » d’une identité nordique, une Alliance du Sud européen ?
Car ce Sud est riche en atouts. Il est le lieu de deux des premières puissances industrielles de l’UE, la France et l’Italie. Et la balance commerciale intra-UE de l’Allemagne, dont le Sud fut romanisé il y a plus de mille ans, outre qu’elle fait partie des “pères fondateurs” de la CEE, pourrait la faire pencher vers les Sud où se trouve la plus grande partie de ses clients.
La comparaison de la balance commerciale de l’Allemagne révèle en effet une asymétrie structurelle profonde entre ses échanges avec les pays de l’Alliance Nordique (Suède, Norvège, Danemark, Finlande, Islande) et les pays de l’Europe du Sud (Italie, Espagne, Portugal, Grèce). Alors que l’Allemagne affiche des excédents massifs et constants face au Sud, ses relations avec le Nord sont caractérisées par des soldes mitigés ou structurellement déficitaires.
Balance commerciale intra-UE de l’Allemagne
Voici une analyse détaillée de cette dynamique commerciale en 2026 (obtenue par ChatGPT):
📊 Tableau comparatif global
Le tableau suivant résume la nature de la balance commerciale allemande avec ces deux blocs géographiques :
Dimension
🇩🇪 Face à l’Europe du Sud
🇩🇪 Face à l’Alliance Nordique
Solde Global
Fortement excédentaire (+13 Md€ avec l’Italie, +14,3 Md€ avec l’Espagne).
Mitigé à déficitaire (+10 Md€ avec la Suède, mais environ -17 Md€ avec la Norvège).
Rôle Économique
Marché de destination finale pour l’industrie lourde allemande.
Fournisseurs de matières premières complexes et d’énergie.
Flux Allemands
Forte exportation de biens manufacturés, faible importation.
Équilibre basé sur l’importation de gaz, pétrole, électricité et métaux.
1. L’Europe du Sud : Le marché de consommation de l’industrie allemande
L’Allemagne entretient un excédent commercial structurel majeur avec l’Europe du Sud. Ces pays agissent principalement comme des marchés finaux pour l’excellence industrielle allemande. [1, 2]
• L’Italie et l’Espagne au cœur du surplus : L’Italie et l’Espagne figurent parmi les plus grands générateurs d’excédent commercial pour l’Allemagne en Europe. L’Allemagne enregistre des bénéfices annuels nets de l’ordre de 13 milliards d’euros avec l’Italie et 14,3 milliards d’euros avec l’Espagne. [1]
• Nature des échanges : L’Allemagne exporte massivement des biens à haute valeur ajoutée (automobiles de luxe, machines-outils, produits chimiques, technologies de pointe). En retour, elle importe des produits agroalimentaires, du textile ou des composants industriels de rang inférieur, créant un déséquilibre constant.
La problématique de la Zone Euro : Cet excédent persistant fait l’objet de débats économiques récurrents. Le fait que ces pays partagent la même monnaie (l’euro) empêche l’Europe du Sud de dévaluer sa propre devise pour regagner de la compétitivité face à l’efficacité allemande, ce qui tend à figer ces déficits commerciaux.
Bilan ponctuel : à qui profite le crime ?
Les pays du Sud ont souvent accusé l’Allemagne d’utiliser l’Europe du Sud comme un levier de croissance pour écouler sa production industrielle cependant qu’elle conservait vis-à-vis du Nord auquel elle appartient relativement, une position de force.
Cependant depuis 2022, et l’explosion de Nord Stream, l’Allemagne dépend des pays de l’Alliance Nordique pour alimenter son économie en ressources énergétiques critiques, en électricité verte et en matières premières de base.
Beaucoup, dont moi-même, soupçonnent les États-Unis, l’Ukraine, la Norvège et le Danemark d’être complices de l’explosion de Nord Stream afin précisément d’arracher l’Allemagne à l’attraction du Sud, l’empêcher de “tomber” dans son orbite, casser le moteur franco-germanique, éliminer les séquelles de l’idéologie fédéraliste des Six pays fondateurs de la CEE, et l’arrimer au Nord anglophile et atlanticiste.
Comme il fallait s’y attendre ChatGPT ignore l’impact sur la balance commerciale de l’Allemagne avec les pays du Nord et particulièrement la Norvège de l’explosion de Nord Stream, dont tous les indices dénoncent une entreprise conjointe de l’administration Biden, des Ukrainiens, avec la complicité du Danemark et de la Suède. Voir ci-dessous la suite de la réponse de ChatGPT sur la balance commerciale de l’Allemagne avec les membre de l’UE :
2. L’Alliance Nordique : La dépendance énergétique de l’Allemagne
La balance commerciale allemande avec les pays nordiques obéit à une logique totalement différente, dictée par la géographie et les ressources naturelles. Le solde global y est plus équilibré, voire déficitaire selon les partenaires.
• Le cas critique de la Norvège : L’Allemagne enregistre l’un de ses plus gros déficits commerciaux bilatéraux d’Europe avec la Norvège (environ -17,4 milliards de dollars de solde négatif). Depuis la crise énergétique et l’arrêt des importations russes, l’Allemagne dépend massivement de la Norvège pour son approvisionnement en gaz naturel, pétrole brut et électricité brute.
• La Suède et le Danemark : Avec la Suède, la balance redevient positive pour l’Allemagne (+10,2 Md$), portée par l’exportation de véhicules automobiles. Toutefois, les importations en provenance de Suède (bois, papier, métaux, produits pharmaceutiques) restent très élevées et limitent le différentiel. Les échanges avec le Danemark connaissent quant à eux une croissance robuste (+6,7 % d’exportations allemandes), tirés par des projets d’infrastructures transfrontalières.
Fin des données fournies sur ce sujet par ChatGPT
INDICES d’ÉMERGENCE d’une CONSCIENCE de l’EUROPE du SUD
2023 Première estimation intuitive
Dès 2023 j’avais rassemblé les données propres à alimenter cette hypothèse.
Bulgarie :
Deux partis d’extrême droite, marginaux mais en progression entre 2021 et 2023, sont anti-OTAN et représentent 13,58 % des suffrages ; ils avaient obtenu 0,04 % lors des élections européennes de 2019. Voir :
(https://en.wikipedia.org/wiki/Revival_(Bulgarian_political_party))
Croatie :
Le parti Bouclier humain (Human Shield Party), qui refuse d’être classé à droite ou à gauche et se définit comme « humaniste », a obtenu 5,7 % des voix aux élections européennes de 2019 et 2,26 % aux élections législatives croates de 2020.
République tchèque :
Le Parti républicain a atteint 8,1 % en 1996, avant de tomber à 0,03 % en 2010, puis de remonter à 0,19 % en 2017. Il a obtenu 0,18 % aux élections européennes de 2019.
France :
Parmi les deux principaux challengers du parti d’Emmanuel Macron, En Marche, devenu Renaissance en 2016, le RN de Le Pen a indiqué souhaiter quitter au moins le commandement intégré de l’OTAN, tandis que Jean-Luc Mélenchon et La France insoumise (FI) ont annoncé leur projet de quitter l’OTAN. Ensemble, ils ont obtenu 31,12 % des voix en 2022 et 29,65 % lors des élections européennes de 2019.
Macron lui-même semblait se réjouir de la crise de l’OTAN à la fin du mandat de Trump lorsqu’il a déclaré que l’OTAN était « en état de mort cérébrale ».
Allemagne :
Die Linke participe aux gouvernements de quatre Länder : Berlin, Brême, Mecklembourg-Poméranie-Occidentale et Thuringe. Le parti a obtenu 5,5 % des voix aux élections européennes de 2019, puis est passé de 9,2 % en 2017 à 4,9 % lors des élections fédérales nationales de 2021. Il a condamné à la fois la Russie, pour son invasion de l’Ukraine en 2022, et l’OTAN, pour son « impérialisme », et a obtenu 12,20 % des voix lors des élections régionales de Berlin en 2023.
La fraction de Sara Wagenknecht pourrait des joindre à l’Afd pour exiger de reprendre contact avec la Russie et modifier les lois sur l’immigration.
Grèce :
En 1974, le pays s’est retiré du commandement militaire de l’OTAN. En 1980, le ministre des Affaires étrangères, Konstantinos Mitsotakis, père de l’actuel Premier ministre Kyriakos Mitsotakis (ND, conservateur), envisageait un retrait complet de l’OTAN.
Le Parti communiste a obtenu 5,4 % des voix aux élections européennes de 2019 et 7,7 % lors des élections législatives de 2023. Antarsya, regroupement de partis de gauche, a obtenu respectivement 0,64 % (européennes) et 0,41 % (nationales).
Italie :
Avec au moins six bases de l’OTAN en Italie1, il serait difficile pour le pays de se présenter comme anti-OTAN, mais il existe également six partis politiques anti-OTAN, dont deux sont de gauche. Ils ont obtenu 1,24 % des voix lors des élections générales de 2022.
Cependant, les Italiens peuvent être fantasques et paradoxaux ; cela fait partie de leur charme. C’est ainsi que l’actuelle Première ministre Giorgia Meloni a dû intégrer à sa coalition Berlusconi et Salvini, notamment proches de Poutine. Elle n’est également clairement pas, comme les Français et, dans une certaine mesure, les Allemands, une amie de l’influence culturelle de l’anglosphère.
Euronews (3 mars 2023) annonce que :
« Le parti de droite dirigé par la Première ministre italienne Giorgia Meloni a fait avancer une proposition de nouvelle législation qui sanctionnerait l’utilisation de l’anglais et d’autres mots étrangers dans les communications officielles par des amendes comprises entre 5 000 et 100 000 euros…
La nouvelle législation proposée par Meloni adopte une position ferme dans ce débat, en défendant une approche conservatrice qui vise à interdire pratiquement les mots anglais dans l’administration publique, les écoles et les universités. En vertu de la nouvelle loi, « tout cours [universitaire] qui n’est pas spécifiquement destiné à l’enseignement d’une langue étrangère devra être dispensé en italien ». Les cours dispensés dans des langues étrangères ne seront justifiés que lorsqu’ils s’adresseront à des étudiants étrangers.2 »
Voir également :
En avril 2021, selon une enquête du Pew Research Center, l’Italie était le deuxième pays après la Grèce où la proportion de la population ne se méfiant pas de Poutine et de la Russie était la plus élevée : 36 %, contre une moyenne européenne de 22 %3.
Meloni est une opposante virulente à la politique africaine de la France, notamment à son aspect monétaire (le franc CFA, ou francs de la Communauté financière africaine). Elle ne semblait pas non plus soutenir une intervention franco-américaine au Niger après le coup d’État contre le président Bazoum en août 2023.
Pays-Bas :
Seul Thierry Baudet, le dirigeant du parti d’extrême droite Forum voor Democratie, a reconnu en privé en 2020 qu’il souhaitait que son pays quitte l’OTAN et se tourne vers l’Est.
Portugal :
Le Bloc de gauche a obtenu 9,8 % des voix aux élections européennes de 2019 et 4,4 % aux élections législatives de 2022. Le Parti communiste a obtenu 6,9 % en 2019 aux élections européennes et 4,3 % aux élections législatives de 2022.
Roumanie :
Seul le parti d’extrême droite Noua Dreaptă préconise une sortie de l’OTAN. Il n’est pas autorisé à se présenter aux élections parlementaires.
Alors que je me promenais avec un ami noir américain dans le centre de Liège, en Belgique, en 2019, après que mon ami eut indiqué sa nationalité, un vendeur ambulant roumain a commenté : « Personne n’est parfait. »
Slovaquie :
Le Parti communiste n’a pas de position définitive sur l’adhésion à l’OTAN, mais il fait partie de l’IMCWP (Forum international des partis communistes et ouvriers), qui a dénoncé lors de sa réunion de 2022 à La Havane le « renforcement et l’expansion de l’OTAN ».
Le Parti populaire (Kotleba), d’extrême droite, est farouchement anti-OTAN, ainsi qu’anti-américain et anti-UE. Il a obtenu 12,07 % des voix aux élections européennes de 2019, contre 1,73 % en 2014. Il a obtenu 7,97 % aux élections législatives nationales de 2020, contre 1,58 % en 2012 et 8,04 % en 2016.
Slovénie :
Le Parti national slovène a obtenu 4,0 % aux élections européennes de 2019 et 1,49 % aux élections nationales de 2022. La Gauche (Levica) a obtenu 6,4 % en 2019 et 4,46 % en 2022.
Espagne :
Podemos, qui partageait le pouvoir avec le Parti socialiste PSOE depuis 2019, avait préconisé en 2015 un retrait de l’OTAN. Il a obtenu 10,01 % des voix aux élections européennes de 2019 et 12,86 % lors des élections au Cortès.
Hongrie :
Outre le Parti des travailleurs hongrois, qui a obtenu 0,42 % aux élections européennes de 2019 et 0,16 % aux élections législatives de 2022, le Fidesz, le parti de Viktor Orbán, bien qu’il ne s’oppose pas à l’adhésion à l’OTAN et ait condamné l’invasion russe de l’Ukraine, a refusé d’appliquer les sanctions décidées par « l’Occident ». Au pouvoir depuis 1998, avec une interruption de 2002 à 2010, il a obtenu 54,1 % des voix en 2022, contre 49,3 % en 2018. Aux élections européennes de 2019, il avait obtenu 52,6 % des voix.
Parmi les pays candidats à l’adhésion à l’UE
Monténégro :
Le pays a rejoint l’OTAN en 2017, mais tous les partis qui formaient le gouvernement de coalition en 2020 (le Parti démocratique du peuple et la Nouvelle démocratie serbe) avaient déclaré vouloir quitter l’OTAN.
Moldavie :
Bien que candidate à l’adhésion à l’UE, et ayant obtenu ce statut de la part de l’UE en 2023, le Parti des socialistes de la République de Moldavie (PSRM), opposé à l’adhésion à l’OTAN, a été évincé de la coalition au pouvoir (2019-2021), malgré l’obtention de 27,17 % des voix. D’après l’IA la Moldavie reste à ce jour (9/2026) attachée à sa neutralité.
Serbie : la Serbie est candidate à l’adhésion à l’UE, mais tous les partis serbes s’opposent à l’adhésion à l’OTAN, ce qui ne devrait étonner personne si on se souvient des trois mois de bombardement de Belgrade par les forces de l’OTAN en 1999 pour l’obliger à retirer ses troupes du Kosovo. Ce fut Bernard Koushner, qui forgea à cet effet concept de « droit d’ingérence ». On sait que son presqu’homonyme, gendre de Donald Trump, Jared Kushner entretient à présent des visées de promotion immobilière sur le site de l’ancien QG de l’armée yougoslave détruit lors de ces bombardements.
Le parti de Giorgia Meloni a introduit un projet de loi bannissant l’emploi de mots anglais dans les communications officielles ou les textes administratifs et juridiques4
Une statistique de 2023 du Pew Research Institute5 montre que tous les pays exprimant moins de 50 % d’opinions très défavorables à la Russie se trouvent dans le Sud de l’Europe et tous ceux qui expriment plus de 50 % d’opinions très défavorables se trouvent dans le Nord. De même tous les pays exprimant au moins 10 % d’opinion favorables se trouvent dans le Sud alors que ceux exprimant moins de 10 % d’opinions favorable se trouvent dans l’ensemble balto-polono-scandinave. Il est également remarquable que les taux d’opinions très défavorables et favorable de la France et de l’Allemagne sont identiques ou très proches..
2025. Le projet de “reparation loan” à l’Ukraine et le Sommet de l’UE du 18 décembre 2025.
La proposition d’utiliser les fonds russes gelés pour soutenir l’Ukraine a évolué au fil de plusieurs initiatives clés menées par l’Ukraine, la Commission européenne et le G7.
1. La demande initiale de l’Ukraine
Dès le début de l’invasion en 2022, le président ukrainien Volodymyr Zelensky et son gouvernement ont proposé que les quelque 300 milliards de dollars (plus de 260 milliards d’euros) d’actifs de la Banque centrale russe gelés dans le monde entier soient directement confisqués et transférés à Kiev. Ils soutenaient que l’agresseur devait payer pour les dommages causés par la guerre et pour la reconstruction.
2. Les solutions juridiques de la Commission européenne
La confiscation directe se heurtant à des contraintes majeures du droit international, la Commission européenne, sous la direction de sa présidente Ursula von der Leyen, a mis en place des cadres officiels pour mobiliser ces fonds sans procéder à une saisie totale :
• Mécanisme sur les profits exceptionnels (2024) : L’UE a adopté avec succès un mécanisme permettant de capter les intérêts et les bénéfices générés par les actifs russes détenus auprès de chambres de compensation telles qu’Euroclear.
• La proposition de « prêt de réparation » (fin 2025) : La Commission européenne a avancé une proposition majeure visant à contracter un emprunt garanti par les soldes de trésorerie gelés eux-mêmes, afin d’octroyer à l’Ukraine un prêt sans précédent de 90 milliards d’euros. Selon ce modèle — largement attribué à des experts financiers comme Hugo Dixon —, l’Ukraine ne serait tenue de rembourser l’UE que si la Russie finissait par verser des réparations de guerre officielles. [1, 2, 3]
3. La coalition du G7
Les États-Unis ont initialement fait pression au sein du G7 pour obtenir une saisie pure et simple des actifs. Face aux hésitations des nations européennes soucieuses de la stabilité financière, les États-Unis et leurs partenaires du G7 ont finalement convenu d’une initiative commune : accorder à l’Ukraine un prêt de 50 milliards de dollars, garanti collectivement par les futurs profits générés par les fonds russes immobilisés.
4. Poursuite de la pression législative (2026)
Les efforts visant à débloquer l’intégralité du capital de ces actifs restent très soutenus. Une coalition de 122 députés européens, emmenée par l’élue suédoise Karin Karlsbro, a lancé un appel majeur exhortant les dirigeants de l’UE à mobiliser d’urgence les 200 milliards d’euros d’actifs gelés pour financer directement la défense ukrainienne et les systèmes de missiles. Parallèlement, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) a proposé un mécanisme international parallèle visant à réaffecter ces avoirs en tant que contre-mesures licites au regard du droit international.
La tentation eurasiatique
On peut à l’occasion de ce vote observer une faille de plus en plus visible entre le Nord anglophile et atlanticiste de l’Europe et un Sud plus « européen ».
En effet alors que le Nord organise sa défense contre l’ennemi potentiel russe et/ou chinois dans la Baltique et dans l’Arctique, le Sud peine à gérer la migration illégale venant tant du Sud que du Nord et de l’Est. La majorité des primo-arrivants entrent sur le territoire de l’UE par la façade méditerranéenne. Le Nord non content de chercher à empêcher la migration de l’atteindre, depuis au moins 2003 (Convention de Dublin II) , soit 23 ans, prétend de plus, aux termes de la procédure dite « de Dublin », la renvoyer aux premiers pays d’entrée de l’UE, tous méditerranéens. Sauf l’Allemagne, destination la plus recherchée des illégaux qui y arrivent légalement, mais outrepassent la durée de leur visa 6.
Par Nord, j’entends essentiellement les pays scandinaves, anglophiles par atavisme linguistique et culturel, ainsi que les pays baltes, la Finlande, et la Pologne, atlanticistes, et anglophiles par russophobie. Plusieurs de ces pays ont fait partie de l’EFTA et/ou de l’EEA : Danemark,Finlande, Norvège, Suède ; sont absents de la zone € : Danemark, Pologne,Suède ; et/ou sont traditionnellement réticents à un mutualisation des dettes des membres de l’EU, et à tout ce qui pourrait en promouvoir l’idée. Rappelons que l’EFTA et l’EEA sont ces associations de pays désireux de commercer avec le Marché Commun et l’Union Européenne sans s’engager dans le « projet européen », sa foi en une identité européenne, et ses perspectives fédéralistes.
Et par Est, j’entends bien entendu les millions d’illégaux Ukrainiens bénéficiant automatiquement dans les pays membres de l’UE du revenu d’insertion sociale, minimex, ADA ou Caf.
Contrastant avec le Nord ainsi défini, se dessine un Sud allant du Portugal à la Grèce, en passant par la Roumanie et la Bulgarie. Cet ensemble contient cependant certaines des pièces maîtresses de l’UE – la France, l’Italie, la péninsule ibérique, l’Autriche – laquelle n’est pas membre de l’OTAN.
L’Allemagne, la Belgique et les Pays Bas, pays fondateurs du Marché Commun, et où l’agenda fédéraliste trouve encore des défenseurs, occupent dans ce schéma une position médiane qui pourrait réserver des surprises. L’anglophilie traditionnelle des Flamands – qui furent très vexés par le Brexit – pourrait à terme céder à l’attraction du Sud. Et il suffirait d’un changement de majorité en Allemagne ou en France pour la faire se rallier au Sud, vers lequel s’écoule la plus grande partie de son import/export. À l’exception de la Pologne, aucun des pays du Nord tel que je l’ai défini plus haut, ne figure au nombre des dix premiers partenaires économiques de l’Allemagne dans l’UE.
Ce sont les pays du Nord, en premier lieu les membres du Nordic Council – Danemark, Finlande, Suède – appuyés par leurs voisins non-membres de l’UE – Islande et Norvège – qui s’opposèrent dès octobre 2025 à la perspective d’une dette ou emprunt commun (joint debt), préférant clairement utiliser les fonds russes immobilisés à Bruxelles et ailleurs en Europe. Rien d’étonnant à cela. Ces pays en effet n’ont rejoint l’UE qu’en 1992, le Danemark, et la Suède sont relativement indifférents au sort de la zone € – n’en faisant pas partie – et ont toujours été parmi les adversaires les plus résolus de toute « mutualisation des dettes ».
Longtemps à la marge de l’EEC/UE, membres avec le Royaume Uni de l’EFTA jusqu’en 1992, indifférents à l’impact sur le crédit financier de l’UE et sur sa devise, n’ayant jamais considéré l’UE que comme un marché, ces pays se sont toujours opposés, avec les autres pays « vertueux » ou « frugaux » du Nord de l’Europe, à tout ce qui pourrait promouvoir l’idée d’Eurobonds. Ils ne sont paradoxalement dépensiers que pour faire financer par l’Allemagne, le Royaume Uni et les Pays Bas, la guerre par procuration qu’ils croient l’Ukraine mener en leur nom à la Russie. Mais ce serait l’utilisation des fonds russes gelés en Belgique et ailleurs dans l’UE qui emporte sans réserve leur assentiment…
La préférence de la Pologne et des pays baltes pour une utilisation des fonds russes est motivée par leurs « émotions négatives » vis-à-vis de la Russie évoquées par Bart De Wever. La politique ne devrait pas être dirigée par les émotions, fit-il remarquer.
Lorsque le Premier ministre belge posa comme condition à tout accord sur l’utilisation des fonds russes immobilisés en Belgique que tous les autres pays de l’UE détenant des fonds russes se déclarent par écrit coresponsables et solidaires de la Belgique en cas de mesures de rétorsion russes sur les avoirs et sociétés belges en Russie, non seulement la France – détentrice de quelque 18 milliard de fonds russes – mais aussi l’Allemagne et les Pays-Bas, pourtant parmi les avocats les plus vocaux du « prêt de réparation » refusèrent de s’engager. La BCE de même refusa également de garantir l’opération à hauteur des fonds concernés (180 milliards d’€).
Ce sont donc, en toute vraisemblance, 17 pays de ce que j’appelle « le Sud » – Autriche, Bulgarie, Chypre, Croatie, Espagne, France, Grèce, Italie, Hongrie, Portugal, République Tchèque, Roumanie, Luxembourg, Malte,Slovaquie, Slovénie – clairement la majorité – qui entraînés par le refus de la Belgique, mirent en échec le plan conçu par la Commission et l’Allemagne et soutenu platoniquement par les huit nordistes : Danemark, Estonie, Finlande, Irlande, Lituanie, Lettonie, Pologne, Suède.
2026
Plan d’autonomisation de l’EEAS (external European Action Service), département semi-autonome de la Commission européenne, dirigé par Kaja Kallas.
Je suis de ceux qui comprennent que les administration étasuniennes successives depuis l’entrée de la Pologne et des Pays baltes dans l’UE en 2004, mais particulièrement l’administration Biden, et le gouvernement de Boris Johnson, ont utilisé ces pays pour prendre en otage la politique étrangère de l’UE. C’est sur ce fond qu’il faut comprendre la question de l’autonomisation du Département EEAS de la Commission de l’UE, dirigé par l’Estonienne Kaja Kallas.
Les pays fondateurs du Marché Commun, de la CE, et de l’UE qui leur a succédé, et particulièrement leur moteur germano-français, se sont laissé surprendre par cette manœuvre. Après les accords de Minsk en 2014, conclus dans la crainte de rompre la fragile cohésion de l’UE, et dans l’incapacité de changer abruptement de cap après l’invasion de l’Ukraine par la Russie et l’explosion de Nord Stream par leurs “alliés”, ils ont donné mandat à la Commission von der Leyen de sauver la face devant leurs opinions publiques, mais aussi l’unité de l’UE, en adoptant le discours des Polonais et des Baltes relativement aux causes du conflit.
Après quatre ans d’une guerre d’attrition à l’issue encore incertaine, et plus de 200 milliards d’€ d’aide à l’Ukraine pour une guerre provoquée par les USA et le Royaume-Uni, le “moteur” franco-allemand cherche à reprendre la main en retirant de la Commission et de l’EEAS leurs compétences en matière de politique étrangère et de défense, ainsi que le droit de veto des pays membres – donc de la Pologne et des Pays baltes, pour faire de la politique étrangère la chasse gardée d’une dyarchie franco-allemande ou d’une triarchie franco-germano-italienne, soit du complexe militaro-industriel européen7.
Tant les Pays Baltes (6 millions de citoyens) que la Pologne (37 millions de citoyens) freinent évidement des quatre fers pour éloigner cette éventualité qui les priveraient de l’importance disproportionnée qu’ils ont acquise aux dépends des 750 millions de Continentaux, comme proxys dans le conflit entre l’anglosphère et la Russie.
Il n’échappe à personne que Kaja Kallas représente les intérêts, moraux, historiques, culturels, de ces quelques 45 millions de Polono-Baltes. Coïncident-ils avec ceux des 750 millions de Continentaux de l’UE ? Là est la question. Voir en Annexe (I) le suivi de ce dossier dans Bloomberg, Politico et Euractiv.
Mon pari est que les 16 pays ci-après – Autriche, Bulgarie, Chypre, Croatie, Espagne, France, Grèce, Hongrie, Italie, Luxembourg, Malte, Portugal, République Tchèque, Roumanie, Slovaquie, Slovénie – devraient à terme à terme, si mon wishful thinking est entendu par les dieux, entraîner l’Allemagne, la France et la Belgique vers le Sud pour laisser les Scandinaves dans le froid, les Baltes et les Polonais face à la Russie, les Irlandais libres de réintégrer le Royaume-Uni et l’anglosphère, et de célébrer Thanksgiving avec leurs cousins du Massachusetts.
État des opinions publiques des pays membres de l’UE sur les sanctions contre la Russie et le soutien à l’Ukraine
J’ai posé à ChatGPT la question suivante “Quel est à cette date l’état des opinions publiques et des partis politiques de chaque pays de l’UE, par ordre alphabétique, sur les sanctions frappant la Russie et le soutien à l’Ukraine” ?
Voici l’essentiel de ses conclusions8 :
Si l’on simplifie fortement, on obtient quatre Europes politiques :
Groupe
Pays principaux
Situation
🟢 Très pro-Ukraine
Suède, Finlande, Danemark, Pologne, Lituanie, Portugal, Estonie, Lettonie, Irlande
Sanctions + aide largement consensuelles
🟢/🟡 Pro-Ukraine mais débats croissants
Belgique, Luxembourg, Pays-Bas, Allemagne, France, Espagne, Croatie, Autriche, Italie, Roumanie, Malte
Soutien majoritaire mais opposition/populisme en progression
🟠 Sociétés fortement divisées
Grèce, Slovénie, Tchéquie, Slovaquie, Bulgarie
Sanctions ou aide militaire deviennent des enjeux politiques majeurs
🔴 Plus réticents
Chypre
Opposition aux sanctions particulièrement élevée
Le point vraiment intéressant en 2026
Il serait toutefois trompeur de conclure que l’Europe est en train de basculer massivement contre l’Ukraine.
Les données les plus récentes montrent plutôt une situation plus subtile :
l’attachement au soutien à l’Ukraine reste majoritaire, mais le consensus sur les moyens de ce soutien s’effrite.
C’est très net dans les chiffres : 76 % veulent continuer à soutenir l’Ukraine jusqu’à une paix juste et durable, mais seulement 56 % approuvent le financement d’équipements militaires. (Représentation de la Commission européenne à Chypre)
Autrement dit, une distinction politique est en train de s’établir entre :
« Il faut soutenir l’Ukraine »
et
« Il faut continuer à augmenter ou maintenir l’aide militaire et les sanctions quel qu’en soit le coût. »
La première proposition conserve un très large consensus européen ; la seconde est beaucoup plus contestée.
Et c’est précisément là que les partis populistes de droite et certaines forces de gauche interviennent : AfD en Allemagne, RN en France, M5S/Lega en Italie, PVV/FVD aux Pays-Bas, SPD en Tchéquie, Fico en Slovaquie, etc. L’analyse des votes européens confirme d’ailleurs que les partis mainstream restent beaucoup plus cohérents sur la Russie que les partis populistes/radicaux, où se concentre l’essentiel du déplacement. (LSE Blogs)
Enfin, l’UE continue pour l’instant à avancer : le 21e paquet de sanctions a été adopté en juillet 2026, et l’UE a encore approuvé en août 6,1 milliards d’euros supplémentaires pour la défense ukrainienne. (Finance)
Indicateurs chiffrés
« Pour votre réflexion sur la fracture politique Nord-Sud de l’Europe[me dit ChatGPT]
, je peux aller plus loin et construire un tableau des 27 pays avec, pour chacun, 4 indicateurs chiffrés (sanctions, aide financière/humanitaire, aide militaire, poursuite du soutien à l’Ukraine) + les partis favorables/opposés, ce qui permettrait de faire apparaître beaucoup plus nettement la nouvelle géographie politique européenne. »
Le Standard Eurobarometer 105, réalisé en mars-avril 2026, …. la source la plus récente … confirme qu’au niveau de l’UE 76 % souhaitent que l’UE continue de soutenir l’Ukraine jusqu’à une paix juste et durable, et que 76 % considèrent l’invasion russe comme une menace pour la sécurité de l’UE.
En revanche, la matrice complète pays par pays des quatre indicateurs que vous demandez est beaucoup plus facilement vérifiable dans le Eurobaromètre 104, automne 2025. C’est donc cette matrice que j’utilise ci-dessous pour les quatre pourcentages comparables. Elle porte sur :
• S = sanctions économiques contre la Russie ;
• FH = aide financière et humanitaire à l’Ukraine ;
• M = financement de l’achat et de la fourniture de matériel militaire ;
• U = volonté de poursuivre le soutien à l’Ukraine jusqu’à une paix juste et durable
des opinion publique et forces politiques des pays concernés
🇦🇹 Autriche
60
69
55
—
ÖVP, SPÖ, NEOS, Verts
FPÖ
🇧🇪 Belgique
39
72
59
—
MR, Les Engagés, Vooruit, CD&V, Groen, Open VLD
Vlaams Belang, PTB/PVDA
🇧🇬 Bulgarie
65
61
27
—
GERB, PP-DB (avec nuances)
Revival/Vazrazhdane, parties pro-russes
🇨🇾 Chypre
30
63
21
—
DISY, gouvernement
AKEL et courants pro-russes/neutralistes
🇨🇿 Tchéquie
85
55
34
—
SPOLU, STAN, Piráti
ANO, SPD
🇩🇪 Allemagne
75
82
53
—
CDU/CSU, SPD, Verts
AfD, BSW
🇩🇰 Danemark
79
94
89
—
Sociaux-démocrates, Venstre, Moderaterne, SF, etc.
essentiellement partis marginaux
🇪🇪 Estonie
68
72
64
—
majorité très large du spectre politique
opposition russophone / extrême droite, mais minoritaire
🇬🇷 Grèce
73
70
27
—
Nouvelle Démocratie, PASOK
Syriza, KKE et droite nationaliste, avec nuances
🇪🇸 Espagne
71
83
50
—
PSOE, PP, Sumar, majorité pro-UE
Vox, courants souverainistes
🇫🇮 Finlande
91
97
88
—
quasi-totalité des grands partis
opposition marginale
🇫🇷 France
68
73
53
—
Renaissance, MoDem, PS, Verts, une partie de LR
RN, LFI, souverainistes — avec des nuances importantes
🇭🇷 Croatie
72
75
48
—
HDZ, majorité pro-UE
droite nationaliste, certains souverainistes
🇭🇺 Hongrie
84
66
41
—
opposition Tisza désormais pro-européenne
Fidesz/Orbán, Mi Hazánk
🇮🇪 Irlande
89
88
69
—
Fianna Fáil, Fine Gael, Labour, Greens
Sinn Féin plus réservé sur l’aide militaire
🇮🇹 Italie
72
73
48
—
Fratelli d’Italia, Forza Italia, PD
Lega, M5S, gauche pacifiste
🇱🇹 Lituanie
75
66
77
—
quasi-consensus pro-Ukraine
opposition très marginale
🇱🇺 Luxembourg
84
86
60
—
CSV, DP, LSAP, Greens
ADR surtout
🇱🇻 Lettonie
89
85
67
—
très large consensus
partis russophones / Union des Verts et des paysans avec nuances
🇲🇹 Malte
86
72
53
—
Labour, Nationalist Party
neutralistes, principalement sur le militaire
🇳🇱 Pays-Bas
89
81
79
—
VVD, D66, CDA, GroenLinks-PvdA, NSC
PVV, FVD
🇵🇱 Pologne
91
54
74
—
KO, PSL, majorité du centre droit
PiS et Konfederacja sur certaines modalités
🇵🇹 Portugal
89
72
79
—
AD, PS, IL, majorité parlementaire
Chega, PCP
🇷🇴 Roumanie
57
81
44
—
PSD, PNL, USR
AUR, SOS Romania
🇸🇰 Slovaquie
68
72
44
—
opposition pro-UE, PS
Smer/Fico, Republika
🇸🇮 Slovénie
91
59
42
—
gouvernement Golob, centre gauche
SDS et droite souverainiste
🇸🇪 Suède
91
97
93
—
Le tableau complet donne par exemple 91 % en Pologne, Finlande, Slovénie et Suède, contre seulement 30 % à Chypre. (static.lsm.lv)
*
La véritable géographie politique de l’UE
Les chiffres font apparaître la carte ou paysage suivant :
I. Le bloc nordique : le consensus le plus solide
Danemark – Finlande – Suède – Estonie – Lettonie – Lituanie
C’est le cœur géopolitique anti-russe et pro-ukrainien de l’UE.
On y trouve les niveaux les plus élevés de soutien aux trois instruments :
• sanctions ;
• aide financière/humanitaire ;
• aide militaire.
La Finlande atteint 91 % pour les sanctions et 88 % pour le militaire ; la Suède 91 % et 93 % ; le Danemark 79 % et 89 %. (static.lsm.lv)
Ce bloc ne raisonne pas essentiellement en termes de « coût de la guerre », mais en termes de sécurité nationale et de rapport de forces avec la Russie.
La situation suédoise en septembre 2026 est particulièrement révélatrice : même à la veille des élections du 13 septembre, les deux blocs politiques concurrents soutiennent l’Ukraine et le réarmement national. (Reuters)
3. Le deuxième bloc : Europe occidentale pro-Ukraine, mais avec une fatigue politique
Allemagne – France – Belgique – Pays-Bas – Luxembourg – Irlande – Portugal – Espagne
Ici, le soutien reste majoritaire, mais il existe un phénomène nouveau :
la population approuve davantage le principe du soutien que ses modalités les plus coûteuses.
L’Allemagne est exemplaire :
• 82 % pour l’aide financière/humanitaire ;
• 75 % pour les sanctions ;
• mais seulement 53 % pour le financement du matériel militaire. (static.lsm.lv)
La France est encore plus caractéristique :
• 73 % pour l’aide financière/humanitaire ;
• 68 % pour les sanctions ;
• 53 % seulement pour l’aide militaire.
4. La France : le cas politiquement le plus intéressant
La France n’est pas une opinion publique anti-Ukraine.
Mais elle présente un décalage important entre :
Opinion publique :
• soutien humanitaire/financier assez élevé ;
• sanctions majoritaires ;
• soutien militaire beaucoup plus faible.
Partis :
• centre macroniste : pro-Ukraine ;
• PS/Verts : pro-Ukraine ;
• LR : globalement pro-Ukraine ;
• LFI : opposition à l’escalade militaire ;
• RN : évolution vers une position beaucoup plus restrictive concernant l’aide militaire
5. Le Sud : la fracture « coût de la guerre »
Italie – Grèce – Espagne – Portugal – Chypre – Malte
Ici, le soutien à l’Ukraine n’est pas nécessairement faible. Mais l’acceptation de la militarisation est nettement moins forte.
Regardez par exemple :
Pays
Sanctions = S
Aide financière/humanitaire AF/H
Aide militaire AM
🇮🇹 Italie
S : 72
AF/H :73
AM : 48
🇬🇷 Grèce
S : 73
70 : AF/H
27 : AM
🇪🇸 Espagne
S : 71
AF/H : 83
AM : 50
🇵🇹 Portugal
S : 89
AF/H : 72
AM : 79
🇲🇹 Malte
S : 86
AF/H : 72
AM : 53
🇨🇾 Chypre
S : 30
AF/H : 63
AM : 21
(static.lsm.lv)
Europe centrale : le terrain de la nouvelle contestation
Autriche – Tchéquie – Slovaquie – Hongrie – Roumanie – Bulgarie
C’est ici que votre hypothèse d’une nouvelle fracture politique européenne devient particulièrement intéressante.
Les populations ne sont pas nécessairement opposées aux sanctions, mais les partis souverainistes/populistes ont beaucoup plus de succès.
Tchéquie
Cas particulièrement frappant :
85 % approuvent les sanctions, mais seulement 34 % le financement militaire. (static.lsm.lv)
Donc :
« sanctionner Moscou » ≠ « financer davantage Kiev ».
Slovaquie
Même phénomène :
• 68 % sanctions ;
• 72 % aide humanitaire ;
• 44 % militaire.
Et le gouvernement Fico est beaucoup plus réticent que la moyenne de la population.
Les données Eurobaromètre 105 confirment encore en 2026 que 72 % des Slovaques approuvent l’aide financière et humanitaire, mais seulement 58 % les sanctions. (Zastúpenie na Slovensku)
Hongrie
Après la victoire de Péter Magyar, Budapest s’est rapproché de l’UE et de l’OTAN. … Mais la Hongrie n’est pas devenue pour autant un pays totalement consensuel sur l’Ukraine : elle contestait encore juridiquement l’utilisation des revenus des avoirs russes gelés pour la défense ukrainienne. (Reuters)
La Bulgarie et Chypre :
🇧🇬 Bulgarie
Le soutien à l’aide militaire est extrêmement faible :
27 % seulement.
🇨🇾 Chypre
Ici, le cas est encore plus net :
• sanctions : 30 % ;
• aide financière/humanitaire : 63 % ;
• militaire : 21 %.
Chypre est probablement le pays de l’UE où la distance entre la politique européenne officielle et l’opinion publique est la plus grande. (static.lsm.lv)
8. La carte politique que je tirerais de ces données
Je proposerais cinq Europe, plutôt que deux :
🟢 Europe 1 — « sécurité d’abord »
Finlande, Suède, Danemark, Pologne, États baltes
Russie = menace existentielle[parano russophone consécutive à l’agitprop anglo-atlantique]
→ sanctions + réarmement + Ukraine
🟢 Europe 2 — « solidarité européenne »
Portugal, Irlande, Pays-Bas, Luxembourg, Allemagne, Belgique
Russie = menace européenne
→ Ukraine doit être soutenue, mais les modalités peuvent être discutées.
🟡 Europe 3 — « soutien mais négociation »
France, Espagne, Italie, Autriche, Croatie, Slovénie, Tchéquie, Roumanie
Ukraine doit être soutenue, mais la guerre doit finir par la négociation.
C’est probablement le groupe politiquement le plus important pour l’avenir de l’UE.
🟠 Europe 4 — « souverainisme / paix d’abord »
Slovaquie, Bulgarie, Grèce, Hongrie, une partie importante de l’Italie et de la France
sanctions éventuellement acceptables, mais refus de l’escalade militaire et préférence pour une négociation.
🔴 Europe 5 — « exception russe/neutraliste »
Chypre
forte réticence aux sanctions et à l’aide militaire.
Carte politique de l’UE selon un indice Nord-Sud/ Est-Ouest de soutien Russie/Ukraine
Carte politique de l’UE — septembre 2026
1. L’indice que je propose
Pour éviter de fabriquer un indicateur pseudo-scientifique, je construis un Indice de soutien à l’Ukraine (ISAU) sur 100, à partir des trois questions Eurobaromètre 104 (automne 2025) dont nous disposons pour les 27 pays :
• Aide financière et humanitaire : 1/3
• Financement de matériel militaire : 1/3
• Poursuite du soutien jusqu’à une paix juste et durable : 1/3
Il s’agit donc d’un indice d’intensité du soutien à l’Ukraine …. non d’un indice officiel de la Commission.
Les trois séries sont directement issues du Standard Eurobarometer 104 : 77 % pour l’aide financière/humanitaire au niveau UE, 57 % pour l’aide militaire et 77 % pour la poursuite du soutien. (EU NEIGHBOURS east)
J’ajoute ensuite, séparément, le soutien aux sanctions, car c’est précisément le domaine où la carte politique devient intéressante : 73 % pour l’UE, avec des extrêmes de 91 % en Suède et 30 % à Chypre. (EU NEIGHBOURS east)
2. Classement des 27
Indice de soutien à l’Ukraine
Rang
Pays
Indice
Aide financière/humanitaire
Aide militaire
Soutien jusqu’à la paix
Lecture politique
1
🇸🇪 Suède
95,0
97
93
95
🟢 très ferme
2
🇩🇰 Danemark
93,0
94
89
96
🟢 très ferme
3
🇫🇮 Finlande
92,0
93
88
95
🟢 très ferme
4
🇵🇹 Portugal
87,3
89
79
94
🟢 très ferme
5
🇳🇱 Pays-Bas
81,3
81
79
84
🟢 ferme
6=
🇮🇪 Irlande
81,0
88
69
86
🟢 ferme
6=
🇱🇹 Lituanie
81,0
85
77
81
🟢 ferme
8
🇵🇱 Pologne
79,7
81
74
84
🟢 ferme
9
🇭🇷 Croatie
79,3
79
78
81
🟢 ferme
10
🇱🇻 Lettonie
76,0
83
67
78
🟢 ferme
11
🇱🇺 Luxembourg
74,3
83
60
80
🟢/🟡
12=
🇩🇪 Allemagne
74,0
82
63
77
🟢/🟡
12=
🇲🇹 Malte
74,0
86
53
83
🟢/🟡
14
🇸🇮 Slovénie
72,7
72
74
72
🟡
15
🇪🇸 Espagne
71,7
83
50
82
🟡
16
🇧🇪 Belgique
69,0
72
59
76
🟡
17
🇪🇪 Estonie
68,3
71
64
70
🟡/🟢
18
🇫🇷 France
68,0
73
53
78
🟡
19
🇸🇰 Slovaquie
65,3
81
44
71
🟡/🟠
20
🇦🇹 Autriche
65,0
72
55
68
🟡
21
🇮🇹 Italie
64,7
73
48
73
🟡/🟠
22
🇭🇺 Hongrie
58,0
66
41
67
🟠
23
🇬🇷 Grèce
55,3
70
27
69
🟠
24
🇷🇴 Roumanie
52,3
54
44
59
🟠
25
🇧🇬 Bulgarie
48,3
61
27
57
🟠/🔴
26
🇨🇿 Tchéquie
45,7
55
34
48
🔴/🟠
27
🇨🇾 Chypre
44,0
63
21
48
🔴
Les données originales montrent notamment que l’aide militaire est extrêmement polarisante : 93 % en Suède, 89 % au Danemark et 88 % en Finlande, contre 21 % à Chypre, 27 % en Bulgarie et 27 % en Grèce. (EU NEIGHBOURS east)
De même, pour la poursuite du soutien jusqu’à une paix juste et durable, on passe de 96 % au Danemark à 48 % en Chypre et en Tchéquie. (aprei.com.ua)
3. Visualisation de l’indice
Point essentiel qui peut faire basculer la politique européenne des sanctions entre 2026 et 2028 :
Les sanctions ne suivent pas exactement le soutien militaire
Quelques exemples :
Pays
Soutien Ukraine
Sanctions
Ce que cela signifie
🇸🇪 Suède
95
91
consensus maximal
🇩🇰 Danemark
93
89
consensus maximal
🇫🇮 Finlande
92
89
consensus maximal
🇵🇹 Portugal
87
89
très cohérent
🇵🇱 Pologne
80
≈ très élevé
très ferme
🇩🇪 Allemagne
74
majorité très forte
sanctions > militaire
🇫🇷 France
68
majorité
sanctions > militaire
🇮🇹 Italie
65
majorité
sanctions > militaire
🇬🇷 Grèce
55
48
fracture profonde
🇭🇺 Hongrie
58
49
fracture politique
🇧🇬 Bulgarie
48
39
véritable zone de fragilité
🇨🇾 Chypre
44
30
Véritable carte Nord → Sud
Si l’on regarde maintenant l’Europe selon un axe Nord → Sud, une première structure apparaît.
🔵 Le « front nordique »
Suède – Danemark – Finlande
C’est le triangle le plus stable.
Il réunit :
• très forte perception de la menace russe ;
• très forte aide militaire ;
• très forte aide financière ;
• très forte volonté de continuer à soutenir l’Ukraine ;
• très forte approbation des sanctions.
En Suède, par exemple, 93 % approuvent le financement du matériel militaire et 95 % veulent poursuivre le soutien jusqu’à une paix juste et durable. (EU NEIGHBOURS east)
Il est extrêmement improbable que ces trois pays deviennent le moteur d’un abandon des sanctions.
6. Le « Nord-Ouest » : solide mais plus transactionnel
Pays-Bas – Irlande – Belgique – Luxembourg
Ils restent globalement pro-Ukraine.
Mais le degré d’acceptation de l’aide militaire est inférieur au bloc nordique.
Les Pays-Bas sont particulièrement intéressants :
81 % aide humanitaire + 79 % aide militaire + 84 % poursuite du soutien.
C’est encore très élevé, mais le pays possède désormais une vie politique beaucoup plus fragmentée.
7. Le « cœur[industriel]continental » : Allemagne – France
C’est probablement la zone déterminante.
🇩🇪 Allemagne
Indice : 74
Mais :
• aide humanitaire : 82 %
• militaire : 63 %
• poursuite du soutien : 77 %
… la question du coût et de la durée de la guerre est politiquement beaucoup plus sensible.
Et c’est ici que la montée de l’AfD devient stratégiquement importante.
🇫🇷 France
Indice : 68
• aide humanitaire : 73 %
• militaire : 53 %
• poursuite du soutien : 78 %
C’est une configuration très particulière :
les Français sont nettement plus favorables à soutenir l’Ukraine qu’à financer son effort militaire.
C’est exactement le type de société dans lequel un parti peut défendre :
« Nous soutenons l’Ukraine, mais nous voulons une négociation et la fin de l’escalade. »
sans être nécessairement perçu comme pro-russe.
C’est pourquoi la France pourrait devenir l’un des principaux pays-charnières.
8. Le Sud européen : pas anti-Ukraine, mais anti-escalade
C’est probablement l’un des résultats les plus importants.
🇪🇸 Espagne
72
Mais seulement 50 % pour l’aide militaire.
🇮🇹 Italie
65
et seulement 48 % pour l’aide militaire.
🇬🇷 Grèce
55
et seulement 27 % pour l’aide militaire.
Cela signifie que le clivage n’est pas :
Ukraine / Russie
mais :
guerre prolongée / négociation
9. L’Europe centrale : la véritable zone de basculement
C’est ici que je situerais le risque politique le plus important pour les sanctions.
🇨🇿 Tchéquie — risque élevé
Indice : 45,7
• aide financière : 55
• militaire : 34
• soutien général : 48
La Tchéquie peut donc rester officiellement dans le dispositif européen tout en devenant un pays où la légitimité politique des sanctions est de plus en plus contestée.
🇭🇺 Hongrie — cas particulier
Indice : 58
Le contexte politique de septembre 2026 a changé de manière spectaculaire.
Après la victoire de Péter Magyar sur Viktor Orbán en avril, la Hongrie s’est éloignée de la politique ouvertement pro-Moscou de l’ère Orbán
Mais cela ne signifie pas que la Hongrie soit devenue automatiquement un pays moteur des sanctions.
10. Les deux vrais « points faibles » : Bulgarie et Chypre
🇧🇬 Bulgarie
Indice : 48,3
Sanctions : 39 %
Militaire : 27 %
Poursuite du soutien : 57 %
C’est une combinaison très particulière :
aide humanitaire acceptable → aide militaire très contestée → sanctions fragiles.
La Bulgarie est donc susceptible de devenir un pays de blocage ou de dilution d’une politique européenne plus dure.
🇨🇾 Chypre
Indice : 44
Sanctions : 30 %
Militaire : 21 %
Poursuite du soutien : 48 %
C’est clairement le pays le plus éloigné du consensus européen.
Mais son poids politique est limité par sa taille.
Chypre peut donc ralentir ou compliquer, mais difficilement provoquer seule un changement de cap européen.
Quels pays peuvent réellement faire basculer les sanctions ?
Je distinguerais maintenant trois catégories.
🔴 Risque de basculement élevé
🇫🇷 France
🇮🇹 Italie
🇩🇪 Allemagne
🇨🇿 Tchéquie
🇸🇰 Slovaquie
🇭🇺 Hongrie
🇬🇷 Grèce
Pourquoi ?
Parce qu’ils combinent :
• opinion moins enthousiaste pour l’aide militaire ;
• partis souverainistes ou populistes importants ;
• débat sur le coût économique ;
• électorats sensibles à la perspective d’une négociation avec Moscou.
🟠 Risque intermédiaire
🇦🇹 Autriche
🇧🇪 Belgique
🇪🇸 Espagne
🇷🇴 Roumanie
🇧🇬 Bulgarie
🇸🇮 Slovénie
🇵🇱 Pologne
La Pologne mérite cependant une mention spéciale : l’opinion reste très nettement anti-russe, et le gouvernement Tusk considère toujours les provocations russes comme une menace directe pour la sécurité polonaise. (AP News)
🟢 Risque faible
🇸🇪 Suède
🇫🇮 Finlande
🇩🇰 Danemark
🇱🇹 Lituanie
🇱🇻 Lettonie
🇪🇪 Estonie
🇵🇹 Portugal
🇳🇱 Pays-Bas
🇮🇪 Irlande
🇭🇷 Croatie
🇱🇺 Luxembourg
🇲🇹 Malte
Dans ces pays, un gouvernement voulant brutalement renverser la politique de sanctions rencontrerait une opinion publique beaucoup plus difficile à convaincre.
Mais il existe un deuxième risque : les sanctions énergétiques
C’est, à mon avis, encore plus important pour les deux prochaines années.
La question n’est plus simplement :
« Faut-il punir la Russie ? »
mais :
« Jusqu’où l’Europe est-elle prête à aller pour se passer définitivement de l’énergie russe ? »
La Cour des comptes européenne vient justement de signaler, le 9 septembre 2026, que la sortie européenne du gaz russe est en difficulté : les importations de gaz russe ont certes chuté de 45 % à 12 %, mais la dépendance n’est pas totalement éliminée et l’objectif de sortie complète demeure difficile. (Reuters)
Un électeur peut être :
80 % favorable à l’Ukraine
mais simultanément :
beaucoup moins favorable à une nouvelle hausse des prix de l’énergie au nom de nouvelles sanctions.
C’est précisément là que les partis populistes peuvent déplacer le débat.
La question des avoirs russes est le prochain grand test
Portugal : favorable à l’utilisation des avoirs russes gelés.
Belgique : demande des garanties européennes avant d’accepter le risque financier. (Reuters)
Hongrie : a tenté juridiquement de contester l’utilisation des revenus de ces actifs. (Reuters)
Donc le prochain clivage européen pourrait devenir :
sanctions commerciales classiques
versus
confiscation/utilisation des avoirs russes + sanctions énergétiques + pression financière maximal
Ma carte politique prospective 2026–2028
Je résumerais finalement la situation ainsi :
🟦 Bloc « confrontation »
Suède – Finlande – Danemark – États baltes – Pologne
« La sécurité européenne passe par l’affaiblissement stratégique de la Russie. »
🟩 Bloc « solidarité européenne »
Portugal – Pays-Bas – Irlande – Allemagne – Luxembourg – Belgique – Croatie
« Il faut soutenir l’Ukraine, mais dans un cadre européen commun. »
🟨 Bloc « soutien + négociation »
France – Espagne – Italie – Autriche – Slovénie – Roumanie
« L’Ukraine doit être soutenue, mais la guerre doit finir par une négociation. »
🟧 Bloc « souveraineté / paix prioritaire »
Grèce – Slovaquie – Hongrie – Bulgarie – Tchéquie
« Les sanctions et surtout l’aide militaire ne doivent pas devenir une politique permanente. »
🟥 Exception
Chypre
« Forte préférence pour la neutralité et la limitation des sanctions. »
15. Et ma conclusion pour votre thèse
Je pense qu’il faut corriger légèrement l’hypothèse d’une fracture Nord-Sud.
Les chiffres ne montrent pas une simple fracture :
Nord riche / Sud pauvre
Ils montrent plutôt une fracture à trois dimensions :
Axe 1 — géographique
Nord-Est → très anti-russe
Ouest → intermédiaire
Sud-Est → plus transactionnel
Axe 2 — militaire
Nord → soutien militaire
Ouest → soutien conditionnel
Sud/Centre → réticence militaire
Axe 3 — politique
partis mainstream → maintien des sanctions
versus
droites souverainistes + certaines gauches pacifistes → négociation et réduction de l’aide militaire.
Et surtout, les sanctions sont beaucoup moins solides politiquement que le soutien général à l’Ukraine.
C’est le résultat que je considérerais comme le plus important :
L’UE ne paraît pas proche d’un retournement général en faveur de la Russie.
Elle paraît en revanche vulnérable à un retournement concernant la durée, le coût et l’intensité de la confrontation avec la Russie.
les pays réellement décisifs entre 2026 et 2028 seront donc moins Chypre ou la Bulgarie que la France, l’Allemagne, l’Italie, la Pologne et, selon leur évolution politique, la Tchéquie et la Hongrie.
Indice de soutien à l’Ukraine dans l’UE
Moyenne des trois indicateurs Eurobaromètre : aide financière/humanitaire, aide militaire et poursuite du soutien jusqu’à une paix juste et durable. Données d’automne 2025, utilisées comme dernière base comparative complète par pays
Suède
95
Danemark
93
Finlande
92
Portugal
87,3
Pays-Bas
81,3
Irlande
81
Lituanie
81
Pologne
79,7
Croatie
79,3
Lettonie
76
Luxembourg
74,3
Allemagne
74
Malte
74
Slovénie
72,7
Espagne
71,7
Belgique
69
Estonie
68,3
France
68
Slovaquie
65,3
Autriche
65
Italie
64,7
Hongrie
58
Grèce
55,3
Roumanie
52,3
Bulgarie
48,3
Tchéquie
45,7
Chypre
44
_______________
Réponse de DeepSeek à la même question
La réponse de Deepseek à la même question est plus concise et ne reflète pas la situation en septembre 2026 mais bien celle postérieure au Sommet de décembre 2025.
Bonjour ! Je n’ai pas de données d’opinion publiées en septembre 2026, donc ce qui suit reflète les grandes tendances connues jusqu’à ma dernière mise à jour, et non un instantané garanti à cette date précise.
Allemagne — Opinion divisée : soutien fort à l’Ukraine à l’ouest, réticences dans l’est ; AfD et BSW critiques sur les sanctions et les livraisons d’armes. Le gouvernement reste pro-sanctions mais prudent.
Autriche — Tradition de neutralité ; opinion réservée sur les sanctions, soutien humanitaire. Le FPÖ, proche de Moscou, pèse sur le débat.
Belgique — Soutien globalement solide à l’Ukraine et aux sanctions ; débats sur les avoirs russes gelés (Euroclear). Clivages possibles Flandre/Wallonie.
Bulgarie — Opinion partagée, dépendance énergétique historique ; soutien officiel à l’UE, mais partis pro-russes influents.
Chypre — Réticences marquées sur les sanctions, liens économiques avec la Russie ; soutien limité à l’Ukraine.
Croatie — Soutien à l’Ukraine et aux sanctions, mémoire de la guerre des années 1990 ; opinion plutôt favorable.
Danemark — Très pro-ukrainien, soutien fort aux sanctions et aux armes ; consensus politique large.
Espagne — Soutien solide à l’Ukraine et aux sanctions ; opinion globalement favorable.
Estonie — Parmi les plus pro-ukrainiens et pro-sanctions ; consensus très fort.
Finlande — Adhésion à l’OTAN, soutien très fort à l’Ukraine et aux sanctions.
France — Soutien à l’Ukraine et aux sanctions, mais opinion divisée ; RN et LFI ont exprimé des réserves variables. Débat sur l’autonomie stratégique et le coût économique.
Grèce — Opinion plutôt réservée sur les sanctions, liens historiques et religieux avec la Russie ; soutien à l’Ukraine mais prudence.
Hongrie — Gouvernement d’Orbán ouvertement critique des sanctions et réticent sur l’aide à l’Ukraine ; opinion divisée.
Irlande — Soutien à l’Ukraine et aux sanctions ; neutralité militaire traditionnelle, mais position claire contre l’agression russe.
Italie — Soutien officiel à l’Ukraine et aux sanctions, mais opinion et coalitions divisées ; la Ligue a des positions pro-russes historiques.
Lettonie — Très pro-ukrainien et pro-sanctions ; forte inquiétude face à la Russie.
Lituanie — Soutien maximal à l’Ukraine, sanctions strictes, consensus large.
Luxembourg — Soutien à l’Ukraine et aux sanctions, cohérent avec la ligne UE.
Malte — Neutralité constitutionnelle ; soutien prudent à l’Ukraine, réticences sur certaines sanctions.
Pays-Bas — Soutien fort à l’Ukraine et aux sanctions ; débats sur le coût et l’énergie.
Pologne — Très pro-ukrainien et pro-sanctions, malgré des tensions agricoles et historiques récentes.
Portugal — Soutien à l’Ukraine et aux sanctions ; opinion globalement favorable.
République tchèque — Soutien fort à l’Ukraine et aux sanctions ; gouvernement et opinion largement favorables.
Roumanie — Soutien à l’Ukraine et aux sanctions, avec inquiétudes sécuritaires ; progression de partis nationalistes et pro-russes.
Slovaquie — Gouvernement de Robert Fico critique des sanctions et de l’aide militaire à l’Ukraine ; opinion divisée, avec une partie de l’électorat pro-russe.
Slovénie — Soutien à l’Ukraine et aux sanctions ; opinion plutôt favorable, débats limités.
Suède — Adhésion à l’OTAN, soutien très fort à l’Ukraine et aux sanctions ; consensus large.
Conclusion provisoire
Toutes précautions oratoires mises à part, Chat GPT confirme mon intuition de départ. Il y a bien entre les sept pays de l’ensemble balto-polono-scandinave et le reste de l’UE, particulièrement le Sud, une fracture qui ne peut que s’approfondir. Comptant eux-mêmes, à l’exception du Danemark, parmi les contributeurs les plus modestes, ces sept pays, forment en effet le cœur des partisans inconditionnels des sanctions contre la Russie et du soutien à l’Ukraine, à condition que ce soit l’Allemagne, le Royaume Uni, et si possible le Centre et le Sud, qui paient. Trois d’entre eux – Danemark, Finlande et Suède – font d’ailleurs partie, avec l’Allemagne, l’Autriche et les Pays Bas, du groupe des quatre « frugaux », refusant toute idée de mutualisation de la dette des pays membres de la zone €.
La Suède qui, rappelons-le, figure parmi les plus modestes contributeurs au régime Zélensky, vient de revenir à la charge sur le dossier des avoirs russes gelés, ainsi que le rapporte Politico (22 septembre, 2026)9 . La Première suédoise revient à la charge sur les avoirs russes gelés par Euroclear. En anglais : The Swedes want to throw Belgium under the bus…
Trois pays du Sud également – la Croatie, l’Espagne et la Slovénie – font preuve sur les sanctions et le soutien à l’Ukraine, d’un légalisme rigide. Au soutien à l’Ukraine ils comptent aussi parmi les contributeurs les moins importants. Mais il est remarquable que ces trois pays méditerranéens sont aussi parmi ceux qui échangent le plus avec la Chine et défendent ces échanges. Leur position stricte vis-à-vis de la Russie n’implique pas une fermeture aux Routes de la soie, au projet eurasiatique et aux BRICS. C’est aussi le cas pour tous les pays des Balkans occidentaux – dont la Slovénie fait partie – particulièrement la Serbie, le Monténégro et la Bosnie, mais aussi la Croatie, l’Albanie et la Macédoine du Nord. Le seul pays des Balkans occidentaux à ne pas faire partie des Routes de la soie est le Kosovo. Les trois autres pays des Balkans, Bulgarie, Grèce et Roumanie, sont également signataires ainsi qu’au Sud-Ouest, le Portugal. L’Espagne n’a pas signé de MOU avec les BRI mais cofinance avec la Chine la plus longue route ferroviaire du monde – 13 000 km – entre Yiwu et Madrid dont j’ai vu passer les trains à Zheng Zhou en 2014 10.
Parmi les 13 pays dont l’opinion est divisée ou émet des réserves – Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Chypre, France, Grèce, Hongrie, Italie, Malte, Roumanie, Slovakie, Slovénie – tous figurent au nombre des 17 que j’ai défini comme constituant le Sud. Aucun ne figure au nombre des Nordiques (Scandinavie, Pologne et Pays baltes). Et trois d’entre eux appartiennent au bloc central et cœur industriel de l’UE.
Sans surprise, les Néerlandais s’inquiètent du coût du soutien à l’Ukraine, et l’Irlande reste attachée à sa neutralité autant sans doute qu’à la latitude qui lui est laissée de taxer a minima les revenus européens des GAFAMs étasuniens qui ont installé leurs sièges sur son sol.
Hyper-activisme européen et développements adverses
La défense nucléaire avancée de E. Macron
L’acrobate du « en même temps » semble incapable de résister aux sirènes atlantistes. Soit qu’il n’ait jamais compris que ni la France, ni l’Europe continentale, n’arriverait à se dégager des pièges tendus par la toile anglo-américano-abrahamiste, soit qu’il y trouve des avantages à court terme, sonnant et trébuchant, ou moraux, de nature à panser ses blessures narcissiques subies tant à l’Est qu’à l’Ouest, Macron continue à trahir ce que De Gaulle et Adenauer avait défini comme la destinée manifeste du moteur germano-français, devenir le cœur de la construction d’une Europe autonome « de l’Atlantique à l’Oural ». Le voilà s’obstinant à tenter de forcer la porte d’un Nord irrémédiablement soudé à l’anglosphère.
- Juillet 2025
: Signature de ladéclaration de Northwood, renforçant la coordination des forces de dissuasion entre la France et le Royaume-Uni.
- Mars 2026 : Discours d’Emmanuel Macron annonçant l’évolution de la doctrine vers une « dissuasion avancée », proposant d’associer des partenaires européens à la profondeur stratégique française tout en conservant la décision exclusive du feu nucléaire.
Challenges.fr, 14 septembre 2026 : « La Finlande est le dernier pays scandinave à rejoindre la dissuasion nucléaire avancée lancée en début d’année par Emmanuel Macron. Une annonce dévoilée à l’occasion d’une visite de Jean-Noël Barrot à Helsinki.
Huit pays avaient été d’emblée associés à cette nouvelle doctrine : le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Pologne, les Pays-Bas, la Belgique, la Grèce, la Suède et le Danemark. Ils ont été rejoints en mai par la Norvège. La Finlande est le dixième à rejoindre officiellement l’initiative française. L’Estonie s’est, elle, dite « en discussion » avec Paris sur une éventuelle participation, selon son Premier ministre Kristen Michal à l’AFP. « La France contribue aussi à garantir notre indépendance avec ses troupes en Estonie. Donc, si la coopération peut être approfondie dans le domaine nucléaire, elle le sera probablement », a-t-il dit en marge d’un sommet des Européens sur l’Arctique à Rovaniemi, dans le nord de la Finlande. »
Cette posture se veut complémentaire et non incompatible avec la dissuasion de l’OTAN ou le parapluie nucléaire américain, sans s’y substituer.
Accord USA-Danemark sur le Groenland
Sous le titre « La stratégie européenne pour résister à Trump a fini par payer » le Grand Continent (22 septembre, 2026) annonce triomphalement que :
L’accord signé … donne aux États-Unis un accès militaire élargi à l’île, qui était toutefois déjà prévu est possible dans le cadre de l’accord de 1951. Donald Trump a déjà annoncé la construction de deux nouvelles bases. L’accord mentionne également explicitement la construction du « Dôme d’or » (Golden Dome), le projet de bouclier antimissiles américain inspiré du dôme israélien et reconnaît une liberté complète des parties pour toute mesure nécessaire au Groenland pour défendre la zone du Traité de l’Atlantique Nord. L’accord ne peut être modifié que par consentement mutuel des parties.
En cas d’indépendance du Groenland, le gouvernement de l’île et le Danemark doivent garantir que le nouvel État restera dans l’OTAN, y compris en demandant son adhésion. L’accord prévoit d’ailleurs un engagement renforcé de l’Alliance dans la région arctique en matière de planification, de renseignement et d’exercices.
Le volet économique de l’accord est très limité, alors que la Maison-Blanche poussait depuis janvier pour renforcer sa « coopération » avec le Groenland dans le domaine des ressources naturelles, afin d’exploiter les gisements de pétrole, d’uranium, de terres rares et d’autres minéraux stratégiques de l’île. Le document ne mentionne finalement qu’à une seule reprise « la coopération minière », sans qu’aucune clause contraignante n’y soit attachée.
Le point le plus substantiel de l’accord en matière économique concerne les investissements étrangers. Celui-ci exclut tous les pays qui ne sont membres ni de l’OTAN ni de l’Union européenne…
La Première danoise et le Premier Greenlandais avaient sur les photos tous trois l’air enchantés de cet accord qui représente une humiliation pour l’UE et ses prétendues ambitions d’autonomie stratégiques. Les apparences sont sauves mais le Danemark fait une fois de plus la preuve qu’entre l’Europe et l’Atlantique son cœ
ur n’a jamais balancé. Pas plus qu’il ne l’a fait lors de l’attaque contre Nord Stream qui a eu lieu dans ses eaux territoriales. Reste l’intéressante question que pose la carte de l’Arctique avec les USA empiétant sur la « souveraineté » de l’UE à l’Est, cependant que l’UE fait mine de lancer ses tentacules vers l’Ouest avec sa proposition d’association du Canada à l’UE.
Le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande. Et la Chine ?
Euracvtiv, 16 septembre 2026 :
Le Canada pourrait devenir le premier membre associé[quoi que cela veuille dire]
de l’UE, a déclaré mercredi Ursula von der Leyen, évoquant ainsi la possibilité d’une nouvelle relation sans précédent avec Ottawa.
« Je souhaiterais ouvrir la voie pour que le Canada devienne le premier membre associé de l’Union européenne », a-t-elle indiqué lors de son discours sur l’état de l’Union, en présence du Premier ministre canadien Mark Carney.
Elle n’a pas précisé ce qu’impliquerait ce statut de membre associé.
Le concept n’est pas tout à fait nouveau, puisque le chancelier allemand Friedrich Merz avait proposé en mai que l’UE crée un statut de « membre associé » pour l’Ukraine, comme étape intermédiaire vers une adhésion à part entière, permettant ainsi à Kiev de participer aux institutions de l’UE sans droit de vote tout en poursuivant son processus d’adhésion.
Jusqu’à présent, l’opinion dominante parmi les hauts responsables de l’UE était que le Canada ne pouvait se voir proposer l’adhésion car il se trouve en dehors du continent européen, une condition territoriale stipulée dans les traités européens.
Cette annonce fait suite à un article publié la semaine dernière dans le Wall Street Journal, selon lequel Carney avait examiné la possibilité que le Canada devienne un « membre associé », alors qu’Ottawa cherche à renforcer ses liens avec l’Europe dans un contexte de détérioration de ses relations commerciales avec les États-Unis.
Carney a toutefois déclaré dimanche que le Canada ne cherche pas à adhérer à l’UE, mais plutôt à établir une « alliance unique » avec le bloc.
« Nous partageons les mêmes valeurs, nous avons les mêmes priorités et nous avons des atouts très complémentaires », a déclaré Carney aux journalistes dimanche.
Un sondage réalisé en mars 2025 a montré que près de la moitié des Canadiens sont favorables à une éventuelle adhésion à l’UE.
À Bruxelles, les diplomates se sont penchés sur ce à quoi pourrait ressembler une solution.
« Le Canada est suffisamment grand et important, et partage suffisamment de valeurs communes, pour peut-être se voir proposer une approche un peu plus personnalisée et sur mesure », a indiqué un haut diplomate européen à Euractiv.
Une autre alternative serait que le Canada adhère à l’EEE, l’accord qui étend le marché unique de l’UE à l’Islande, à la Norvège et au Liechtenstein. Cette solution semble toutefois peu probable.
« Je ne pense pas que ce soit probable, mais je ne dis pas que c’est impossible », a déclaré un responsable de l’EEE à Euractiv.
*
Portée par cette vague d’enthousiasme, la maltèse Roberta Metsola, Présidente du Parlement de l’UE, suggère que l’Australie et la Nouvelle Zélande posent candidature au statut de « membre associé » de l’UE (https://www.bseanmediatv.fr/post/apres-le-canada-l-australie-et-la-nouvelle-zelande-pourraient-elles-aussi-devenir-membres).
Pourquoi pas la Chine ?
Nous avons vu plus haut que la Slovénie se situe parmi les partisans des sanctions contre la Russie et du soutien à l’Ukraine, mais aussi qu’elle reste ouverte aux investissements chinois et semble vouloir le rester. Au point de lorgner vers l’Eurasie, les Routes de la Soie et les BRICS ? C’est en tous cas ce que la déclaration de la Commissaire à l’élargissement, la Slovène Marta Kos, permet de se demander (Euractiv 9/9/26) :
l’UE subit également « la pression de l’Occident, de la part des idéologues du mouvement MAGA qui tentent de nous persuader que notre civilisation européenne est en déclin, que notre économie est en déclin et que nous ne disposons pas de la bonne démocratie », a-t-elle ajouté.
Kos a qualifié la Chine de « cas différent » en faisant valoir que Pékin ne s’est pas livré au genre de campagnes de désinformation que Moscou a menées contre le Monténégro et le reste des Balkans occidentaux.
Au contraire, Pékin entretient des liens économiques avec les pays candidats – un groupe qui comprend la Serbie, la Bosnie-Herzégovine et la Moldavie – dans le but de s’assurer des avantages économiques après leur adhésion.
« La Chine se niche en quelque sorte parmi nos pays candidats », a-t-elle déclaré.
Trève de plaisanterie…
L’UE est-elle à ce point aliénée qu’elle ne puisse imaginer résister à l’impérialisme étasunien qu’en s’alliant aux Cinq Grandes Oreilles, ou Cinq Grands Yeux , anglophones qui l’espionnent et la manipulent depuis au moins 2004 ? Cette suggestion fut d’ailleurs immédiatement repoussée par la Nouvelle Zélande (https://www.boursorama.com/actualite-economique/actualites-amp/aucune-discussion-entre-la-nouvelle-zelande-et-l-ue-au-sujet-d-une-association-4ad24a2ed9d43504c01c33571bd343f6). L’Australie également semble ne pas voir l’intérêt de relations plus étroites que celles que lui assure déjà l’accord de libre échange en attente de ratification (https://www.euronews.com/my-europe/2026/09/18/exclusive-australian-government-breaks-silence-on-eu-associate-member-pipe-dream). En effet, aucun pays anglophone ne peut s’imaginer dans une relation avec des pays ou des blocs dont elle ne tire pas les ficelles.
*
Sur le dossier ukrainien, l’ensemble anglo reste d’ailleurs remarquablement cohérent. L’Ukraine fut, avant la France, l’Allemagne ou Bruxelles, la première destination du socialiste Andy Burnham après son accession au poste de Premier britannique en juillet 2026. Indication on ne peut plus claire sur ses priorités. Le Canada de Carney – au pouvoir depuis avril 2025 – reste complètement aligné sur la position du Royaume Uni, qui n’a pas changé depuis Boris Johnson et le socialiste Starmer. L’Ukraine fut également parmi ses premières visites à l’étranger après son avènement11.
Nous pouvons envisager ces développements sous trois angles différents :
Les dirigeants de l’UE, même les plus réservés sur le dossier ukrainien, et les plus méfiants vis-à-vis des USA de Trump, aveugles sur les manipulations dont ils ont été l’objet depuis au moins 2004, restent aimantés par l’anglosphère. Oubliant la trahison de l’AUKUS12 (Australie, Royaume Uni, USA) leur stratégie d’alliance avec les puissances moyennes de Carney fait de nouveau d’eux les jouets des Cinq grandes yeux et oreilles, et les condamne à devenir une province du Commonwealth et de l’Empire. Pire : si les Démocrates gagnaient les prochaines élections présidentielles étasuniennes, il est plus que probable que les USA rejoignent l’ensemble rêvé par Metsola. Le plan d’un de mes professeurs de Science Po à l’Université de La-Nouvelle-Orléans – « We are for the United States of Europe if we are members of them » – serait alors pleinement réalisé, risquant de nous entraîner du côté des perdants dans la vision uni-polaire et manichéenne que se fait l’anglosphère de l’univers et de l’histoire.
Les frugaux veulent mettre l’UE, et donc le Sud, au régime
Les États «frugaux», connus pour leur orthodoxie budgétaire en Europe, font de nouveau parler d’eux. Dans une tribune parue sur Politico, les chefs de gouvernement de l’Allemagne, des Pays-Bas, du Danemark, de l’Autriche et de la Finlande ont appelé à réduire «de plusieurs centaines de milliards d’euros» le budget pluriannuel de l’Union européenne, censé couvrir la période allant de 2028 à 2034.
Présenté en juillet dernier par la Commission européenne, le texte prévoit près de 2 000 milliards d’euros de dépenses sur sept ans, un volume en hausse de 60 % par rapport au budget ayant couvert la période allant de 2021 à 2027. Près de 865 milliards d’euros seraient consacrés aux politiques régionales et agricoles, tandis que 409 milliards iraient à la compétitivité, à la recherche et à l’innovation, notamment dans les technologies stratégiques. Le projet prévoit par ailleurs jusqu’à 100 milliards d’euros pour soutenir l’Ukraine sur la période. (https://www.lefigaro.fr/conjoncture/cinq-pays-europeens-appellent-a-diminuer-de-plusieurs-centaines-de-milliards-d-euros-le-prochain-budget-de-l-ue-20260918).
Le C8, nouveau bloc européen de l’Est autour des Carpathes
L’UE depuis qu’elle a embarqué entre 1991 et 2004 la majorité des Pays de l’Est anciennement membres du Pacte de Varsovie, a vu plusieurs tentatives de regroupement régionaux de ces pays. Les plus connus sont : le groupe de Visegrad et l’Initiative des Trois Mers. C’est par le biais de cette dernière dont l’Ukraine est avec la Moldavie, membre associé, que Zelensky vient récemment d’essayer une fois de plus de forcer la porte de l’UE en y « créant » un sous-groupe nommé les 8 des Carpathes.
Gemini sur Visegrad et l’Initiative des Trois Mers :
Le Groupe de Visegrád (V4) et l’Initiative des Trois Mers (ITM) sont deux alliances régionales majeures d’Europe centrale et orientale, nées à des époques différentes mais partageant la volonté de renforcer le poids de cette région face aux puissances historiques de l’Est et de l’Ouest.
1. Le Groupe de Visegrád (V4) : L’intégration post-communiste
Le Groupe de Visegrád a été fondé le 15 février 1991 dans la ville hongroise de Visegrád par les dirigeants Lech Wałęsa (Pologne), Václav Havel (Tchécoslovaquie) et József Antall (Hongrie).
- Origine et symbole : Le choix du lieu fait référence au Congrès de Visegrád de 1335, où les rois de Pologne, de Bohême et de Hongrie s’étaient réunis pour créer de nouvelles routes commerciales et contourner Vienne.
- Objectifs initiaux : À la suite de l’effondrement du bloc soviétique et du Pacte de Varsovie, le but principal était de s’entraider pour sortir définitivement de l’orbite de Moscou et orchestrer l’intégration de ces pays au sein de l’OTAN et de l’Union européenne.
- Évolution : Composé à l’origine de trois pays, il est devenu le « V4 » le 1er janvier 1993 lors de la division pacifique de la Tchécoslovaquie entre la République tchèque et la Slovaquie.
- Positionnement récent : Une fois entrés dans l’UE en 2004, le V4 s’est progressivement transformé en un bloc de pression politique interne à l’Europe, affichant des positions souverainistes, opposées aux quotas migratoires obligatoires (crise de 2015) et sceptiques face au fédéralisme bruxellois.
2. L’Initiative des Trois Mers (ITM) : Le désenclavement et la géopolitique moderne
Lancée en 2016 lors de son premier sommet à Dubrovnik (Croatie) sous l’impulsion de la Pologne et de la Croatie, l’Initiative des Trois Mers est un forum beaucoup plus large, axé sur les infrastructures.
- Origine et concept : L’ITM s’inspire du concept historique de l’Intermarium (l’« Entre-deux-mers »). Imaginé dans l’entre-deux-guerres par le maréchal polonais Józef Piłsudski, ce projet visait à créer une fédération de pays allant de la Baltique à la mer Noire pour contrer les ambitions expansionnistes de l’Allemagne et de l’URSS.
- Géographie et membres : Le réseau réunit aujourd’hui 13 États membres de l’UE situés entre trois mers (la Baltique, l’Adriatique et la mer Noire / mer Égée avec l’adhésion de la Grèce) : l’Autriche, la Bulgarie, la Croatie, l’Estonie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, la Roumanie, la Slovaquie, la Slovénie, la Tchéquie et la Grèce. L’Ukraine et la Moldavie y sont associées en tant que partenaires.
- Objectifs modernes : Contrairement au V4 très politique, l’ITM est avant tout une plateforme économique et stratégique. Elle vise à développer un axe de transport et d’énergie Nord-Sud (comme l’autoroute Via Carpatia ou des terminaux de gaz naturel liquéfié) pour rattraper le retard structurel par rapport à l’Europe de l’Ouest et couper la dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie. L’initiative bénéficie dès le départ d’un fort soutien financier et diplomatique des États-Unis, qui y voient un levier de sécurité transatlantique face à Moscou.
Comparaison des deux groupes
| Critère | Groupe de Visegrád (V4) | Initiative des Trois Mers (ITM) |
|---|---|---|
| Date de création | 1991 | 2016 |
| Nombre de membres | 4 (Pologne, Hongrie, Tchéquie, Slovaquie) | 13 pays d’Europe centrale et orientale (membres UE) |
| Périmètre géographique | Europe centrale stricte | De la Baltique à la mer Noire et à l’Adriatique |
| Objectif principal | Politique : Sortie du communisme, puis souverainisme au sein de l’UE | Économique & Sécuritaire : Infrastructures énergétiques, numériques et de transport Nord-Sud |
| Situation actuelle | Très fragilisé par les fractures internes, notamment l’opposition entre la Pologne (pro-Ukraine) et la Hongrie/Slovaquie (plus proches de Moscou). | En pleine expansion logistique et stratégique, renforcée par la nécessité pour l’Europe de l’Est de s’isoler totalement du gaz russe. |
Les huit des Carpathes (C8) imaginés par Zelensky comprendraient 6 pays membres de l’UE – Roumanie, Pologne, Slovaquie , République Tchèque , Autriche et Hongrie – ainsi que la Serbie et l’Ukraine13.
Heureusement les Européens de l’Est, qu’ils soient russophiles ou russophobes, n’avalent pas aussi facilement les couleuvres que les centristes politiquement corrects de l’Ouest. À peine lancé, le char C8 perd déjà deux roues, la Hongrie et la République tchèque, que Zelensky, toujours prompt à prendre ses désirs pour des réalités, avait inscrit au nombre des joueurs sans leur demander leur avis. D’après Euractiv (23 septembre, 2026). Le Premier Magyar a déclaré que « la Hongrie avait de bonnes raisons de rester en dehors et la République Tchèque a également décliné l’offre14:
Par ailleurs, les contributeurs principaux, dont l’UE commencent à admettre que l’Ukraine est un panier percé :
(Euractiv, 22 septembre, 2026) : Près d’un mois après l’annonce par l’Ukraine d’un déficit budgétaire de 27 milliards de dollars (23,5 milliards d’euros), l’UE n’est pas plus près de trouver comment combler ce déficit – ni de déterminer son ampleur réelle.
Certains pays européens se montrent réticents face aux demandes de fonds supplémentaires, qui font suite à une série de démissions et de limogeages de responsables gouvernementaux sur fond d’allégations de corruption. D’autres mettent en avant les attaques aériennes et le blocus naval de la Russie, ainsi que les contributions financières inférieures aux prévisions des autres pays occidentaux.
Selon les analystes, la situation s’est aggravée du fait que Kiev n’a pas adopté les réformes nationales liées aux programmes de prêts de l’UE et du FMI, ce qui empêche le versement cette année d’une aide potentielle pouvant atteindre 29,5 milliards de dollars (25,7 milliards d’euros)15.
Discussion
Les centres de pouvoir de l’UE, France, Allemagne et Commission restent aimantés par le Nord anglophile, l’anglosphère et l’OTAN.
Bien que la France, par son histoire et sa géographie, chevauche la frontière invisible qui sépare le Nord du Sud méditerranéen de l’Europe, Sarkozy, Hollande et Macron, on clairement cédé à l’attraction du Nord anglophile et de l’idéologie néo-libérale, contrastant avec l’eurasianisme traditionnels des dirigeants français depuis De Gaulle et jusqu’à Chirac.
L’Allemagne est également partagée entre un Nord protestant plus indulgent pour le néo-libéralisme, et un Sud catholique, ainsi qu’entre un Ouest libéral et un Est marqué par 45 ans d’un marxisme dogmatique. L’anglophilie de beaucoup d’Allemands, que ce soit à l’Est ou à l’Ouest, reste cependant conjoncturelle. Si les Allemands se départaient du mélange de ressentiment et de condescendance typique des Nordiques à l’égard du Sud, les intérêts de la balance commerciale de RDE devraient clairement la faire pencher vers le Sud. Ressentiment, car après avoir reçu écriture, et l’essentiel de sa « haute » culture du Sud et de l’Ouest, elle resta jusqu’au 16e siècle arriérée par rapport à l’Europe méditerranéenne et atlantique. Ce ressentiment s’exprima pour la première fois avec la Réforme luthérienne. Condescendance, mêlée d’envie pour le style de vie d’un Sud, dispendieux, et resté « païen » sous le verni du catholicisme charriant, comme des fossiles, des attitudes et réflexes culturels marqués au coins du paganisme gréco-romain. Ce Sud cependant reste pour le Nord « parvenu », un modèle. C’est vers le Sud plutôt qu’en Scandinavie ou dans les Pays baltes que les Allemands voyagent et passent leurs loisirs. Ce Sud qui cependant refuse de n’être que cela : une terre de vacances pour les Nordiques et l’anglosphère.
Est-ce le caractère plus détendu du Sud, voire son « complexe de supériorité », qui explique une passivité un peu dédaigneuse face aux multiples initiatives du Nord devenu dominant ? Et son incapacité à formuler une conscience propre transcendant les intérêts particuliers de chacune des antiques nations qui le composent ?
Avec les avancées des extrêmes, droite et gauche, en Allemagne et en France des perspectives nouvelles s’ouvrent : aux récents succès de l’Afd en Saxe-Anhalt, au Mecklenburg, de Die Linke à Berlin, s’ajoutent les chances de voir le RN l’emporter aux prochaines présidentielles françaises, les Insoumis se placer en seconde position, les extrêmes allemands et français accéder au pouvoir, détrôner la présente Commission et voter la levée des sanctions frappant la Russie ainsi que l’arrêt du soutien à l’Ukraine, voire la reconstruction de Nord Stream et la reprise des achats de pétrole et de gaz russes.
Cela signifierait un retour aux conditions qui ont, de 1945 à 2020, assuré à l’Europe et à l’UE une croissance ininterrompue accompagnant depuis le début du siècle le développement de ses échanges avec la Russie et de ses relations avec la Chine. Ces conditions prévalurent jusqu’à l’avènement de Joe Biden en 2021, bientôt suivi de l’invasion de l’Ukraine par la Russie et l’explosion de Nord Stream.
L’affrontement entre les extrêmes gauche et droite qui accompagna la montée du nazisme et du fascisme dans les Années Trente n’est pas une fatalité. On a vu en Europe de l’Est, entre autre en Slovaquie et en République tchèque (https://fr.euronews.com/embed/2926148) des collaborations ponctuelles sur certains sujets, et même des coalitions, entre les extrêmes, sans dérapages violents. Au Nord, on voit les sociaux-démocrates scandinaves et néerlandais prendre sur la migration illégale des positions pragmatiques. Après cinquante ans d’hégémonie des gauches et droites du Centre, on peut envisager une inversion des pôles politiques européens où les centres se retrouveraient aux extrêmes et les extrêmes voisinant au centre ? Les perspectives d’ « excursions magnétiques » en politiques, et d’ alliances des extrêmes, pourraient-elles pousser l’establishment européen à des attitudes moins dogmatiques et au compromis avec la Russie et la Chine, sans oublier l’Iran.
Le Monde (26 septembre 2026) annonce que après sa victoire électorale en Saxe-Anhalt l’Afd accepte la main tendue du BSW « gauchiste nationaliste » :
Vendredi 25 septembre, l’AfD a … obtenu de modifier la façon dont les élus siègent dans l’hémicycle régional. Contrairement à la tradition, les députés de l’AfD seront assis au centre, ainsi que ceux du BSW, petit parti de gauche nationaliste emmené par Sahra Wagenknecht, ex-élue de la formation de gauche radicale Die Linke, qui disposera de cinq élus, et avec lequel l’AfD entend travailler. Les Verts de Die Grünen seront placés à l’extrême droite, à côté du parti conservateur Union chrétienne-démocrate (CDU) du chancelier Friedrich Merz, tandis que Die Linke restera à l’extrême gauche. D’après Gemini :
- Die Linke : Place ses 8 députés à l’extrême gauche de la salle.
- SPD : Vient juste à la droite de Die Linke avec 8 sièges.
- BSW (Bündnis Sahra Wagenknecht) : Place ses 5 députés au centre-gauche, directement à gauche de l’AfD.
- AfD (Alternative pour l’Allemagne) : Se décale de l’extrême droite vers le centre de l’hémicycle en raison de son nouveau statut de première force politique (39 sièges).
- CDU : Se trouve désormais au centre, entre l’AfD et les Verts.
- BÜNDNIS 90/DIE GRÜNEN : Siège de l’autre côté à l’extrême droite de l’hémicycle avec 8 sièges
L’Europe entre pessimisme, espoir et optimisme
D’après une enquête du service des relations extérieures de l’UE, les Européens s’ils sont de plus en plus pessimistes par rapport à l’UE, ne le sont pas sur l’Europe et son avenir. Voir https://fr.euronews.com/embed/2926148.
Indices annonceurs d’une évolution en ce sens
– Confirmation des visées impérialistes des USA dans l’hémisphère occidental
Les visées trumpiennes sur les deux sous-continents américains, au Nord sur le Canada et le Groenland16, au Sud sur les Amériques centrales et du Sud trahissent probablement d’anciennes arrière-pensées, également partagées par certaines fractions démocrates, pouvant refaire surface à tout moment au gré des avatars de la politique et de la géopolitique américaine.
– Délitement des alliances abrahamistes au MO
Suite au double blocus du Golfe arabo-persique par les USA et par l’Iran, au contrôle de la Mer rouge par les Houthis, à la vulnérabilité du pipeline de Yanbu aux attaques des Houthis, les élites saoudiennes et les états du Golfe pourraient remettre le rôle et la politique du prince héritier MBS, voire la dynastie al Saoud, et l’idéologie abrahamiste, laissant Israël complètement isolé au Moyen Orient. Ce qui laisserait ouverte la porte à un glissement de toute la péninsule dans l’orbite asiatique, iranienne, chiite, chinoise et extrême-orientale.
– L’échec du projet Carpathes s’ajoute aux autres indices de perte de crédit du régime Zélensky tant auprès de son premier parrain, les USA, que de ses victimes européennes.
– Perte de crédibilité de l’ensemble polono- balte
- Malgré la tentative de veto de la Lituanie, La France et le Luxembourg obtiennent de l’UE que les oligarques russes …. soient retirés de la liste des sanctionnés russes
- Euractiv (23 septembre, 2026) rapporte que l’accord sur les sanctions contre la Russie obtenu malgré une « certaine fatigue », « prolonge de trois ans les sanctions à l’encontre de personnes et d’entités proches de la Russie » mais il retire « Ousmanov et Fridman, tous deux sanctionnés depuis 2022, de la liste noire de l’Union. Il fait suite à plus d’une semaine de bras de fer diplomatique après la demande de Paris de retirer Ousmanov de la liste pour des raisons de « sécurité nationale ». Le Luxembourg militait depuis longtemps en faveur du retrait de Fridman de la liste. … La Lettonie, l’Estonie et la Lituanie s’apprêtent à imposer des sanctions nationales à l’encontre d’Alicher Ousmanov et de Mikhaïl Fridman, après le retrait par l’UE des deux oligarques russes de sa liste noire.»
- (Ibid.) : Le département dirigé par l’Estonienne Kaja Kallas est réduit à « un squelette » :
- Le Service européen pour l’action extérieure (SEAE), dirigé par la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas, devrait survivre à une réorganisation imminente. Les responsables préviennent toutefois qu’il pourrait être réduit à sa plus simple expression.
- Le SEAE conservera la responsabilité des 145 délégations de l’UE à travers le monde, mais on ignore combien d’entre elles resteront dotées d’un effectif complet. Leur financement dépendra en partie de l’issue des négociations sur le budget de l’Union pour la période 2028-2034.
Un responsable impliqué dans les négociations budgétaires a indiqué que les relations extérieures, y compris le réseau de délégations du SEAE, figureraient parmi les premiers domaines touchés si les gouvernements décidaient de réduire les dépenses.
La plupart des fonctionnaires du SEAE concernés par la réorganisation devraient être réaffectés à d’autres services de la Commission européenne, selon un responsable de la Commission. « Le SEAE sera un squelette d’ici deux ans », a déclaré ce responsable à Rapporteur.
Des diplomates ont indiqué que les pressions exercées par l’Allemagne et d’autres pays de l’UE pour réduire les coûts administratifs sont à l’origine de ces coupes, et que les tensions avec Ursula von der Leyen au sujet du contrôle de la politique étrangère constituent un autre facteur. « Kallas ne s’est pas aidée non plus », a déclaré un diplomate, faisant référence à une série de gaffes, notamment la comparaison entre Israël et l’Afrique du Sud de l’époque de l’apartheid ».
Réduction du budget de l’UE et consolidation d’un bloc sudiste
Les prochains mois sont riches de nids de poules, de Charybdes et Scyllas pour la Commission VDL-KK, prise entre les perspectives de réduction de deux tiers de son budget, ses ambitions globalisantes, sa détermination à continuer à financer le régime Zelensky et le complexe militaro-industriel américano-scandinave au prix du niveau de vie des populations de l’UE. Gonflée de wishfull thinking, l’UE ressemble de plus en plus à la Grenouille de La Fontaine voulant se faire aussi grosse que le bœuf paissant dans son marécage, jusqu’à éclater.
En 2024 déjà « Les gouvernements nationaux [avaient] réduit l’abondement du budget de l’UE jusqu’en 2027 d’un objectif initial de 100 milliards d’euros à 65 milliards d’euros 17»
Le budget de l’UE pour le cycle 2014-2020 avait atteint 1064 milliards, et pour 2021-2027, 2070 milliards. Alors que tous les indicateurs sont au rouge la Commission propose une réduction de 2 % pour le ramener à 2000 milliards, Les Six frugaux – Allemagne, Autriche, Danemark, Norvège, Pays-Bas, Suède – exigent de réduire le budget de l’UE de plusieurs centaines de milliards.
Pour l’exercice 2028-2034 la Commission propose 18 :
865 milliards d’euros (près de la moitié du budget) à contribuer à combler l’écart entre les régions d’Europe
- 409 milliards d’euros à rendre l’Europe plus compétitive dans l’économie mondiale
- 49 milliards d’euros à investir dans l’éducation (Erasmus +) et à promouvoir les valeurs démocratiques (AgoraEU)
- 200 milliards d’euros à établir des partenariats plus solides avec le reste du monde
Dans une tribune, les chefs de gouvernement de l’Allemagne, de l’Autriche, des Pays-Bas, de la Finlande et du Danemark qualifient de «pas réalistes» les ambitions budgétaires de Bruxelles pour les six ans à venir.
Les États «frugaux», connus pour leur orthodoxie budgétaire en Europe, font de nouveau parler d’eux. Dans une tribune parue sur Politico, les chefs de gouvernement de l’Allemagne, des Pays-Bas, du Danemark, de l’Autriche et de la Finlande ont appelé à réduire «de plusieurs centaines de milliards d’euros» le budget pluriannuel de l’Union européenne, censé couvrir la période allant de 2028 à 2034.
Présenté en juillet dernier par la Commission européenne, le texte prévoit près de 2 000 milliards d’euros de dépenses sur sept ans, un volume en hausse de 60 % par rapport au budget ayant couvert la période allant de 2021 à 2027. Près de 865 milliards d’euros seraient consacrés aux politiques régionales et agricoles, tandis que 409 milliards iraient à la compétitivité, à la recherche et à l’innovation, notamment dans les technologies stratégiques. Le projet prévoit par ailleurs jusqu’à 100 milliards d’euros pour soutenir l’Ukraine sur la période.
Une enveloppe totale «tout simplement pas réaliste, ni sur le plan économique ni sur le plan politique», estiment les dirigeants des cinq États «frugaux», a fortiori « à un moment où les finances publiques de plusieurs États membres suscitent de vives inquiétudes ». Ils réclament en conséquence «une réduction équilibrée de la proposition de la Commission, à hauteur de plusieurs centaines de milliards d’euros».
Le projet est, à leurs yeux, «trop axé sur des subventions et des transferts alloués en grande partie à l’avance», au détriment des investissements dont l’Europe a, selon eux, «un besoin urgent» dans la sécurité et la défense, la compétitivité et l’innovation, mais aussi dans la lutte contre l’immigration clandestine. Les cinq dirigeants demandent enfin qu’«aucune augmentation» du nombre de fonctionnaires européens ne soit décidée d’ici à 2034.
Les négociations sur le prochain budget pluriannuel de l’Union européenne devraient rapidement s’intensifier cet automne, avec un premier rendez-vous majeur lors du Conseil européen du 15 octobre 2026. Les Vingt-Sept visent un accord politique avant la fin de l’année, qui ouvrirait la voie à la finalisation du texte et à son examen par le Parlement européen en 2027. Une fois adopté, le nouveau cadre financier entrerait en vigueur le 1er janvier 2028.
Résumé de Gemini sur le prochain budget de l’UE (2028-2034)
💡 Les points clés du débat budgétaire
- 📈 Proposition initiale :
- ⚠️ L’ultimatum des « frugaux » :
- 🔎 Redirection des priorités :
Comment interpréter que les autorités hongroises aient informé Bruxelles de leur intention de limiter leur demande de prêt en fonds de financement de défense (SAFE) à 5,4 milliards au lieu des 16,4 milliards demandés sous Victor Orban, et que l’Italie de même demande 8 milliards au lieu de 14,9 milliards pour le même poste ? Les bénéficiaires de ces prêts doivent en dépenser 65 % en achat d’armes produites par des pays membres de l’UE, de l’EEA, ou de l’EFTA, et 35 % en achat de pays tiers19. Cela veut-il dire que Magyar et Meloni se sentent moins menacés par la Russie que la Commission, l’OTAN et les media veulent nous le faire croire ?
Couper dans le budget de la PAC ? Des fonds de cohésion ? Ou des personnels de l’UE, y compris diplomatiques ou des ONG subventionnées ?
Rappelons que trois des cinq principaux bénéficiaires de la PAC – la France, l’Italie, l’Espagne – sont dans le Sud, et que l’Allemagne en fait aussi partie. Les frugaux préféreraient financer l’Ukraine es dépenses de sécurité et défense dans la Baltique et dans l’Arctique mais ils aiment aussi envoyer des ambassadeurs tous azimuts dans une des 145 représentations de l’UE dans le monde. Voir à ce sujet le la perle de Politico du 22 septembre 2026 :
The Irish presidency of the Council of the EU, which is steering the budget talks and preparing the document, has urged ministers to put their cards on the table during the General Affairs Council. “Member states must now begin to identify where they may be able to compromise,” Ireland wrote in the preparatory note seen by Playbook. But with the debate being livestreamed, ministers are unlikely to be candid.
L’avantage de Politico sur Grand Continent est sa relative lucidité par rapport à ce que sont devenues les institutions de l’UE sous la houlette de la Commission VDL-KK, alors que Grand Continent tente de nous intéresser en un possible projet européen – un « grand continent » – qui n’est en fait que la projection d’une Europe telle que la rêve l’anglosphère : un grand « level playing field » pour les investissements du monde libre, une Russie cassée en petits morceaux pour pouvoir mieux piller les ressources en terre rares de la Sibérie, et « contenir » les ambitions de la Chine dans l’Extrême-Orient sibérien et le Pacifique Nord.
Autres perles tirées du Politico du 25 septembre 2026
Sur le dossier de la sécurité et de la défense européennes, trois ou quatre protagonistes tentent de s’arracher la couverture :le moteur franco-allemand qui voudrait former une dyarchie en charge de la politique étrangère et de la défense de l’UE, la Commission qui voudrait devenir leur égale en acquérant des compétences en ces matières, l’EEAS de Kaja Kallas qui à défaut s’arroger de le monopole en ces matières cherche à en conserver ce se qu’elle peut. A l’image de son complice Zelensky, KK demande trop dans l’espoir d’obtenir beaucoup. C’est ainsi que sur le prochain budget, la Lettonie, Lituanie et Estonie demandent ensemble un demi milliard d’euros libérés au détriment de la PAC, des programmes de cohésion, des sécurités sociales, et des régimes de pensions des fondateurs de la CE et de l’UE.
Ces pays, parmi les contributeurs les plus modeste au budget du régime Zelensky, voudraient donc voir l’OTAN et l’UE s’engager d’avantage dans la défense des frontières orientales de l’UE, c’est-à-dire dans une confrontation avec la Russie. À ces attentes un officiel de l’UE répond que le rôle de l’UE consiste à aider les pays membres à atteindre leurs objectifs en matière de défense, non à leur dire comment se défendre. Au mieux peut-elle installer des systèmes électroniques de détection rapide des menaces « plutôt que (sic et LOL) de les apprendre de Politico »20.
De toutes manières, pourquoi tout ce stress ? Tout est impermanent même notre Grosse Boule… Comme disait Lévy Strauss : « La terre existait avant l’homme et continuera d’exister après sa disparition ». Admettons simplement que cela serait dommage qu’une aventure commencée il y a seulement trois millions d’années dans les savanes et les hautes plateaux d’Afrique de l’Est se termine prématurément du fait de 0,01 % de primates au striatum sur-développé vivant pour la plupart en Amérique du Nord et ayant délégué le plus stupide d’entre eux pour tenter de hijacker la planète et s’emparer du gouvernail de la Conscience universelle émergente…
The sudden rush of political activity reflects wider unease: In a POLITICO Poll, carried out by Public First, majorities in France, Germany, Spain, the U.K., Canada and the U.S. said there was at least a “moderate” risk of annihilation, Hanne Cokelaere writes.
Conclusion : vers une coalition de l’Europe du Sud
Europe du Sud, plutôt que « méditerranéenne », car nous y plaçons également la Belgique et la Suisse, ainsi que l’Autriche, la Hongrie, la République tchèque, la Slovaquie, la Roumanie et la Bulgarie.
Sans préjuger de l’évolution des structures de l’UE après les élections française, allemandes et européennes de 2027 et 2029, à cette Europe du Sud, nous devons ajouter les Six des Balkans occidentaux, où l’influence des BRI, des BRICS se confirme21. Parmi ces six – Albanie, Bosnie Herzegovin, Kosovo, Montenegro, Macedoine, et Serbie – aucun ne fait partie des BRICS cependant que la Serbie l’envisage. Cinq d’entre eux ont signé des accords dans le cadre des BRI.
Seule une coalition des puissances méridionales peut arracher l’Europe à l’emprise d’une anglosphère déterminée à contrôler et domestiquer ce qu’elle considère comme son berceau, sans clairement le distinguer de sa vision « abrahamiste » du Moyen Orient.
Il est douteux que le refus des néo-conservateurs étasuniens de laisser tourner la roue de l’histoire, la figeant à 1989 lorsque l’ultra néo-libéral Fukuyama envisageait l’apothéose du capitalisme US comme la Fin de l’Histoire, pétillante parousie consumériste à l’américaine, douteux donc que cela soit dans l’intérêt de l’espèce humaine. Ou même de cet Occident global qui va de la Californie au Golfe arabique en passant par Israël. Il est encore moins dans l’intérêt de l’Europe méditerranéenne. Celle-ci partage avec le Moyen Orient et l’Asie de l’Ouest et du Sud, plus de 3500 ans d’histoire. À la vision passéiste des néoconservateurs – néolibéraux étasuniens, des nostalgiques de l’Empire britannique, et de leurs pantins polono-balto-scandinaves, les indices d’imperméabilité, sinon de résistance, sont dans le sud déjà nombreux.
À l’Occident global, le Moyen-Orient abrahamiste est déjà en train d’échapper. Le glissement sensible de l’Afrique du Nord, de l’Égypte et des États de la péninsule arabique vers les BRICS semble difficile à inverser. Ce glissement n’a d’ailleurs pas échappé aux élites de Bruxelles qui faute de plus pouvoir intimider ou menacer ses partenaire du Sud Global se voit obligées de recourir à l’entrisme22. Cette évolution pourrait conférer au Sud, frontière mais aussi passerelle ancienne entre le MENA et l’Europe, plus de poids au sein de l’UE, permettant de soustraire le noyau franco-allemand à l’orbite atlantiste.
Même les Suisses
Les Suisses, qui portant viennent de voter contre un renforcement de leur neutralité constitutionnelle23 préfèrent désormais, au départ de Genève, voler vers la Chine plutôt que vers les Etats-Unis.
« C’est un moment de bascule. Pour la première fois, cet été, les passagers à destination de la Chine sont plus nombreux que ceux vers lesÉ
tats-Unis. Il est question d’offre. Mais aussi de séduction. La Chine devient-elle plus cool que lesÉ
tats-Unis?, s’interroge Frédéric Koller »24.
L’Europe est variée et, grâce aux intrigues de l’anglosphère, elle est tellement divisée, que sur le sujet d’une communauté d’identité et d’intérêts du Sud, til est toujours possible d’argumenter sur des vétilles. Résumons les points de vue développés ci-dessus pour en donner la fameuse Big Picture dont sont friands nos amis d’Outre Atlantique :
Les Pays du Nord tels que je les ai circonscrits – pays scandinaves, Finlande, Pays Bas, Pologne et Pays Baltes :
– bien que parmi contributeurs les plus modestes au régime de Zelensky, poussent à la continuation et à l’augmentation du budget pan-européen à son soutien au régime Zelensky, fût-ce au prix de la ruine du crédit de la Belgique, par le dégel des fonds russes détenus par Euroclear à Bruxelles.
– trois d’entre eux au moins – le Danemark, la Norvège, la Pologne et sans doute la Finlande sont complices de l’Ukraine et des USA en vue d’exploser North Stream, explosion qui a surtout affecté les économies de l’Allemagne et du Sud de l’Europe.
– font de l’opposition à la mutualisation des dettes des pays membres de l’UE un article de foi.
– cherchent à réduire le budget de la PAC (politique agricole commune, dont les principaux bénéficiaires sont la France, l’Espagne, l’Allemagne et l’Italie), et des Fonds de cohésion régionale, dont le Sud a reçu le double (28 005 Mio) du Nord (14 551 Mio) pour la période 2021-202725.
– achètent leurs armes aux USA
Il devrait être évident aux yeux de tous les pays du Sud, y compris de la France et de la Belgique, que leurs projets de société et leurs intérêts à court autant qu’à long termes divergent radicalement de ceux du Nord. Si le Nord est plus riche, le Sud a mieux rebondi après le covid, et est moins dépendant des énergies russes. Il a au cours des dernières années crû plus rapidement. Le vent pourrait cependant tourner, et s’il veut éviter d’être « re-colonisé » par le Nord, les pays du Sud ne devraient pas trop tarder à faire comprendre à l’Allemagne, qu’étant en Europe ses clients principaux, la République fédérale devrait éviter de les obliger à choisir entre elle-même et la Chine26. Chine dont par ailleurs la République fédérale refuse de se couper car leurs économies sont déjà trop étroitement imbriquées. Chine aussi dont les installations portuaires ponctuent déjà la façade sud du sous-continent.
1Le Balpolscand ?
2After Donald Trump returned to the White House and ended U.S. funding this year, Europeans increased their contributions — but not by enough to fill the gap. … So the EU’s power players had to find another source to raise the money for Ukraine. … The Kiel Institute has been tracking support for Ukraine since the start of Putin’s full-scale invasion in 2022. Its latest update reveals the holes that European nations are leaving in Kyiv’s finances. In a report earlier this month, Kiel analysts said new aid allocations in 2025 might drop to their lowest level since the outbreak of the war in 2022, and were on track to fall far short of what is needed to plug the gap left by America’s withdrawal.
At the same time, the split in contributions between European coanduntries widened. While France, Germany and the U.K. significantly boosted their contributions to Ukraine, Nordic countries like Sweden, Norway and Denmark remained far ahead in terms of the percentages of GDP they spend. Italy and Spain, however, “contributed very little,” the Kiel Institute said. That same dynamic was on display in the run-up to the summit. Southern EU countries joined Belgium in opposing the reparations loan plan, while Germany and the Nordics pushed hard for it to go through. Under the terms of the final summit deal, Hungary, Czechia and Slovakia won’t contribute to the funding plan to Ukraine at all. An EU of 27 member states turned into a gang of 24. … Perhaps most worryingly for Ukraine’s allies, voters in some of the EU’s biggest economies may be losing interest. A POLITICO Poll of 10,000 people in five Western countries found respondents in Germany and France were even more reluctant to keep financing Ukraine than people in the United States. In Germany, 45 percent said they would support cutting financial aid to Kyiv, while just 20 percent said they wanted to increase financial assistance. In France, 37 percent wanted to give less and 24 percent preferred giving more.Faced with splits between northern nations that are tiring of spending endless billions on Ukraine and others that never have done, Europe’s leaders opted for the easiest answer this week [at the December 2025 Summit]. And even that was almost too hard.
3Bien qu’étant représentée dans le Comité directeur du Groupe Bilderberg, la France ne joue pas un rôle important dans ce club qui sert surtout à connecter les pays scandinaves avec les Six fondateurs du Marché Commun. De ce groupe ne font partie aucun pays balkaniques, ainsi qu’aucun pays de l’Est ayant fait partie du Pacte de Varsovie.
4https://www.euronews.com/2023/04/03/ciao-hello-no-italys-right-wing-government-wants-to-ban-english-words-with-100000-fines
5https://www.pewresearch.org/global/2023/07/10/overall-opinion-of-russia/
6 https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A8glement_Dublin_II
7Voir Bloomberg 19/10/2025 et Politico 2 septembre 2026.
8Le lecteur peut trouver en annexe le texte intégral de ChatGPT
9“SWEDEN IS BACK”: Social Democrat leader Magdalena Andersson is poised to return as Sweden’s prime minister at the head of a new left-leaning government, and she says the EU has to use Russian assets frozen in Brussels to help Ukraine — arguing Belgium’s legal objections cannot be the last word.
Brussels Playbook Capitals caught up with Andersson in an exclusive interview on her new path for Stockholm’s foreign policy. Coalition talks are ongoing, but the broad direction is clear: Her left bloc won a narrow victory over incumbent Prime Minister Ulf Kristersson’s group on the right, including the far-right Sweden Democrats.
Raiding Russian assets: With EU discussions simmering about whether to try and grab Moscow’s frozen financial assets again, Andersson is adamant: “Take them, use them.” For “frugal” Sweden, this is “a better way” than adding to the EU’s multi-year budget. As for Belgium’s legal worries over seizing assets from its depository? “Solve the legal questions.”
Axing the veto: Andersson was PM until 2022, so she knows the frustration of European Councils when leaders like Hungary’s Viktor Orbán block key decisions requiring unanimity. “I think it should be qualified-majority” voting “on foreign policy,” she says. She aims to push this reform when EU procedures evolve as Ukraine and other countries join.
Welcome Canada? Andersson has known Canadian PM Mark Carney for years, as she was a finance minister when he was a central banker. “He’s doing a great job,” she says. It is clear Andersson supports closer ties and wants Europe to follow his lead.
“Standing up for Europe is something that we should do. I think that’s a good way to handle politicians like Trump,” she says. And Carney’s prescription for “middle powers” to work together chimes with Andersson’s analysis of what the EU must do to be “strong.”
Making new friends: She criticizes Kristersson for, in her view, focusing too much on the Baltic and ignoring “the global south,” where Europe needs allies. “I want my government to be active in the global scene. Sweden is back,” she said. “It’s good for the position of Europe in the world, but with all the global exporting companies, it’s also good for Sweden.”
10 https://youtu.be/bNmn07EBNLk?si=b1nyyPAyNRokb0en ; https://www.efsas.org/BRI%20in%20Europe%20-%20Study%20Paper-April%202024.pdf
11(https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2187714/carney-visite-ukraine-russie-zelensky-poutine) et (https://www.lapresse.ca/actualites/politique/un-an-de-mark-carney/le-grand-voyageur/2026-03-14/un-an-de-mark-carney/dix-sept-voyages-vingt-cinq-pays.php)
12Dans le cadre de l’accord AUKUS, la marine australienne prévoit l’acquisition de cinq sous-marins de classe SSN-AUKUS, basés sur des conceptions britanniques initiales pour remplacer les sous-marins de classe Astute, provisoirement nommés SSN(R), et intégrant des technologies américaines. Ces sous-marins seront construits par BAE Systems et ASC Pty. En outre, l’Australie acquerra trois sous-marins de classe Virginia des États-Unis. Cette décision marque également la fin de l’engagement antérieur de l’Australie à acquérir des sous-marins conventionnels auprès de la France, dans le cadre d’un contrat de 90 milliards AU$ (56 milliards d’euros) pour la construction de douze sous-marins de classe Attack. En 2022, une compensation de 555 millions d’euros sera versée par l’Australie pour rupture de contrat à l’industriel français Naval Group, aux termes d’un règlement amiable avec l’État français. Par ailleurs, le Premier ministre britannique Boris Johnson a souligné que « le projet AUKUS reposera sur six décennies d’expertise britannique dans la fabrication de sous-marins nucléaires » (https://fr.wikipedia.org/wiki/AUKUS).
; https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/aukus-le-recit-d-une-trahison-263799
13Ukrainian President Volodymyr Zelenskyy launched a new regional cooperation framework with seven neighbouring countries on Friday in an effort to stoke regional investment. The initiative, dubbed the « Carpathian Eight » (C8), brings together Ukraine, Romania, Serbia, Poland, Slovakia, the Czech Republic, Austria and Hungary, with the European Union also taking part. Member states will work together on security, energy, logistics, cross-border economic ties and support for local communities. « In the past, people often looked at the Carpathians mainly as a region of tourism, climate issues and support for local communities, » Zelenskyy said at the summit’s opening ceremony in Bukovel, western Ukraine. « Today, the Carpathians can and should become one of the key engines of economic growth, investment and energy exports. » He identified transport and logistics, military mobility, critical minerals, and trade and investment as priority areas of cooperation, adding that the region could serve as a European gateway for routes from the South Caucasus and Asia via the Black Sea. According to summit organisers, some 90 joint projects requiring an estimated €9.4 billion in investment were pitched to investors during the summit’s « Investment Lab ». Polish Prime Minister Donald Tusk, Serbian President Aleksandar Vučić and Romanian President Nicușor Dan were among those attending. While some participants U2013 including Poland and Romania – have been staunch supporters of Ukraine, others, such as Hungary, Serbia and Slovakia, have declined to provide direct military assistance. (https://www.euronews.com/embed/2926815).
14Magyar told parliament on Monday that Hungary had not joined the initiative despite receiving an invitation, saying Budapest had “good reasons” to stay out. He also ruled out the construction of the proposed Ukrainian fuel-storage facilities under his government. Hungary was nevertheless represented at the summit by a senior diplomat, although it did not sign the final declaration. Czechia also declined to endorse the founding document, leaving Ukraine, Austria, Poland, Romania, Serbia and Slovakia as signatories.
15Euractiv, 24 septembre 2026: « Ursula von der Leyen, the Commission president, met with Volodymyr Zelenskyy on the sidelines of the UN General Assembly in New York on Tuesday. While the Ukrainian president pushed for expedited deliveries of air defences, von der Leyen pressed Zelenskyy to deliver reforms to unlock EU funds, according to an official with knowledge of the meeting. Ukraine has yet to receive a combined €37 billion this year from the EU loan and the European Peace Facility. Yet, EU officials in Brussels are increasingly frustrated of slowing reform momentum in Ukraine. … But while front-loading might solve issues in the short to medium term, it boosts the impetus to find a long-term solution to Ukraine’s financial needs. “I think it is clear that Ukraine is running out of money more quickly than we thought,” Lausberg said.
16Bloomberg 24 septembre 2026 : Donald Trump … [signed a joint agreement] with Denmark and Greenland expanding US military access to the Arctic island he so publicly covets. Praised by Danish Prime Minister Mette Frederiksen as good for all sides, it fails to give US ownership but it ….broadens the 1951 Pact … to explicitly include defense of the American continent. US aircraft can fly over and land anywhere on Greenland, and its forces gain broad rights to move through its territory and waters. It also restricts potentially security-sensitive investments from countries outside the European Union, NATO and allies. Also on Tuesday, Trump …. met with Delcy Rodríguez in New York as her government deepens cooperation with Washington over the country’s oil industry. She then … [addressed the UNGA] in a striking illustration of her diplomatic rehabilitation, while her predecessor Nicolás Maduro sits in federal custody just miles away in Brooklyn after US forces captured him in Caracas in January.
17https://www.etuc.org/fr/node/24096 (ETUC European Trade Union Confederation, 2024)
18https://commission.europa.eu/topics/budget/eu-budget-2028-2034-explained_fr
19Hungarian authorities have informed Brussels that they intend to limit their request for an EU defence loan to €5.4 billion under the EU’s Security Action For Europe (SAFE) programme, European Commission spokesperson Thomas Regnier confirmed on Friday. The latest figure is less than half the €16.4 billion originally requested by former Hungarian Prime Minister Viktor Orbán.The original proposal was contested by Orbán’s successor, Péter Magyar, who took office in April. It is understood that Magyar wanted to reassess the original proposal over alleged corruption risks linked to the previous government. “We were always very clear with the new incoming Hungarian authorities and government that they would be able to take stock of the current situation, and they have now decided to take less than what we initially allocated to Hungary,” Regnier added. Meanwhile, the size of Italy’s SAFE defence loan was also confirmed on Friday, with Regnier stating that Italy has formally requested €8 billion under the programme. This is also roughly half of the €14.9 billion originally anticipated by the government of Italian Prime Minister Giorgia Meloni. The announcement comes after terse negotiations between Brussels and Rome over the allocation, which was never formally finalised but nevertheless caused consternation between the two capitals. The SAFE low-interest loan scheme was launched by Brussels last year to strengthen defence industries and military readiness across the bloc in response to the threat posed by Russia. The programme has a total funding envelope of €150 billion, which is to be distributed among 19 member states. SAFE forms part of the Commission’s Readiness 2030 plan, which aims to mobilise up to €800 billion in additional defence spending by the end of the decade. It places a particular focus on boosting the procurement of priority defence products. Under the programme, at least 65% of the value of the weapon system being acquired must be sourced from an EU member state, Ukraine, or a country belonging to the European Economic Area or European. Free Trade Association. The remaining 35% may be sourced from any third country. https://www.euronews.com/2026/09/25/hungary-dramatically-cuts-eu-defence-loan-request-under-new-government?
20“You work with people on defense, you don’t tell them how to defend themselves,” said a senior EU official, who argued the Commission would earn the support of capitals. “If threats fall under NATO, we have no role. But if they fall under member state competencies, there’s more of [a role] for the EU. It’s [also] about threat detection. If Estonia sees something coming over the border, there should be a system so everyone finds out rapidly, rather than everyone finding out from POLITICO.”
21Sur les investissements chinois en Serbie et en Hongrie voir https://youtu.be/bNmn07EBNLk?
22https://reseauinternational.net/les-brics-selargissent-et-bruxelles-change-de-strategie/
23« voters appear to have rejected a proposal to introduce a more rigid enforcement of the country’s neutrality principle — repudiating an idea which would have made imposing sanctions against Moscow more difficult » (https://www.linkedin.com/posts/politico-europe_swiss-say-no-to-hardening-neutrality-principle-activity) ; https://www.letemps.ch/
24Le Temps, 19 septembre 2026) : https://www.letemps.ch/
25https://www.europarl.europa.eu/factsheets/fr/sheet/96/le-fonds-de-cohesion
26The two-speed Eurozone economy remains a defining trend for 2026 and 2027. While Southern Europe continues to outpace the region’s core, the massive post-pandemic growth gap is beginning to narrow as structural headwinds catch up to the South and the North slowly stabilizes. [1, 2]
🔮 Growth Projections (2026–2027)
The macroeconomic outlook highlights a stark contrast between individual heavyweights. Spain is fundamentally driving Eurozone growth, while Germany struggles to crawl out of a deep industrial recession. [3, 4]
Country / Region2026 Forecasted GDP Growth2027 Forecasted GDP GrowthPrimary Economic CatalystSpain2.7%2.6%Immigration-led job creation, resilient domestic demandEuro Area Average1.0% – 1.2%1.2% – 1.4%Gradual recovery in real household wagesGermany0.9%1.1% – 1.4%Slow recovery in manufacturing and public fiscal spending
🗺️ Structural Drivers of the Divergence
📉 Northern Europe: The Stagnant Core
The North’s traditional manufacturing-heavy, export-oriented model has faced severe friction. [5]
- Industrial and Energy Shocks: Germany and Finland have been hit hardest by structural energy shifts and intense manufacturing competition from China. [1, 2, 6]
- Demographic Stagnation: Unfavorable demographics have led to flat or negative employment growth in major northern economies. [4, 7]
- The Silver Lining: Growth is expected to marginally re-accelerate into 2027 as German fiscal spending ramps up and intra-European exports slowly improve. [2, 6]
📈 Southern Europe: Fading Tailwinds
The South’s rapid outperformance—where economies like Spain, Greece, and Portugal grew significantly faster than the North between 2017 and 2025—is entering a trickier phase. [8, 9]
- The Cushion of EU Funds: Growth has been heavily subsidized by the European Commission’s Recovery and Resilience Facility (RRF). As this external funding starts to fade toward 2027, the South’s intense momentum will naturally wane. [2, 5, 8]
- The Productivity Ceiling: Long-term potential growth in Greece, Portugal, and Italy is fundamentally bottlenecked by structurally low productivity per hour worked. [10]
- Upcoming Fiscal Pressure: National elections across Spain, Italy, and Greece in 2027 coincide with the European Central Bank’s (ECB) ongoing quantitative tightening, which could widen sovereign bond spreads if fiscal discipline slips. [8]
Would you like to look closer at the productivity data behind this split, or evaluate the growth prospects of a specific southern economy like Spain or Italy?
[1] https://www.oxfordeconomics.com
[4] https://corporate.vanguard.com
[6] https://www.oxfordeconomics.com